Carne

Simon ne va pas bien. D’ailleurs, depuis qu’il s’est mis à vouloir manger de l’humain, les choses ne tournent pas bien rond dans sa tête. Face à une société qui les traite, lui et ses congénères, comme des zombies, il fait de son mieux pour garder sa dignité, s’occuper de sa famille et être professionnel au bureau. Mais comment rester soi-même quand la faim frappe à la porte avec autant de délicatesse qu’un tank sur un champ de mines ?
Contraint à gérer son état parasite en maintenant l’illusion de la routine, il décide d’en faire une histoire de famille. Et vous savez ce qu’on dit sur les histoires de famille ?

C’est toujours un sacré bordel.

#Comment ce livre m’est-il tombé entre les mains ?

Carne m’a été proposé par les éditions de l’Homme sans nom. Après avoir découvert les premières et quatrièmes de couverture, je n’ai pas pu passer à côté. Vraiment pas. Alors, je n’ai pas vraiment hésité.

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#Et si, pour une fois, on demandait aux zombies ce qu’ils ressentent ?

Ce sont quand même eux qui « vivent » ce type de pandémie, qui sont aux premières loges. Et pourtant, on voit vraiment peu de romans se placer du côté des zombies. Heureusement, Carne est là pour faire bouger les choses.

Parce que si les humains ne comprennent souvent rien à ce type de pandémie, imaginez ceux qui sont infectés et se transforment… Julia Richard nous décrit cette transformation, le chaos mental qu’il engendre et les émotions sans filtre qu’on se prend en pleine face en lisant Carne.

L’autrice maîtrise parfaitement son récit. Et pourtant, il a de quoi dérouter lorsqu’on commence à le lire. Les chapitres forment un décompte, puis se mélangent et nous font cheminer ainsi le long de cette histoire dans laquelle je n’ai pas eu le temps de m’ennuyer un seul instant.

Même en me trouvant dans l’esprit de Simon, difficile de savoir ce qu’il se passe exactement. Cette absence de certitude renforce les sentiments d’angoisse et d’urgence que j’ai ressentis en lisant ce roman. Ça, plus le contexte actuel de pandémie mondial, ça a donné une lecture pour le moins marquante.

À une certaine échelle, la pandémie dont parle Julia Richard nous offre une vision peu flatteuse de ce dont l’être humain est capable. Mais en plaçant dans le rôle du pourchassé, du stigmatisé, je vois Carne comme une invitation à réfléchir sur les actes que l’on peut commettre par peur et effet de groupe. Et à se mettre en scène, à imaginer ce qu’on pourrait bien faire dans la même situation.

C’est ce que j’en ai ressenti, et c’est pour moi l’un des points forts de ce roman.

J’ai beaucoup apprécié la plume de l’autrice, mordante, naturelle et pleine d’humour. Elle a su me surprendre, me faire sourire et me plonger dans l’horreur de la situation présente en l’espace de quelques pages. Vraiment, l’écriture de Julia Richard retient l’attention et me donne envie de découvrir son autre roman et – peut-être – futurs textes.

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#En bref

Lisez Carne. Il est parfois difficilement soutenable dans ses descriptions, mais l’histoire est addictive. On a envie de savoir comment tout ça va se terminer tout en essayant de comprendre la logique sous-tendue par l’enchaînement chaotique des chapitres.

Carne.- Julia Richard.- Ed. de l’Homme sans nom.- Disponible

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