Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi

Mathias est un jeune homme triste. Sa mère vient de décéder à l’hôpital. Quand il rentre chez lui avec sa famille, les ombres ont tout envahi, et essaient même de rentrer dans leurs cœurs.

Mais sur le parking de l’hôpital, Mathias fait une découverte qui va changer sa vie : un mystérieux géant qui va l’aider à supporter les ombres, et surtout l’absence de sa mère. Mais cet espoir de retrouver sa mère dans le monde du géant est-il vraiment sans danger ?
Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi est le premier roman de Mathias Malzieu, surtout connu pour être le chanteur du groupe français Dionysos. Les amateurs de ce groupe retrouverons d’ailleurs dans ce roman le style décalé propre à l’auteur.
A travers la tristesse de son histoire, l’auteur réussit à nous emmener dans son univers irréel et presque absurde, digne des films de Tim Burton. Des personnages ordinaires se mêlent à d’improbables alliés, comme le fameux Giant Jack (que l’on retrouve dans l’un de ses albums).
Plusieurs thèmes présents dans ce roman comme la mort, le deuil mais aussi l’amitié, sont traités avec sérieux mais dans une tonalité éminemment fantastique. Cela permet sans aucun doute d’apporter une vision moins abrupte de la réalité et d’aborder ces graves sujets avec un recul donné par la présence de ces petites touches décalées.
Si l’histoire est prenante, le style d’écriture est quant à lui court et incisif, et parfois absurde. Chaque mot écrit est comme un coup asséné par l’auteur dans l’esprit du lecteur. C’est comme un cri de désespoir sorti de la plume de Mathias Malzieu.
Le lecteur attentif pourra également ressentir une peur enfantine cachée derrière ces phrases courtes : celle de la disparition d’un parent proche et de l’inconnu qui arrive forcément après elle. Cette peur se retrouve tout au long du texte, par des tournures de phrases plus longues que les autres, ce qui pour moi accentue l’effet poignant de la lecture de ce roman.
La lecture de ce roman apporte beaucoup plus au lecteur qu’un long discours sur la mort de ceux que l’on aime et les meilleurs conseils pour l’appréhender.
Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi est un roman qui s’inscrit dans la digne lignée d’un Alice au pays des merveilles ou d’un film de Tim Burton. Mathias Malzieu mérite à être connu aussi pour son travail d’auteur.
Extrait :
« J’ai encore du mal à convoquer les beaux souvenirs, les autres me tombe dessus sans crier gare. (…) Les ombres continuent leur travail de sape. Elles me piquent les yeux et déversent des litres et des livres de souvenirs bien récents – les pires. »

Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi.- Mathias Malzieu.- Flammarion.- 2005.- 15€

Le bouclier obscur


Uther est un homme des plus ordinaires : informaticien, enseignant et agnostique convaincu. Il partage sa vie entre ses cours, la lecture de romans fantastiques et les jeux vidéos. Jusqu’au jour où il se retrouve confronté à un étrange virus informatique qui diffuse des images de plus en plus atroces.

Uther alors se retrouve embarqué dans des aventures plongeant de plus en plus profond dans un univers digne des romans fantastiques les plus sombres.


Qui ne connaît pas John Lang, le créateur du fameux univers de Naheulbeuk ? L’auteur nous dévoile dans Le Bouclier obscurune autre facette du chaos dont il a tiré son nom de plume.
Si vous vous attendiez à de l’humour, ce roman n’est pas pour vous. Sauf si vous l’appréciez noir et piquant, peut-être.
L’histoire s’enchaîne rapidement, et comporte quelques « interludes » coupant les actions les plus palpitantes. Deux avantages à cela selon moi : garder le suspens à la manière d’une page de publicité (en bien plus passionnant je vous rassure) et éclairer le lecteur petit à petit sur la suite de l’histoire.
La trame de fond semble si cohérente qu’on aurait presque envie de croire que cela pourrait arriver. Tout est mis en scène dans ce sens : le virus informatique, les confréries secrètes, des meurtres que les autorités font passer pour des actes terroristes… John Lang a vraiment pensé à tout.
Ce rôliste invétéré a su dans son roman dresser des descriptions précises de scènes variées, mais aussi de rituels. De la même manière, les dialogues sont naturels sans superflu, ce qui facilite la lecture et l’immersion du lecteur dans l’histoire.
Celui-ci aura d’ailleurs l’impression de sentir l’odeur des cadavres et d’entendre les gémissements de douleur des suppliciés.
Le Bouclier obscur est un roman à mettre entre les mains de lecteurs éclairés – et avertis. 

