Chaos sous la montagne !

Couverture Le Donjon de Naheulbeuk (Romans), tome 4 : Chaos sous la Montagne

C’est la guerre en terre de Fangh ! Et nos aventuriers font face aux armées démoniaques de Gzor, sans possibilité de se défiler. Pour la première fois de leur carrière, ils vont devoir participer à une véritable bataille épique… Mais les techniques de bourrin et les sorts lancés au petit bonheur ne suffiront peut-être pas à les sauver tous, cette fois. Et la compagnie au nom incertain pourrait même devoir recruter ; ce qui n’est pas du goût de tout le monde.
Dans la confusion générale, les rescapés du donjon de Naheulbeuk vont se voir confier une mission de la plus haute importance. Une expédition qui passe par les mines des Nains, aussi profondes que le mépris des courtauds pour les gens de la surface… Entre la diplomatie et la baston, la frontière sera mince. Et le sort du monde pourrait bien se jouer sur une raillerie de trop !
Comme si cela ne suffisait pas, un sorcier et son acolyte se lancent sur la piste des responsables de leur ruine. Avec la ferme intention d’assouvir leur vengeance, coûte que coûte. Car chacun pressent que tout ce chaos va s’achever par un désastre.


C’est toujours un peu triste, l’annonce de la fin de quelque chose, d’une aventure. Mais toutes les bonnes choses ont une fin, et rien ne dit que John Lang ne nous offrira pas d’autres voyages à travers la Terre de Fangh ! 

L’heure est au bilan dans la compagnie des Fiers de Hache, dont les membres ont maintenant atteint le niveau 5 ! Autant dire qu’ils font rêver les petits débutants… Mais si le calme règne désormais un peu plus dans la compagnie, tout n’est pas rose non plus ! Les personnages gagnent en individualité dans ce quatrième tome : ils gagnent des surnoms, des titres et de l’indépendance. Peut-être est-ce une manière de l’auteur de nous encourager à nous détacher de ces personnages. Quoi qu’il en soit, cette individualité croissante leur confère une épaisseur appréciable. 

La psychologie des personnages a fait l’objet dans ce tome d’un réel approfondissement. De stéréotypes, on accède maintenant à des analyses et des descriptions des émotions des personnages intéressants à lire. C’est comme s’il avait fallu quatre parties de jeu de rôle pour que John Lang parvienne à donner un peu d’épaisseur à ses personnages. Mais mieux vaut tard que jamais, non ? 

Cela dit, c’est toujours un plaisir de lire les textes de John Lang. On retrouve bien entendu les blagues datant des débuts de l’aventure, mais aussi de l’humour qui vient toujours au bon moment. Pen of chaos a le sens de l’à-propos et sait comment distiller la légèreté dans son texte. Et l’histoire… Ce qui commence comme un roman classique finit comme une partie de jeu de rôle. Cette influence qui s’était un peu atténuée dans le Conseil de Suak revient en force dans cette histoire. Ce retour aux sources fait du bien, on retrouve la fraîcheur des plongées dans l’inconnu des personnages et leurs réactions faces à des attaques imprévisibles. 
Les rôlistes de l’assistance comprendront sûrement de quoi je parle !

Les combats menés par la compagnie sont très visuels, de même que les descriptions de manière générale. Si certains d’entre eux sortent du lot, les coups d’éclat de la compagnie des Fiers de Hache sont bien transcrits et participent à l’epicness du roman.

J’avoue avoir été un peu perdue en commençant ce tome. Je vous ai avoué que j’aime bien relire le tome précédent avant de commencer un livre écrit longtemps après. Je ne l’ai pas fait dans ce cas là, et j’ai du faire remonter mes souvenirs de lecture du Conseil de Suak pour ne rien louper. Un “résumé de l’épisode précédent” aurait été bienvenu !

Plusieurs intrigues ont été démarrées, et j’ai été un peu déçue de les voir s’essouffler aussi vite. Certes, il faut bien finir à un moment ou un autre, mais cette fin abrupte m’a un peu laissée sur ma faim. 

#En Bref

Malgré ses quelques petits bémols, Chaos sous la montagne ! clôt de manière plutôt épique une saga à la fois drôle et riche en rebondissements. Si vous aimez l’univers de Pen of Chaos, je vous conseille tout de même cette lecture.


