[Autour d’une oeuvre] Harry Potter

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Cette saga fantastique est l’une de celles qui a bercé ma jeunesse, avec le Seigneur des Anneaux de J.R.R. Tolkien et les romans de Christian Jacq se déroulant dans l’Egypte antique. 

Retour sur sept livres qui ont contribué à faire de moi ce que je suis aujourd’hui.


Une grande histoire

Avec Le Seigneur des Anneaux donc, les sept volumes de la saga Harry Potter ont véritablement façonné et développé mon goût pour les littératures de l’imaginaire. Bon. Ils se sont affinés avec les années (depuis mes 11 ans, vous pensez !), mais j’apprécie toujours autant relire un épisode des aventures d’Harry de temps à autre entre deux nouveautés. Histoire de prolonger la magie. 

J’avais à peu près l’âge d’Harry Potter et ses amis et je rêvais véritablement d’intégrer cette école qui bien que remplie de dangers me paraissait tellement attirante. Un vieux château britannique rempli de passages secrets, de dédales et de grandes bibliothèques. Mais ne pas recevoir la fameuse lettre d’admission en première année l’été de mes onze ans a été l’une des plus grandes déceptions de mon enfance. Pire que d’apprendre la vérité sur le père noël ! Et je sais que je ne suis pas toute seule, ne mentez pas !
Alors des années plus tard, j’ai compensé en pratiquant le jeu de rôle et le jeu de rôle grandeur nature.

Aux origines…

J’ai connu Harry Potter à l’école primaire. On organisait un concours de lecture et celui qui le gagnait remportait aussi un livre. Devinez qui l’a gagné et quel livre elle a remporté ? 🙂 Harry Potter à l’école des sorciers ! J’ai enchaîné les tomes jusqu’à mes 17 ans quand le dernier est sorti.

Je n’ai que récemment terminé tous les textes en rapport avec l’univers de J.K. Rowling. Lors de mon voyage aux studios Harry Potter de Londres, j’ai rapporté dans mes valises The Tales of Beedle the Bard que j’ai dévoré en une soirée.

Ce que cette série m’a apporté…

C’est grâce à Harry Potter que j’ai appris à lire en version originale. Comme beaucoup je pense, je commandais les livres en anglais car ils sortaient avant leur traduction française… Eh bien ça m’a fait beaucoup de bien et je pense que lire un texte en V.O. – et en comprendre les subtilités, aide à engranger du vocabulaire et à mieux se débrouiller dans la langue lue. Un peu comme regarder les films en VOST !

J’ai appris en lisant cette série que l’on peut tout accomplir tant qu’on travaille pour obtenir ce que l’on veut. Rien ne tombe tout cuit entre nos mains, notre vie future est ce qu’on en fait. 

Je n’apprécie pas beaucoup les débordements d’affection dans les histoires. Bon. Certains passages d’Harry Potter m’ont un peu lassée, mais cela reste au final assez soft et l’auteur a su faire passer les effusions amoureuses tout en délicatesse, comme une trame de fond qui ne s’affirme jamais beaucoup. 

Mais je dois avouer que le trio Harry Ron et Hermione est plutôt bien construit et équilibré. La thématique de l’amitié et de la famille autour de laquelle tourne l’histoire m’apparaît comme très importante. Peut-être est-ce parce que la thématique me parle beaucoup, mais elle m’a beaucoup apportée : me mettre à la place d’Harry et imaginer être orpheline m’a beaucoup secouée à l’époque de ma première lecture de L’Ecole des sorciers.

Je peux relever certaines incohérences scénaristiques lorsque je relis les Harry Potter. Mais on les oublie très vite lorsqu’on se laisse emporter par le récit, souvent sans même s’en rendre compte. Chaque histoire suit peu ou prou la même trame. Mais on s’en fiche lorsqu’on est plongé dans cette lecture : on affronte les dangers avec la même tension qui nous fait avaler les chapitres. 

