Les Nuits sans Kim Sauvage

Paris, (à peu près) de nos jours

Stagiaire dans un magazine pour adolescentes, Vic partage sa vie entre les passions tristes d’une mode virtuelle et son histoire d’amour dysfonctionnelle avec Maria Paillette, son IA buggée. Quand l’opportunité lui est donnée de percer à jour les mystères du premier clip cyberpunk français, Les Nuits sans Kim Wilde de Laurent Voulzy, elle découvre en elle des ressources insoupçonnées. Une ambition qui l’entraînera au top du monde de la haute couture parisienne. Mais vivre ce rêve a un prix : déchirée entre les intrigues d’un luxe inaccessible et le poisseux de l’Ouvert, monde artificiel où se sont engouffrés les désirs d’une humanité en bout de course, Vic va devoir choisir. Un choix qui pourrait bien mener, par le jeu impitoyable des forces politiques et cosmiques présidant à la structure même de la réalité, à la désintégration du capitalisme, du virtuel et de nos derniers amours.
À l’espoir, pourtant : le retour au corps, au cœur battant. À la lumière intérieure.

#De quoi ça parle ?

On y suit les aventures de Vic, une jeune femme paumée entre sa vie virtuelle et sa vie réelle, en recherche de celle qu’elle est réellement. Elle (et nous par la même occasion) se trouve embarquée par des enjeux qui la dépassent et qui la mèneront dans une aventure pleine de rebondissement au coeur de l’Ouvert, mais pas que.

~

#Mais qui est cette Kim Sauvage, à la fin ?!


Les Nuits sans Kim Sauvage est un roman sur lequel je me suis jetée dès sa sortie, après avoir lu d’autres histoires de l’autrice et avoir eu le plaisir de la rencontrer en librairie (redif ici). Ça a été une vraie claque pour moi, ce livre. Il me restera très longtemps en tête, c’est certain.

Pourtant, l’entrée dans ce roman n’a pas été immédiate. J’ai tâtonné, hésité, puis refermé le livre. Avant de le rouvrir, sur un coup de tête. Et là, l’alchimie s’est opérée. Dévoré d’une traite. Comme quoi, chaque livre a son heure, et il faut parfois attendre d’être prêt·e pour plonger dedans. Ce que j’aime par-dessus tout, c’est quand un récit finit par m’absorber au point de brouiller la frontière entre le réel et l’imaginaire. Ici, cet imaginaire déborde de chaque page, tentaculaire et hypnotique.

L’autrice nous dessine un monde clairement dystopique dominé par les marques de mode, où les humain·es sont toustes plus ou moins des pions interchangeables. Ce monde est un peu opaque et je n’ai pas compris l’intégralité de son fonctionnement. Mais le traverser dans les pas de Vic, la protagoniste, était une aventure intéressante.

Alors j’ai décidé de lâcher prise. De ne plus chercher à tout comprendre, mais de me laisser porter par la prose de l’autrice. Et c’est là que la magie a opéré. J’ai goûté à une langue brute et ciselée, à la fois lyrique et cruelle, qui déploie des images d’une puissance rare. D’un tableau onirique à une scène d’une brutalité tranchante, l’écriture oscille avec une aisance désarmante. J’ai avancé à l’aveugle, me laissant guider avec plaisir à travers les pages.

Bien sûr, cette histoire aux teintes cyberpunk et SF (malgré tout, oui oui) est éminemment critique, comme le sont les autres romans de l’autrice. Du moins ceux que j’ai pu lire. Et ce monde régi par les marques, où les personnes sont leur propriété et où l’humanité est coupée de la nature, ça fait peur. Bien entendu, il y a le filtre de la fiction. Mais il y a clairement de quoi frémir et avoir envie de se promener parmi les arbres ou les pieds dans l’herbe après ! Je dois cependant avouer que c’est surtout la beauté brute et ciselée à la fois de l’écriture de Sabrina Calvo qui m’a accrochée à cette histoire.

C’est un conseil, lis-le !

Les Nuits sans Kim Sauvage.- Sabrina Calvo.- Ed. La Volte. Disponible

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *