Le puits des mémoires T1


Quelque part, dans le royaume d’Hélion. Trois hommes sont rescapés d’un accident en montagne : le chariot qui convoyait leurs cachots a été renversé, leurs gardes tués. Leur mémoire a été effacée. Une question : pourquoi ? C’est la question qui les taraudera durant toute leur fuite pour échapper aux terribles chevaliers de cristal et à leur chef, le Fils de la Lune.

Ils se sont renommés : Olen, le talentueux guerrier, Karib le mage en quête de sorts et Nils, le lanceur de couteaux taciturne. Leur fuite les mènent dans la capitale du royaume, Sayrs sous les couleurs de laquelle ils s’enrôlent. Mais la donne change et ils décident de s’embarquer pour le mystérieux royaume de Woltan où tout à commencé…




Le Puits des mémoires est le premier roman de Gabriel Katz. Il ouvre une trilogie s’annonçant épique et très inspiré de jeux de rôles. Les descriptions sont nombreuses et précises, ce qui n’est pas sans rappeler celles qu’un Maître du jeu peut faire…
Les personnages quant à eux sont bien campés et possèdent un passé (même si eux ne s’en rappellent plus). Là encore on peut déceler la « compétence » jeux de rôle de l’auteur : les héros appartiennent tous à des classes bien particulières : un mage, un guerrier et un assassin. Leurs caractères disparates en font une équipe à la fois drôle et complémentaire.
Les personnages secondaires ne sont pas en reste. On peut là encore retrouver de précises descriptions, tant physiques que psychologiques : les armures froides des cavaliers de cristal, le visage de mort de leur mystérieux chef, la terreur qu’ils inspirent à la population…
La fuite continuelle des personnages donne son rythme au livre et assure au lecteur des péripéties inédites et dans des décors très différents. Les pérégrinations de nos héros pour fuir leurs ennemis se transforment en une véritable réflexion sur son identité mêlée à une quête de la vérité. L’auteur nous invite également à voir au-delà des apparences… Et si le fugitif assoiffé de sang que décrit le roi était en fait votre compagnon d’armes, ou même votre amant ?

Gabriel Katz nous offre ici de l’héroïc fantasy pure comme on aime. 

Le puits des mémoires.- Gabriel Katz.- Editions Scrinéo.- 2012.- 16€90

Lecture du mois n°1 : Septembre

Premier article du genre consacré intitulé « La lecture du mois » ! Toutes les fin de mois, un livre fera l’objet d’un article dans lequel je donnerai mon avis dessus.



Cette première édition de La lecture du mois sera consacré au livre La Couleur tombée du ciel, d’Howard Philips Lovecraft.. J’ai trouvé ce livre lors d’une bourse aux livres. Je connaissais bien sûr cet auteur ô combien célèbre pour les légendes qu’il a créées : celle des Grands Anciens et du Chtulu.


A travers quatre nouvelles, Lovecraft nous montre que rien ne correspond aux apparences et que la réalité du monde qui nous entoure n’est pas aussi banale qu’on pourrait le croire. Dans chaque maison peut se cacher des individus versés dans la dévotion aux Grands Anciens et agissant en faveur de l’avènement du Chtulu sur le monde.

L’écriture de Lovecraft est hésitante et floue : ses personnages ne savent jamais ce à quoi ils ont affaire. Toutes leurs perceptions sont mal assurées, et cette hésitation plonge le lecteur dans une fébrilité.
Les quatre nouvelles qui composent ce recueil sont vraiment prenantes. Les amateurs du jeu de rôle L’appel de Chtulu retrouveront avec plaisir l’une des villes chères à l’auteur : Arkham. 
Une météorite qui s’écrase près d’une ferme isolée. d’étranges créatures sortant de l’eau ressemblant à des grenouilles qui ont établi un nouveau culte, celui de Dagon. Des êtres venues d’au-delà de l’univers errant dans les montagnes. Un messager des Anciens s’introduisant dans la bibliothèque pour récupérer le Necronomicon… 
Tous les éléments sont présents pour faire vivre au lecteur un moment terrifiant ou pas, mais toujours passionnant. 
Un conseil : évitez de lire cet auteur avant de dormir… Ou le Chtulu tentera de prendre possession de votre esprit ! Même si cet auteur est à lire de toute urgence pour tout amateur de classiques du fantastique.

Auteur : Pierre Pevel

Pierre Pevel est un auteur français de fantasy et de science fiction. Il se fait connaître au début des années 2000 par Le cycle de la Wielstadt et les Enchantements d’Ambremer (dont vous trouverez une chronique par là). Il a eu la gentillesse de répondre à quelques questions pour votre plus grand plaisir.
 