Le Donjon de Naheulbeuk T4 – Chaos sous la montagne !.- John Lang. Ed. Octobre

Ce roman entre dans mon challenge Un mois, un livre 2015 !

L’Ombre de l’âme


Sam, un jeune écrivain en herbe, a bâti un monde imaginaire où son âme désenchantée vient se ressourcer. Sur cette terre d’évasion, il conte la quête de Zgor, un chevalier qui passe un pacte avec la Mort. Mais sa création va peu à peu échapper à son contrôle pour devenir un véritable cauchemar. Son héros maudit hante son esprit et ceux de ses proches jusqu’à leur faire commettre des crimes atroces.
Mais qui se cache derrière Zgor ? Son créateur, emporté par la folie ? Osgeir, le guerrier viking dont il s’est inspiré ? A moins qu’il ne s’agisse d’un démon tapis depuis l’aube de l’humanité dans l’ombre de notre âme…

Ce roman m’a été vivement conseillé par une amie qui l’avait lu et adoré. Lui faisant confiance, je l’ai donc acheté et commencé quelques temps après. Il faut dire que L’Ombre de l’âmeimpressionne par son épaisseur, près de 600 pages. Mais en toute franchise, vous ne les sentirez pas passer.

C’est d’ailleurs le premier point qu’il me faut évoquer : la rapidité de lecture de ce roman ! Elle est impressionnante, et l’intrigue y est pour beaucoup. Partant de la vie d’un écrivain ne sentant pas à sa place dans l’époque moderne, on arrive à une intrigue sur plusieurs niveaux qui nous plongent dans les abysses de la folie humaine où les pires monstres semblent pouvoir prendre corps dans la réalité.
Prenez garde où vous mettez les pieds, car dans ce roman, on se perd entre réalité, fantasme et apparitions surnaturelles. David Gibert nous propose un voyage entre présent et passé entre lesquelles les frontières semblent avoir disparues.
Les personnages de L’Ombre de l’âme sont psychologiquement très travaillés, notamment sur le plan des relations sociales et amicales. Le sentiment d’amitié occupe une place primordiale dans cette histoire : comment réagirions-nous si nos amis les plus proches, ceux avec qui nous partageons tout étaient plongés dans de tels tourments ?
L’évolution mentale des personnages, qu’ils soient possédés par Zgor ou simplement décidés à aider leur ami envers et contre tout.
N’oublions pas de préciser le PRINCIPAL point fort de ce roman : le vibrant hommage aux littératures de l’imaginaire et au jeu de rôle de manière générale. Bien sûr, je ne suis pas totalement objective sur ce point, mais voir à quel point l’écriture, la lecture, le jeu de rôle et le GN permettent de se sentir mieux dans sa peau fait du bien à mon petit cœur !
Le voyage dans le monde onirique de l’imaginaire que nous propose l’auteur est un réel plaisir. David Gibert nous laisse entrevoir des mondes fabuleux à travers des descriptions magnifiquement bien réalisées. La maîtrise est complète, à tel point que d’un revers de plume, il transforme cette situation onirique en paysage tiré des pires cauchemars d’un esprit torturé.
Je vous parle des descriptions, mais la plume de l’auteur possède le pouvoir extraordinaire de nous emmener avec lui en quelques pages pour une aventure palpitante d’où l’on ne sort pas indemne.
~ En Bref ~

Il s’agit d’un roman que je conseille vivement car il s’agit d’un véritable coup de cœur. De l’horreur à la poésie, du fantastique le plus sombre à la fantasy la plus épique, voilà ce que nous propose David Gibert dans L’Ombre de l’âme

L’Ombre de l’âme.- David Gibert.- Ed. Lokomodo.- 2014

Les Légions dangereuses


L’inquiétude règne dans l’assemblée divine : le dieu Quitiane a disparu ! Son absence met en péril l’équilibre de l’univers, et les quatre dieux restants n’ont d’autre choix que d’envoyer leurs représentants en quête de leur frère disparu. Chacun désigne alors un Champion choisi parmi les plus valeureux habitants du Cratère dans les domaines de la guerre, du vol, de la magie et de la littérature Malheureusement, ces derniers ne correspondent pas exactement à ce qu’ils avaient espéré…