Le bouclier obscur.- John Lang.- 244 pages.- Editions Physalis.- 2012

T’as pas le niveau !

« Cher roadbook,
Voilà des années que j’essaie d’être un bon ménestrel. Ce n’est pas facile, y’a de la concurrence en terre de Fangh. Entre les guildes saltimbanques installées à Glargh, les elfes sylvains qui trichent à cause de leur charisme, les faux chanteurs qui se font trafiquer la voix magiquement… Bref, la vie n’est pas facile pour un ménestrel honnête. J’ai besoin d’un public, moi. »


Quel étrange petit objet que ce Roadbook de ménestrel… En feuilletant ses pages, vous pourrez suivre les tribulations de Lunoval, demi-elfe de son état, dans son enquête sur un groupe apparemment très connu en terre de Fangh : le Naheulband.
Durant son périple, il aura l’occasion de rencontrer ces nouvelles stars du pays. Gagnera-t-il des XP ? Aura-t-il à combattre des orcs, des dragons ou même pire : des poulets ?
Enfin un nouvel opus du Naheulband après beaucoup d’attente ! Bon d’accord, il y a eu moult morceaux publiés sur le site mais quand même ! T’as pas le niveau ! est un bel objet mêlant un périple à la sauce POC et de la musique rôlistico-chaotique.
Se présentant sous la forme d’un carnet de route de plus de quarante pages, on peut y retrouver, en plus des paroles de chansons, les membres du groupe, et plusieurs informations (à caractère commercial ou non) des produits de la belle terre de Fangh.
Des nains, des elfes, des barbares et des trolls ! Lunoval a rencontré toutes ces créatures, parfois au péril de sa vie, pour votre plus grand plaisir ! T’as pas le niveau ! est un bon moyen pour découvrir ou redécouvrir, et même faire découvrir l’univers de POC dans son ensemble !

A conseiller d’urgence aux fans, apprentis ménestrels, rôlistes ou simples amateurs de musique qui ne se prend pas au sérieux.

T’as pas le niveau.- POC & co.- 43 pages (+ le CD et une carte poulet)

Des livres pour l’été !

C’est l’été ! Enfin pas dans toute la France… Dans tous les cas, voici venir le temps des valises à faire pour partir en vacances. Et comme tous les amateurs de lecture… un des sacs contiendra bien entendu au minimum une dizaine de livres ! Vous êtes amateurs des littératures de l’imaginaire, et vous ne savez pas comment remplir votre sac ? Cet article est là pour vous aider ! Voici une sélection de quelques livres à emmener avec soi cet été.



Druide, Olivier Péru
Une enquête, de l’heroïc-fantasy dans toute sa beauté. Le Pacte Ancien régissant les rapports des royaumes ont été bafouées : la forêt a été violée ! Suivez les pérégrinations d’Obrigan et des druides pour traquer les fils du Rôdeur à travers tous les bois sacrés… De l’aventure à chaque chapitre dans lesquels l’auteur sait renouveler le suspens !

Bilbo le Hobbit, Tolkien
Sûrement LE classique de la fantasy ! Bien plus facile à lire que Le Seigneur des Anneaux, ce roman raconte les aventures de l’oncle de Frodon Sacquet… Vous apprendrez ainsi comment il est entré en possession du fameux anneau !
Avec humour, Tolkien mêle aventure et poésie dans ce roman court et prenant.
Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi, Mathias Malzieu
Je n’ai encore jamais parlé de Mathias Malzieu sur mon blog. C’est pourtant l’un de mes auteurs favoris, et la faute sera réparée sous peu, c’est promis ! Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi est un roman que l’on pourrait presque qualifier d’autobiographique. Je dis « presque », car le personnage principal se retrouve confronté à un monde qu’il était bien loin de soupçonner !