1 – Votre entourage vous inspire-t-il lorsque vous écrivez ?
Très peu. Si ce n’est lorsqu’il s’agit de saisir, de croquer des attitudes, une démarche, une façon de se tenir.
2 – Quels sont vos auteurs favoris ?
Dans le désordre : Flaubert, Donald Westlake, Dumas, Maupassant, Goscinny, James Lee Burke.
3 – Combien de temps consacrez-vous à l’écriture quotidiennement ?
Six à huit heures quand je suis en phase d’écriture. Aucune ou presque quand le je suis en phase de réflexion.
4 – Qu’est-ce qui vous aide à développer votre imagination ?
Les œuvres des autres, sans doute. Mais surtout, la rêverie.
5 – Vos livres ont un fort ancrage dans l’histoire. Est-ce une passion ?
J’ai moins une passion pour l’Histoire que pour le début du XVIIe siècle. J’adore cette période historique et je la connais assez bien. Mais ne me demandez rien sur le Haut Moyen Age ou sur la Troisième République.
6 – Comment est né votre penchant pour l’imaginaire ?
Ma génération a été gâtée. J’ai pu découvrir au cinéma Star Wars, la série Indiana Jones, Conan, Dark Crystal, Excalibur. Et dans le même temps, certains grands auteurs de fantasy étaient traduits en France. Bref, je suis tombé ado dans la marmite de potion magique.
7 – Vos lectures favorites ?
Les œuvres de mes auteurs favoris, bien sûr. J’ai une nette préférence pour le polar. Et je lis volontiers des comics.
8 – Quel est votre type de personnage préféré tous genres littéraires confondus ?
C’est une colle. Je ne suis pas sûr d’en avoir un, en fait.
9 – Un rêve littéraire ?
En ce moment, c’est achever le roman sur lequel je travaille depuis maintenant près de deux ans. Et qu’il soit à la hauteur de mes ambitions.
10 – Quels sont vos projets pour la suite ?
Je travaille sur le premier volume d’une longue saga de fantasy. Le livre paraîtra au printemps prochain. Son titre : Haut-Royaume. Je ne peux pas en dire encore grand-chose, si ce n’est que c’est l’histoire d’un homme et d’un royaume.
11 – La traduction en polonais : une belle surprise ?
Ce n’est pas une surprise puisque je savais qu’un contrat avait été signé. Mais un plaisir, oui. Une traduction supplémentaire fait toujours plaisir : elle représente des lecteurs en plus.

Un livre…

Bonjour à tous ! Je vous propose aujourd’hui un article totalement différent de ce que je publie. Peut-être que ce sera le seul, qui sait… En tout cas, j’ai piqué l’idée (merci à elle !)
S’il y a un livre… 

– Que j’ai particulièrement apprécié :
Parce que c’est le premier livre fantasy que j’ai lu 🙂
  •  Qui ne m’a pas plu :
Parce que j’ai deviné la fin au bout de deux chapitres…
  • Qui est dans ma PAL
Il y est depuis plusieurs années, malheureusement…
  • Qui est dans ma wish-list :

Je viens de terminer le tome 11…

  • Auquel je tiens :
    Ce monde me plaît tellement !
  • Que je voudrais vendre ou troquer :

Bon, il calme un meuble pour le moment ! 😀

  • Que je n’ai pas réussi à terminer
  • Que je ne veux pas lire :
Et tous les autres livres du genre…
  • Classique, mais que j’adore :
Voilà pour moi. J’espère que cela vous aura aidé à connaître (un peu) mes goûts littéraires ! 🙂

Le Pas de Merlin

Au cœur de l’Écosse du VIème siècle, le roi Ryderc réunit tous les chefs Bretons pour résister aux envahisseurs Saxons, Pinces et Gaëls. Parmi eux, Merlin, un jeune barde déjà célèbre, tant pour son art que pour le mystère de ses origines. Ni tout à fait homme ni tout à fait elfe, il n’est pas encore aguerri aux ruses des hommes et aux blessures du cœur. Pourtant, c’est à lui qu’échoit la lourde charge de ramener la paix au pays. Mais Merlin est seul contre tous ceux qui veulent sa perte. Le mythe du magicien prend vie.