L’histoire pourrait sembler être au premier abord du « déjà-vu » : des mortels élus champions par des dieux qui ont pour mission de retrouver une divinité disparue. On retrouve ainsi les étapes classiques du choix des champions par le dieu de la rencontre entre les personnages et la formation de la compagnie (sans oublier le fameux nom !) au différents combats entre diverses entités. Les personnages possèdent tous leur personnalité propre avec pour chacun un trait de caractère particulier : la colère, l’impulsivité, la douceur par exemple. Ainsi, les protagonistes forment ainsi un groupe complémentaire, ce qui leur permet de surmonter bien des obstacles, qu’ils soient extérieurs ou inhérents à leur personnalité.
Quoi qu’il en soit, l’histoire vous immergera dans un monde aux paysages fantastiques et aux lieux non moins étonnants… Vous traverserez ainsi de grandes villes dont les tours se perdent dans les nuages, des palais-état… De quoi vous immerger dans cet univers pour le moins haut en couleur. Car oui, lecteur, tu sentiras toi aussi les odeurs nauséabondes des villes et frissonneras du vent des grandes plaines et tes cheveux se hérisser en apercevant toute une armée de squelettes !
Au-delà de l’histoire en elle-même que j’ai adoré et trouvée très prenante, ce qui m’a le plus frappé dans ce roman est l’humour qu’on y trouve à chaque page. Bien sûr, plusieurs formes de comiques sont présentes dans les situations décrites, les dialogues et les personnages qui sont tous drôles à leur manière, surtout Hashef. Mais ce que j’ai, et de loin, préféré c’est l’humour présent dans le paratexte. A travers les notes de bas de page, l’auteur instruit, divertit, et parfois promène le lecteur là où il le souhaite, le tout pour son plus grand plaisir !
J’ai pu reconnaître avec plaisir les nombreux jeux de mots et références littéraires présentes dans cette histoire, qui raviront les amateurs de littérature plus « classique » et montrent que les littératures de l’imaginaire peuvent prétendre à la même reconnaissance, ce qui est un message très important pour moi.
Le petit plus, toutes les reconnaissances de grands auteurs à la fin du livre sont vraiment hilarantes et parachèvent la perfection de ce livre, auquel je donne facilement un 20 sur 20 !

Les légions dangereuses.- Fabien Clavel.- Ed Mnémos.- 2013

Mon Donjon, mon dragon


Bram est ce que l’on appelle couramment aujourd’hui un geek. Féru de jeux sous toutes ses formes qu’ils soient de société, de figurines, de rôles ou sur Internet, il est développeur web dans le monde réel et dévore les romans de fantasy. Son quotidien l’ennuie, alors il le voit à travers le filtre « med-fan » de son imaginaire. Lorsque fait irruption dans sa vie une personne à laquelle Bram ne s’attendait pas : Aurore, une fille ! Leurs passions diffèrent, et Bram laisse peu à peu tomber ses hobbies puis son job pour ne se consacrer qu’à elle et à son projet fou. Mais c’était avant le drame, bien entendu…