Ces récits m’ont fait rêver à un autre univers magique qui se superposerait au nôtre, que l’on ne verrait pas parce que nous ne sommes pas assez attentifs. Souvent je me prends à regarder de plus près un recoin de mur qui ne me paraît pas tout à fait innocent. 
Car c’est un peu ça, la magie d’une saga fantastique, nous faire voir le monde autrement, nous donner une paire de lunette pour le voir un peu plus gai que ce que nous voyons en réalité. Nous donner du baume au cœur.

S’il fallait choisir un livre sur les cinq, je partirais sur L’Ordre du Phénix. Cette histoire me semble être le climax de la saga, là où tout s’enchaîne vraiment rapidement. La résistance à Voldemort prend toute son ampleur et la narration prend un nouveau tournant, plus sombre. On sait que rien ne sera plus comme avant. Et il y a des personnages vraiment hauts en couleur. Comme Dolores Ombrage par exemple. Cette femme incarne tout ce que l’on peut détester chez quelqu’un. Et j’ai apprécié ce stéréotype car lorsque tout s’écroule pour elle, s’en est vraiment drôle.

Cette série est d’une grande richesse. Une fois lue, on a envie de la relire en prenant en compte tout ce que l’on sait désormais. Et chaque redécouverte d’une scène ravive des souvenirs. On retrouve même parfois de petits détails que l’on croyait oubliés…

Pour conclure

Je ne suis pas une fan inconditionnelle de Harry Potter. Pas au point d’avoir les uniformes, les balais et toutes les baguettes. Néanmoins, j’ai une grande affection pour cet univers car elle a accompagné mon enfance et continue à me faire rêver.

En lien, les quelques photos prises lors de mon voyage aux studios Harry Potter en Angleterre !

Et vous, aimez-vous Harry Potter ? Quel est votre titre favori de la saga ? Dites-moi tout ?

Parce que parfois les mots nous manquent…

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Aujourd’hui, pas de compte-rendu de lecture ni d’article en rapport avec les livres. Juste la volonté de manifester mon soutien aux victimes et à leurs familles durant ces heures sombres. La vie doit continuer malgré tout, nous avons un futur à bâtir. Et vivre sans oublier ce qui s’est passé est la meilleure réponse que nous pouvons fournir à ceux qui sont derrière les fusils. Donc je laisse Abdellatif Laâbi qui avait pris la parole après les attentats contre Charlie Hebdo :


J’atteste qu’il n’y a d’être humain que celui dont le cœur tremble d’amour pour tous ses frères en humanité Celui qui désire ardemment plus pour eux que pour lui - même liberté, paix, dignité celui qui considère la Vie est encore plus sacré que ses croyances et ses divinités J’atteste qu’il n’y a d’être humain que Celui qui combat sans relâche la Haine en lui et autour de lui Celui qui, dès qu’il ouvre les yeux le matin, se pose la question : Que vais - je faire aujourd’hui pour ne pas perdr e ma qualité et ma fierté d’être homme ?
Image par l’éditeur Rue du monde empruntée sur le site de la librairie Au Temps lire

Le fantôme du mur

Ainsi, il existe à Dole, dans le Jura, une certaine maison de la vieille ville où on peut lire, gravée à même la pierre, la mise en garde suivante : “Abeant fures mures lemures”. Phrase latine qui peut se traduire par : “Fuyez voleurs, souris, fantômes”. Le fantôme du mur imagine ce qu’aurait pu être l’histoire – l’une des histoires – de cette maison et de ses habitants : un homme entre deux âges, un peu perdu, une vieille dame au soir de sa vie, un peu indigne. Sans parler de ses anciens locataires… Vous y croiserez également – doit-on y voir un hasard ? – l’esprit de Marcel Aymé sur fond d’histoire de la ville. 


Premier titre d’une collection très prometteuse, Le Fantôme du mur est un récit bien particulier. Court, mais plutôt riche de par son intertextualité et son contenu historique et géographique. 

