Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur

Dans une petite ville d’Alabama, au moment de la Grande Dépression, Atticus Finch élève seul ses deux enfants, Jem et Scout. Homme intègre et rigoureux, cet avocat est commis d’office pour défendre un Noir accusé d’avoir violé une Blanche.

Celui-ci risque la peine de mort.

#Comment ce livre m’est-il tombé entre les mains ?

Voilà un bon moment que j’avais envie de découvrir ce classique de la littérature américaine. J’en ai tellement entendu parler par des auteurs et des proches que je me suis finalement jetée à l’eau et sincèrement, je ne le regrette pas.

#Racisme ordinaire et humanisme

Dans ce roman, on y suit de petits moments de la vie quotidienne d’une petite famille vivant à Maycomb en Alabama dans les années 1930. C’est l’occasion pour l’auteure de nous dresser un portrait sociétal de ce qu’était la vie à l’époque, ségrégation et traditionalisme inclus. Et faute d’être progressiste, j’ai trouvé cette plongée vraiment enrichissante et réaliste.

Et le point fort de Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur, c’est bien l’opposition entre cette tradition bien établie et le regard neuf que portent Scout – la narratrice – et Jem – son grand frère. Et si ce sentiment révolté et impuissant m’a semblé très réaliste, c’est parce qu’il l’est : on a tous ressenti ça à l’adolescence, lorsque des choses ne nous semblaient pas justes.

Après, laissez-moi vous dire que même en étant adulte, j’ai trouvé le traitement infligé aux personnes de couleur révoltant. Pas besoin d’être encore un enfant pour cela. Mais ce sentiment est renforcé par le côté historique du récit. Tout se déroule dans les années 30, qui n’étaient pas vraiment le top question égalité des droits.

L’utilisation de protagonistes enfantins pour la narration offre cette fraîcheur d’un esprit qui n’a pas, mais alors pas du tout, adhéré aux codes sociaux en vigueur. Mieux encore : par ses questions et ses réactions, Scout malmène les idées pré-établies et nous propose un réel questionnement humaniste. Parce qu’au final, peu de personnages sont totalement racistes ou ouverts à la mixité. Beaucoup se cachent derrière le poids des faux-semblants pour « entrer dans le moule » attendu par la société pour ne pas se faire remarquer ou pire, stigmatiser.

Et l’importance de la «bien-pensance » en société est, pour moi, l’autre thème majeur de ce roman. La tranquillité de la famille Finch est malmenée lorsque le père, un avocat, doit défendre un noir accusé d’avoir violé une blanche. Il accepte de relever le défi, sortant par là de ce que la société attend de lui. Et les conséquences ne se font pas attendre : si c’est un peu voilé, on assiste à quelques scènes d’éclat, notamment entre les enfants. Si cette thématique est un peu en retrait, elle est bien présente et forme la toile de fond du récit du roman.

Globalement, j’ai apprécié les personnages. Qu’il s’agisse des principaux ou des secondaires, ils sont tous bien dessinés et possèdent des caractéristiques qui leur sont propres. Ils forment une toile vivante et très réaliste, pour le meilleur comme le pire. Ils emportent le lecteur dans une intrigue qui, lorsqu’on y a mis le nez, nous emporte jusqu’au bout, pour le peu qu’on soit un peu curieux et ouvert d’esprit. L’intrigue n’est pas à proprement parler riche en rebondissements et en aventures. Mais c’est peut-être bien cette vie quotidienne qui m’a emportée. Et puis, je dois dire que la scène du procès est menée de main de maître et que la plaidoirie est un chef d’œuvre de rédaction.

#En bref

Je ne m’attendais pas à apprécier autant Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur. Mais entre les thématiques abordées, les personnages et ce procès dont on a envie qu’il finisse bien, je ne peux que vous conseiller cette lecture !

Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur.- Harper Lee.- Ed. Le livre de Poche.- Disponible

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