Au royaume des humains, les « geeks » sont les rois. Ou pas. Attendez-vous à un personnage blasé, un trentenaire célibataire pour qui le seul plaisir consiste à boire et à jouer tout le week-end. Le personnage et l’écriture de ce roman ne manque pas d’humour.
On retrouve cet humour dans l’écriture piquante, souvent acide de l’auteur qui se montre peu compréhensif avec son héros. Ce ton sert surtout à souligner le message porté par ce roman : les geeks sont des gens comme tout le monde, sujets aux mêmes sentiments, et même au suicide ! A travers le quotidien de Bram et de ses amours avec Aurore, l’auteur entend mettre en avant ceux que l’on a mis de côté depuis de trop nombreuses années et qui redeviennent à la mode depuis quelques temps.
C’est aussi une ode à toutes les cultures de l’imaginaire que met en avant l’auteur, qui sont autant de moyens de s’évader d’un quotidien trop pesant ou de problèmes personnels. C’est le principal critère qui m’a fait apprécier ce roman, car c’est l’un des atouts qui me font apprécier les littératures de l’imaginaire, nonobstant les autres tels que l’exotisme de certaines races, les mondes nouveaux…
Le principal reproche que je ferais à ce roman serait la caricature que fait l’auteur des « geeks ». Bram est en effet à lui seul un véritable stéréotype du mâle geek enfermé dans un monde de testostérone où les femmes sont absentes et à la recherche frénétique d’un moyen d’assouvir ses pulsions charnelles. L’homo-geekus (permettons-nous un néologisme) serait donc :
  • Féru de jeux sous toutes ses formes
  • Célibataire
  • Mâle
  • Développeur web et accro à cela
  • Inadapté socialement et donc naïf au moindre piège tendu par une péronnelle
Rien n’est plus faux, et heureusement ! Bien sûr, cette critique n’est pas à prendre au pied de la lettre, l’auteur a bien sûr voulu mettre en avant ce personnage en forçant ces traits, mais je les trouve beaucoup trop forcés, justement. Un peu moins de caricature aurait été appréciable…

Mais rassurez-vous, ce roman reste tout de même intéressant car il s’intéresse à ce que nous sommes, d’incorrigibles rêveurs…
~ En bref ~

J’ai passé un bon moment en lisant ce roman même si certains passages m’ont donné envie de donner de bonnes gifles à Bram. En plus, c’est un véritable appel à aimer les mondes imaginaires !

Nephilim, intégrale 2. L’Eveil


A Rome, Léonidas et Khesziv traquent des effets-dragons responsables de l’enlèvement de trois jeunes séminaristes. Mais leurs pas les mèneront dans l’antre d’un Drakhaon, une entité imprégnée des mythes romains. A Paris, Nej s’enfonce dans son morne quotidien monotone de caissière. Lorsqu’elle retrouve Wag, qui a miraculeusement échappé à sa traque saturnale, elle se trouve à nouveau plongée dans l’univers tumultueux des aventures de l’Hepta. La réunion de la fraternité des immortels leur permettra-t-elle de vaincre les Rose+croix ? Qu’arrivera-t-il à Alvo, le Nephilim atteint par le Kahïba ?


Vous avez pu le voir dans ma chronique sur le premier tome, j’avais énormément apprécié de suivre les aventures des Nephilim ! C’est bien entendu avec joie que je les ais retrouvés pour cette seconde – et dernière – intégrale !
Ce second tome est toujours aussi passionnant : les rebondissements apparaissent à chaque fin de chapitre, ce qui en fait un véritablepage-turner. L’alternance entre l’action présente et des évènements passés ravive l’intérêt du lecteur et calme sa soif d’en savoir plus sur le passé des immortels. De plus, ces « flash back » ne sont pas indiqués clairement, ce qui renforce l’effet de surprise ! Néanmoins, le lecteur attentif sera sensible au changement subtil d’atmosphère de la scène…

Dans ce roman également, la plume de Fabien Clavel est totalement prenante, à tel point que l’on croirait ressentir les flux de Ka jaillir tout autour de nous, sentir les odeurs de vase et d’animaux lorsque l’on parcourt les lignes de ce volume.
Tous les personnages de cette histoire, qu’ils soient immortels ou rose+croix possèdent une véritable épaisseur psychogique. L’auteur prend en effet le temps de disséminer à travers ses pages quantité d’informations à propos de leurs existences. Par les retours dans le passé, notamment.

Je vous en avais aussi déjà parlé des extraits de journaux intimes à chaque début de chapitre. En plus de permettre d’en connaître un peu plus sur les Nephilim, cela offre une double lecture, celle du passé des personnages principaux.
Malgré le ton général assez sombre de l’histoire (il s’agit quand même d’une traque mortelle!), On retrouve néanmoins de nombreux traits d’humour allégeant l’atmosphère lorsque celle-ci devient trop pesante.

Des thèmes comme la tolérance, le respect de la vie d’autrui malgré son état de santé font partie des thèmes abordés dans cette histoire. Il est plaisant de voir une véritable réflexion sur ces sujets hors des magazines de santé ou d’actualité…

Toutes les références bibliques, mythologiques, donnent envie de se plonger dans une lecture approfondie de ces mythes en question. Un lourd bagage culturel se cache derrière cette histoire passionnante que je vous conseille – encore une fois – vivement ! Nephilim est une histoire qui donne aussi envie de se mettre au jeu de rôle éponyme !