Déjà connu pour sa Trilogie des elfes, Jean-Louis Fetjaine est une figure de la littérature imaginaire française. Le pas de Merlinn’est cependant pas un roman fantasy, ou presque.
Partez sur les traces de Merlin en lisant ces lignes où la réalité frôle souvent le pays merveilleux des fées. Vous découvrirez, en plus d’une chronologie précise à propos de l’histoire de Bretagne, les origines de l’enchanteur le plus célèbre de toute la littérature (talonné de près par Gandalf, certes).
L’auteur nous conte un pays froid et rude, ravagé par les guerres sans fin entre les clans. Si Merlin n’est pas présenté comme l’enchanteur que nous connaissons, ses origines ne sont pas moins étranges pour autant. Rejeté et dénigré depuis sa plus tendre enfance, Emrys Myrddin serait le fils du Diable. Ou des fées. Ce n’est qu’à la toute fin de ce volume que vous aurez la réponse…
Le roman alterne entre deux aventures : celles du roi chrétien Ryderc et des siens d’un côté, et de la fuite éperdue de Merlin avec le torque du roi Ambrosius de l’autre. Cette alternance met en lumière les dissensions existant entre les anciennes croyances toujours vivaces et menées par les druides et les bardes, et l’avancée de la chrétienté, que l’on sait inexorable.
Dans les royaumes de Bretagne instables, les fiers Bretons réussiront-ils à surmonter leurs vieilles rancœurs et à s’unir sous la férule du porteur du torque ? Myrddin survivra-t-il à la trahison du roi Ryderc ?
A l’instar de la Trilogie des Elfes, Jeal-Louis Fetjaine a su dessiner un monde fantastique, dans lequel la magie n’est jamais trop présente mais semble malgré tout faire partie du quotidien des personnages, même si ceux-ci la craignent.
Le pas de Merlin est le premier tome d’un dytique narrant la saga de Merlin.
Le pas de Merlin.- Jean-Louis Fetjaine.- 2002.- Ed Belfond (Pocket)

Le livre des choses perdues

David est un garçon sage. Mais sa maman est mourante. Alors, pour l’empêcher de mourir, le petit garçon de douze ans respecte scrupuleusement les rites qu’il a mis en place, parmi lesquels les livres tiennent une place prépondérante. Mais sa mère meurt, et la vie de David va changer du tout au tout. Les livres lui parlent, et il rencontre un homme étrange et biscornu. Pour couronner le tout, le voilà passé dans un monde où plus grandes peurs des enfants prennent vie…

Beaucoup de choses à dire à propos de ce livre. Lorsque je l’ai terminé, j’ai eu du mal à retourner dans le monde actuel. Le livre des choses perdues est un savant mélange de nombreux contes : le Petit chaperon rouge, la Belle au bois dormant, Hansel et Gretel, mais aussi Alice au Pays des merveilles. L’auteur a su prendre le meilleur de chacun d’eux et le mélanger aux autres pour créer ce roman.
Si l’on s’attend au happy end comme dans la plupart des contes, tout ne paraît pas gagné lorsque l’on tourne les pages de ce surprenant roman. Chaque chapitre apporte son lot de péripéties, et l’auteur nous mène du bout de sa plume aux quatre coins de son royaume imaginaire fantastique que l’on visite avec un respect mêlé de crainte.
Les descriptions de ce texte dressent un monde sombre, inquiétant et grouillant de dangers. Il n’en est pas moins fantastique et inexplicablement attirant. John Connolly sait révéler nos peurs enfantines et s’amuse à les égrener au fil du texte. Attendez-vous à revivre les contes comme vous ne les avez jamais vus !
Des chapitres un peu longs peut-être, et des titres qui en révèlent trop sur le contenu. Je préfère généralement un mot bien choisi qui épaissit le mystère autour de son contenu. Malgré tout, ces titres donnent au livre le côté «19ème siècle » des romans d’aventure de l’époque.
Le titre de ce roman, Le livre des choses perdues, est bien choisi : à la fois un élément incontournable de l’histoire, il possède l’extraordinaire pouvoir d’extraire de la mémoire du lecteur toutes ces petites choses d’une enfance plus ou moins lointaine.
Avis aux amateurs de contes pour grands.

Le livre des choses perdues.- John Connolly.- Editions J’ai Lu.- 2010.- 7€60

C’est la rentrée ! (littéraire)

Tous les ans, en septembre, les tables des librairies croulent sous les nouveautés. Difficile de faire un choix, quel que soit le genre. C’est pourquoi votre humble chroniqueuse vous propose un panel des nouveautés des mois d’août et de septembre pour vous permettre d’organiser vos achats et vos lectures !