C’est en effet une plongée dans les rues de la ville de Dole, une ancienne cité qui a connu bien des tracas. Se pourrait-il que le fantôme soit l’un des templiers qui avaient élu domicile dans la ville ? A travers son personnage, Jean-Pierre Favard mène l’enquête et nous fait découvrir une partie de l’oeuvre de Marcel Aymé, Le Passe-Muraille. 

Le Fantôme du mur est un texte très court qui s’inscrit dans la lignée de ce que d’autres auteurs classiques comme Maupassant auraient pu écrire. Un récit où le fantastique provient souvent de la façon qu’ont les gens de voir le monde… Le narrateur prend en effet le temps de considérer son environnement d’une autre manière et prend surtout le temps pour l’observer. 

#En Bref

J’ai apprécié de bref voyage dans le Dole passé et présent en compagnie du narrateur. Jean-Pierre Favard a su construire une intrigue prenante et qui se résout tout en délicatesse et en émotion.
Le Fantôme du mur ouvre une nouvelle collection prometteuse. Qu’attendez-vous pour découvrir cette histoire ? 

Le Fantôme du mur.- Jean-Pierre Favard.- Coll.LoKhaLe.- Ed. La Clef d’Argent.

[Hommage] Terry Pratchett


Le 12 mars dernier disparaissait un homme. Tout le monde meurt un jour, me direz-vous, et s’il fallait pleurer sur le sort de chaque mort, on ne ferait plus que ça. C’est vrai. Néanmoins, Terry Pratchett était un auteur doté d’une imagination sans limite, et concepteur d’un univers qui le place pour moi parmi les grands écrivains de notre époque. 

Je ne vous donnerai pas sa biographie, d’autres sites le feront de toute manière mieux que moi. Mais je pense important de dire quelques mots à propos du Disque-Monde son Oeuvre.

J’ai découvert les romans de Terry Pratchett assez tardivement. Je me suis d’abord essayée à l’introduction à l’univers, livre dans lequel je me suis perdue et que j’ai fini par abandonner. Je me suis détournée de cet auteur au profit d’autres textes de fantasy, me promettant toutefois d’y retourner un jour. 

L’influence de Pratchett sur l’imaginaire est étendue, et les clins d’œil au Disque-Monde présents par exemple dans le Donjon de Naheulbeuk m’ont fait m’y intéresser de nouveau. Un coffre avec des jambes ? Et pourquoi pas la Mort qui pêche à la mouche ?

C’est donc plutôt tardivement, en 2013, que je me suis lancée à l’abordage de cet étrange territoire plat dans Mortimer, le premier tome ayant pour protagoniste la Mort. Il est vite devenu l’un de mes personnages favoris des littératures de l’imaginaire. Depuis cette lecture, j’ai dévoré les autres tomes ayant trait à ce personnage, ainsi que la réécriture de Macbeth. 

Vision du Guet d’Ankh-Morpok.


Chaque lecture d’un roman de Terry Pratchett me fait passer un excellent moment. Il fait partie des rares auteurs à savoir me faire rire. Attention, le vrai rire, pas un petit sourire. Il savait manier les jeux de mot, l’humour dans les situations et les descriptions. Un maître de l’écriture. 

Terry Pratchett a su imaginer un univers complexe, à la fois structuré et vraiment délirant, qui ne semble exister que par la volonté de Dieux se distrayant à le voir fonctionner cahin-caha. D’un point de départ, il nous entraîne dans des situations rocambolesques et picaresques qui n’ont absolument rien à envier à Jacques et son maître de Diderot, ou à Don Quichotte de Cervantès…  

Je n’ai bien entendu pas perdu un membre de ma famille avec le décès de Terry Pratchett. Néanmoins, j’ai le sentiment qu’il y a un vide dans le paysage des littératures de l’imaginaire, un creux qui aura du mal à être comblé. 

Mais Terry Pratchett ne nous laisse pas orphelins, il nous laisse une oeuvre merveilleuse, riche, et un monde fantastique dans tous les sens du terme. Peut-être le meilleur hommage à lui rendre est de continuer à lire ses romans pour faire vivre son oeuvre !