Je peux vous dire que si vous avez aimé le premier tome, vous en redemanderez à la fin du second ! 

Merci aux éditions Mnémos 😀

Nephilim, Intégrale 1, les déchus

Ils sont sept immortels parcourant la terre depuis la Création. Ce sont les Nephilim, membres de la fraternité de l’Hepta et sont liés aux éléments : eau, terre, feu, air et lune. A présent chacun de leur côté mais liés par leurs pentacles, tous recherchent le but ultime : l’Agartha.

A Paris, la vie de Jennifer, une jeune étudiante, va changer. Aidée par Wag, un homme étrange, elle va devoir survivre aux attaques d’une mystérieuse organisation ayant pour but de détruire les êtres magiques. Pourquoi la visent-ils ?
Budapest, en plein hiver. Ezechiel, la froide chef de la police, doit faire face à une série de meurtres. Elle croise la route d’Azarian, un jeune chanteur de métal. Le jeune homme est-il coupable ? En sait-il plus qu’il ne veut en dire, ou est-il réellement impliqué ?

Je n’avais que de bons pressentiments en commençant ce livre. Rôliste, j’avais bien sûr entendu parler du jeu de rôle éponyme, que je savais de qualité. Le premier tome de Nephilim regroupe les deux premiers volumes publié auparavant de manière séparée.
La chose qui interpelle le plus à la lecture de ce roman est justement la double lecture que l’on peut en faire. Chaque chapitre démarre par des fragments des œuvres (ne serait-ce pas plutôt des mémoires) des différents Nephilim. Cela additionné aux information parsemées dans l’histoire permettra au lecteur de se familiariser avec l’univers complexe dessiné par l’auteur.
Un lecteur attentif notera les multiples références habilement utilisées par l’auteur : les contes bien sûr avec une adaptation surprenante mais brillante de Barbe-Bleue, version démoniaque. La Bible est aussi omniprésente dans l’histoire. Mais quoi de plus logique, lorsqu’on sait que les Nephilim apparaissent dès la Genèse de ce texte !
L’immersion dans l’histoire est vraiment facile, et les personnages, immortels ou non, sont vraiment attachants. C’est du au talent de l’artiste pour la création de caractères vraiment recherchés et approfondis. Vous aurez vite l’impression de faire partie de leur quotidien et de vivre les nombreuses péripéties à leurs côtés.
Peut-être que mes amis rôlistes auraient aimé une petite note à propos du jeu de rôle, mais une petite recherche Internet suffira à régler le souci.
En résumé : Nephilimest un très bon roman (ou le début d’une bonne série) à lire absolument, qu’on soit fan du jeu de rôle ou simplement de fantastique ! Nul besoin d’être connaisseur pour apprécier cette histoire vraiment facile d’abord et très immersive !
Mention spéciale pour la couverture.
Nephilim, intégrale 1, les déchus.- Fabiel Clavel.- Ed Mnémos.- 2012.- 23,5 €

Le bouclier obscur


Uther est un homme des plus ordinaires : informaticien, enseignant et agnostique convaincu. Il partage sa vie entre ses cours, la lecture de romans fantastiques et les jeux vidéos. Jusqu’au jour où il se retrouve confronté à un étrange virus informatique qui diffuse des images de plus en plus atroces.

Uther alors se retrouve embarqué dans des aventures plongeant de plus en plus profond dans un univers digne des romans fantastiques les plus sombres.