Dans le domaine de la fantasy, genre qui me tient particulièrement à cœur, de nombreuses nouveautés sont à prévoir. Des intégrales, des suites mais aussi des premiers tomes traduits par Bragelonne, comme Odalisque, le premier tome de la saga intitulée Percheron écrite par Fiona McIntosh.
Le troisième tome de Sîn publié aux éditions Atria, dont vous pouvez trouver un avis sur ce blog, était LE livre que j’attendais avec le plus d’impatience. Si vous avez suivi les aventures d’Imrou et ses amis, assistez à l’apothéose de cette trilogie palpitante.
Dans la même veine (mais dans un monde différent) le second tome de la trilogie du Puits des mémoires, intitulé Le fils de la Lune, de Gabriel Katz aux éditions Scrinéo. Il s’agit d’un roman d’heroic-fantasy où chaque page recèle une nouvelle péripétie pour notre trio à la recherche de leurs souvenirs.





Les éditions Mnémos ne sont pas en reste pour cette rentrée littéraire : j’ai choisi de retenir en particulier deux de leurs livres, à savoir Ki&Vandien de Megan Lindholm et Nephilim de Fabien Clavel.


Ki&Vandien, presque un classique de la littérature fantasy. Un lecteur amateur du genre retrouvera tous les ingrédients indispensables au genre : une quête, des créatures féeriques (ou cauchemardesques) et des péripéties à la pelle, les quatre tomes réunis en un unique volume.





Tiré du jeu de rôle éponyme, Nephilim est le premier tome d’une série fantastique palpitante ouvrant sur d’autres aspects d’un monde qui est le nôtre. Ce livre, certes déjà sorti, n’en reste pas moins un très bon recueil.
Les éditions Pygmalion ne seront pas en reste dans le domaine de la fantasy avec la sortie de différentes intégrales de la série à succès du « trône de fer ».

Il me semble important de noter la sortie du tome 14 de la saga intitulé Les Dragons de Meereen, mais aussi le premier tome de l’intégrale existant déjà aux éditions J’ai lu.

Mais le Trône de Fer n’est pas la seule saga à être rééditée en version « intégrales ». Ainsi, le troisième tome de la série du Soldat Chamane sera publié sous cette version. De quoi ravir les « accros » de ces deux séries !
Comme vous pouvez le voir, la rentrée littéraire de l’imaginaire s’annonce chargée. Il y en aura pour tous les goûts et toutes les « fantasies ».

Auteur : Noureddine Séoudi


Né à Alger, Noureddine Séoudi est un grand passionné d’Histoire et d’histoires. Il a accepté de se livrer pour vous à un jeu de questions-réponses… Merci à lui !




Ton entourage t’inspire-t-il lorsque tu écris ?
Oui. Beaucoup. Surtout quand on a des enfants.
Quels sont tes auteurs favoris ?
Pierre Loti pour son écriture poétique, les auteurs russes, les grands « historiens » ou « conteurs » de leur époque : épopée de Gilgamesh, Homère, Mas’udi …
Combien de temps consacres-tu à l’écriture quotidiennement ?
Je n’écris pas tous les jours mais l’écriture m’habite en permanence. .J’écris par période et d’une manière intense.
Qu’est-ce qui t’aide à développer ton imagination ?
Je ne sais pas. Mais je lis beaucoup, je regarde de nombreux films, je fais beaucoup de rencontres. Voilà quelques pistes…
Pourrais-tu résumer ton style littéraire en un mot ?
Je préfère laisser le soin aux lecteurs de définir mon style littéraire.
Comment est née ta passion pour l’imaginaire ?
Elle me vient de mon enfance et de l’idée que je me faisais du monde. Finalement elle n’a pas beaucoup changé car je crois toujours en la magie !
As-tu trouvé ton propre style ou est-il inspiré de plusieurs auteurs que tu aimes ?
J’écris pour moi avant tout et j’espère que ma plume est reconnaissable. Toutefois, nous sommes tous le fruit de nos lectures…
Quel est ton personnage préféré tous genres littéraires confondus ?
Le mage candide et espiègle…
Un rêve littéraire ?
Ecrire une œuvre majeure de « Poetic-fantasy »
Quels sont tes projets pour la suite ?
Un roman de fantasy dans lequel se rencontreront l’orient et l’occident. En somme, la rencontre de Felden et de Merlin !