Qui ne connaît pas John Lang, le créateur du fameux univers de Naheulbeuk ? L’auteur nous dévoile dans Le Bouclier obscurune autre facette du chaos dont il a tiré son nom de plume.
Si vous vous attendiez à de l’humour, ce roman n’est pas pour vous. Sauf si vous l’appréciez noir et piquant, peut-être.
L’histoire s’enchaîne rapidement, et comporte quelques « interludes » coupant les actions les plus palpitantes. Deux avantages à cela selon moi : garder le suspens à la manière d’une page de publicité (en bien plus passionnant je vous rassure) et éclairer le lecteur petit à petit sur la suite de l’histoire.
La trame de fond semble si cohérente qu’on aurait presque envie de croire que cela pourrait arriver. Tout est mis en scène dans ce sens : le virus informatique, les confréries secrètes, des meurtres que les autorités font passer pour des actes terroristes… John Lang a vraiment pensé à tout.
Ce rôliste invétéré a su dans son roman dresser des descriptions précises de scènes variées, mais aussi de rituels. De la même manière, les dialogues sont naturels sans superflu, ce qui facilite la lecture et l’immersion du lecteur dans l’histoire.
Celui-ci aura d’ailleurs l’impression de sentir l’odeur des cadavres et d’entendre les gémissements de douleur des suppliciés.
Le Bouclier obscur est un roman à mettre entre les mains de lecteurs éclairés – et avertis. 

Le bouclier obscur.- John Lang.- 244 pages.- Editions Physalis.- 2012

T’as pas le niveau !

« Cher roadbook,
Voilà des années que j’essaie d’être un bon ménestrel. Ce n’est pas facile, y’a de la concurrence en terre de Fangh. Entre les guildes saltimbanques installées à Glargh, les elfes sylvains qui trichent à cause de leur charisme, les faux chanteurs qui se font trafiquer la voix magiquement… Bref, la vie n’est pas facile pour un ménestrel honnête. J’ai besoin d’un public, moi. »


Quel étrange petit objet que ce Roadbook de ménestrel… En feuilletant ses pages, vous pourrez suivre les tribulations de Lunoval, demi-elfe de son état, dans son enquête sur un groupe apparemment très connu en terre de Fangh : le Naheulband.
Durant son périple, il aura l’occasion de rencontrer ces nouvelles stars du pays. Gagnera-t-il des XP ? Aura-t-il à combattre des orcs, des dragons ou même pire : des poulets ?
Enfin un nouvel opus du Naheulband après beaucoup d’attente ! Bon d’accord, il y a eu moult morceaux publiés sur le site mais quand même ! T’as pas le niveau ! est un bel objet mêlant un périple à la sauce POC et de la musique rôlistico-chaotique.
Se présentant sous la forme d’un carnet de route de plus de quarante pages, on peut y retrouver, en plus des paroles de chansons, les membres du groupe, et plusieurs informations (à caractère commercial ou non) des produits de la belle terre de Fangh.
Des nains, des elfes, des barbares et des trolls ! Lunoval a rencontré toutes ces créatures, parfois au péril de sa vie, pour votre plus grand plaisir ! T’as pas le niveau ! est un bon moyen pour découvrir ou redécouvrir, et même faire découvrir l’univers de POC dans son ensemble !

A conseiller d’urgence aux fans, apprentis ménestrels, rôlistes ou simples amateurs de musique qui ne se prend pas au sérieux.

T’as pas le niveau.- POC & co.- 43 pages (+ le CD et une carte poulet)

Les Ombres d’Esteren, livre 1 (Univers)

Rapide présentation des Ombres d’Esteren prise sur une chronique de ma réalisation publiée sur mythologica.net visible ici.

Les Ombres d’Esteren est un projet initié en 2006 et réalisé entièrement par le collectif Forgesonges, dirigé de main de maître par Nelyhann. Il s’agit d’un jeu médiéval à l’ambiance celtique et aux tonalités gothiques et horrifiques.
Le jeu des Ombres d’Esteren appartient au genre de la low-fantasy. Pas d’elfes ni de nains ou encore de magiciens. Néanmoins, le fantastique n’est pas loin… Dans l’ombre des forêts et au fond des montagnes… les terribles Féondas rôdent…




Bien qu’une version abrégée de la présentation du monde et du système de jeu ait été publiée, cet ouvrage est un élément indispensable pour appréhender l’univers de Tri-Kazel dans son entièreté.
Vous y retrouverez donc la description du monde dans lequel vous incarnerez des personnages, mais aussi un ensemble de règles détaillées pour jouer et même quelques personnages pré-tirés tous ayant un caractère différent pour que chacun y trouve son bonheur.

L’un des points forts de cet ouvrage (et de la collection d’Esterenen général) est que le monde et l’arrière-plan général du jeu est conté sous forme de récits, de lettres et même de textes officiels. Le tout donne un cachet incomparable au livre et en ôte l’aspect rébarbatif que l’on retrouve dans trop de manuels de règles.

Comme l’histoire du monde constitue la plus grande partie du volume, je pense que celui-ci mérite vraiment le nom de « livre » et non pas de « manuel ».
Le backgroundgénéral des Ombres d’Esterenest très complet et dispose d’une chronologie très précise permettant aux maîtres du jeu d’enrichir campagnes et scénarii avec moult détails appartenant à l’Histoire de Tri-Kazel.

Ce livre convient aussi bien au joueur qu’au maître du jeu car il ne comporte pas de scénario, contrairement au tome 2 intitulé « Voyages » qui présente plusieurs canevas (scénarii de format court). Un autre point intéressant est l’explication pas à pas de la création de la fiche de personnage. De nombreux détails permettent aux joueurs les plus férus de la compléter s’ils le souhaitent, en accord avec leur maître du jeu.
Ici, les compétences sont dans l’ensemble réalistes, ce qui est au final le maître mot de ce jeu. Cet aspect du jeu ravira les MJ amateurs de rôle-play…. Chaque caractéristique est en effet à nuancer.
Ainsi, un score élevé en combativité traduira du courage et de pugnacité, mais également de l’impulsivité et une grande témérité.
Le livre en lui-même est de très belle facture : sa couverture est rigide tout d’abord, et relié (donc non collé, ce lui évite aux pages de se décoller trop facilement).
L’accent a été mis sur l’esthétique de l’ouvrage : totalement et talentueusement illustré, il est de plus entièrement en couleur. Le souci du détail a été porté à l’extrême jusque dans le dessin de parchemin lorsqu’un élément textuel est une lettre par exemple. Presque chaque double page comporte une ou plusieurs illustrations réalisées par de talentueux dessinateurs. Leur style est différent, mais tous ont su « coller » à l’univers général.
Un coup de maître en somme qui fait de ce manuel de jeu de rôle un objet-livre à part entière.
Les Ombres d’Esteren Livre 1 Univers.- Collectif Forgesonges.- 2010.- Éditions Agate RPG.- 39€90

(photo : dessin de Nelyhann réalisé au festival A toi de jouer d’Amiens, 12 mai 2012, prise par mes soins)

Dirty MJ (Petit manuel du MJ tordu)

« Apprenez les trucs les plus fourbes, les plus méprisables et même les plus malhonnêtes des plus perfides des maîtres du jeu, des pièges et des tactiques qui feront de vous le MJ que vos joueurs aiment haïr. »
Dirty MJ est un livre regroupant onze articles que l’auteur a publié dans la revue Pyramid aux États-Unis.


Découvrez, amis rôlistes, les pires subterfuges dont vos maîtres du jeu utilisent habilement, le plus souvent à votre insu. A travers divers exemples, John Wick aborde plusieurs façon de bien mener une partie qui deviendra inoubliable pour vos joueurs. Rassurez-vous, il ne répète pas à chaque page qu’un bon MJ est un MJ qui aime faire mourir les personnages de ses joueurs, mais qu’il doit avoir plus d’un tour dans son sac pour mieux les surprendre.
Il vous apprendra aussi comment « maîtriser » les joueurs rebelles, ceux qui ont par exemple tendance à trop se référer aux règles ou qui trouvent tout le temps à redire. Des solutions diplomates pour imposer votre volonté sans froisser le joueur mis en cause : une véritable « diplomatie rôlistique » en quelque sorte.
Autre cas de figure : comment gérer la mort d’un personnage ? C’est l’une des choses que l’apprenti MJ ou simplement le lecteur un peu curieux trouvera à travers des mises en situation.
Là est la force de ce livre, si je puis dire : l’auteur prend comme exemple les parties qu’il a pu mener, notamment celles d’un jeu nommé Champions (jeu de super-héros). Dirty MJ est un petit manuel à mettre entre toutes les mains.
Un seul bémol : son prix un peu élevé pour un livre de ce type.
Dirty MJ.- John Wick.- 2010.- La bibliothèque interdite.- 15 €