Sîn le poème de lumière (tome 3)


Le monde de Sîn a basculé dans une guerre sans merci. Quelle sera l’issue de cet ultime affrontement entre le verbe maléfique et le poème de lumière ? L’arbre de la poésie, garant de l’équilibre de Darna et de toutes les poésies qui y vivent, renaîtra-t-il du cœur des batailles? Les destinées de Ransâ, la Banat Nawfal et d’Imrou, le jeune Kindéri sont-elles déjà écrites ?

Le Poème de lumière clos la trilogie de Sîn, de la plus belle des manières. La plume de Noureddine Séoudi n’a rien perdu de sa verve ni de sa poésie. Combats et poésie s’alternent, et parfois se mêlent de la plus belle des façons dans cette histoire qui s’annonce épique dès le premier paragraphe.

Sans aucune fausse note, le lecteur sera confronté à la dernière phase de la guerre de l’arbre. Mais tout ne tient qu’à un fil. Comme dans le second tome, Imrou est séparé de ses amis et des Ningizidis. C’est le fil rouge de l’histoire. L’auteur sait manier le suspense qui tient le lecteur en haleine à chaque chapitre.
Si les personnages sont les mêmes, le lecteur les découvrira sous un autre jour : de fiers guerriers n’hésitant pas à mettre leur vie en péril pour sauvegarder l’équilibre du monde face à la Poésie Noire.
Ceux-ci transmettent par leurs actes et leurs paroles d’importantes valeurs : l’amitié, le courage, la volonté de suivre ses croyances malgré tout, la ténacité, et bien d’autres encore. Cet aspect didactique de la trilogie de Sîn me semble aussi présente qu’elle n’est qu’en filigrane.
Les descriptions sont délicates et de chaque personnage émane une poésie particulière qui crée une harmonie et une facilité de lecture. Le tout pour une lecture (trop) rapide de cet épique et palpitant dernier tome de cette trilogie.
Sîn le poème de lumière (T3).- Noureddine Séoudi.- Editions Atria.- 2012 (septembre).- 20€

Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi

Mathias est un jeune homme triste. Sa mère vient de décéder à l’hôpital. Quand il rentre chez lui avec sa famille, les ombres ont tout envahi, et essaient même de rentrer dans leurs cœurs.

Mais sur le parking de l’hôpital, Mathias fait une découverte qui va changer sa vie : un mystérieux géant qui va l’aider à supporter les ombres, et surtout l’absence de sa mère. Mais cet espoir de retrouver sa mère dans le monde du géant est-il vraiment sans danger ?
Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi est le premier roman de Mathias Malzieu, surtout connu pour être le chanteur du groupe français Dionysos. Les amateurs de ce groupe retrouverons d’ailleurs dans ce roman le style décalé propre à l’auteur.
A travers la tristesse de son histoire, l’auteur réussit à nous emmener dans son univers irréel et presque absurde, digne des films de Tim Burton. Des personnages ordinaires se mêlent à d’improbables alliés, comme le fameux Giant Jack (que l’on retrouve dans l’un de ses albums).
Plusieurs thèmes présents dans ce roman comme la mort, le deuil mais aussi l’amitié, sont traités avec sérieux mais dans une tonalité éminemment fantastique. Cela permet sans aucun doute d’apporter une vision moins abrupte de la réalité et d’aborder ces graves sujets avec un recul donné par la présence de ces petites touches décalées.
Si l’histoire est prenante, le style d’écriture est quant à lui court et incisif, et parfois absurde. Chaque mot écrit est comme un coup asséné par l’auteur dans l’esprit du lecteur. C’est comme un cri de désespoir sorti de la plume de Mathias Malzieu.
Le lecteur attentif pourra également ressentir une peur enfantine cachée derrière ces phrases courtes : celle de la disparition d’un parent proche et de l’inconnu qui arrive forcément après elle. Cette peur se retrouve tout au long du texte, par des tournures de phrases plus longues que les autres, ce qui pour moi accentue l’effet poignant de la lecture de ce roman.
La lecture de ce roman apporte beaucoup plus au lecteur qu’un long discours sur la mort de ceux que l’on aime et les meilleurs conseils pour l’appréhender.
Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi est un roman qui s’inscrit dans la digne lignée d’un Alice au pays des merveilles ou d’un film de Tim Burton. Mathias Malzieu mérite à être connu aussi pour son travail d’auteur.
Extrait :
« J’ai encore du mal à convoquer les beaux souvenirs, les autres me tombe dessus sans crier gare. (…) Les ombres continuent leur travail de sape. Elles me piquent les yeux et déversent des litres et des livres de souvenirs bien récents – les pires. »

Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi.- Mathias Malzieu.- Flammarion.- 2005.- 15€