DreamworldSire Cédric
Un recueil de nouvelles fantastiques où l’horreur côtoie le Beau. Un savant mélange à savourer pour les amateurs de nouvelles dans lesquelles la poésie n’est jamais bien loin, et où les créatures de l’ombre vous surveillent…
Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire, Jonas Jonasson
Le jour de ses cent ans, Allan décide de fuguer pour vivre de nouvelles aventures. Le voilà embarqué dans une aventure qui dépasse l’entendement. L’homme qui a côtoyé les plus grands hommes du Xxème siècle se retrouve poursuivi pour meurtre…
Un bon roman de voyage à la sauce Paasilinna ! Ce n’est certes pas du fantastique mais, ayant apprécié cette lecture, je pense que ce roman mérite qu’on y prête attention !



L’Enfant du cimetièrePierre Brulhet
Que dites-vous d’un petit conte fantastique dans lequel un jeune garçon vit parmi les fantômes ? Si l’histoire est rapide à lire, elle n’en est pas moins prenante. S’il est destiné à la jeunesse, il ravira également les adultes amateurs de contes.






Le lièvre de Vatanen, Arto Paasilinna
Aussi connu que Petits suicides entre amis, ce roman est bien plus poétique. Il s’agit des aventures d’un homme qui manque de percuter un jeune lièvre avec sa voiture. Bouleversé, il décide de quitter son quotidien monotone pour retourner à la nature. Le lièvre de Vatanen est vraiment un livre touchant qui fera fondre les cœurs les plus endurcis. Un hymne au respect de la nature et d’autrui.
Baroque’n’RollAnthelme Hauchecorne
Un recueil de nouvelles drôles et acides. Vous pourrez y trouver une quinzaine de nouvelles traitant de sujets d’actualité avec une note – souvent forte – de fantastique. Baroque’n’Roll est un recueil parfait pour ceux qui ont tout de même envie réfléchir tout avec humour.
Le puits des mémoires, Gabriel Katz
Trois hommes se réveillent en pleine montagne. Ils ne savent pas pourquoi et ne se rappellent de rien. S’en suivent nombre de péripéties desquelles nos trois héros devront sortir vivants et échapper au Fils de la Lune et à ses sbires qui les poursuivent sans qu’ils en sachent la raison.
De la bonne fantasy classique comme on aime !



J’espère que ce petit article vous aura été profitable, lisez bien !

Fissures

Étrange, morcelée, craquelée, notre réalité se délite et nous entraîne dans son sillage. Les certitudes vacillent, les idéaux s’estompent et l’on contemple les fissures de ce monde que l’on croyait inébranlable. Il est plus tard que vous ne pensez, votre quotidien a déjà basculé.
Hiroshima : des rêves devenus réalité.
New-York : la dramatique attente d’un père confronté au coma de son fils unique. 
Londres : devenir trader, une revanche sociale ?
Londres again : une enquête qui ouvre de nouvelles perspectives.
Dunkerque : et si le carnaval révélait l’âme véritable d’une ville ?
Sauver ce monde… Ou l’accepter ?
Au fil de quinze récits, Jess Kaan vous convie à partager son univers, ses peurs, ses espoirs aussi… 
Venez.

Le recueil commence fort avec une nouvelle assez courte sortie tout droit d’un imaginaire digne de Lewis Carroll. La manière dont le fantastique s’intègre dans la réalité (parfois dure) du quotidien des personnages est tellement fluide qu’elle en paraît presque naturelle.
L’auteur, originaire du Nord, rend un bel hommage aux traditions de sa région à travers plusieurs coutumes : les carnavals des Flandres, les maisons d’auteurs… Tout est véridique et témoigne à la fois d’un vécu et de recherches approfondies sur le sujet.
Les protagonistes sont variés et permettent au lecteur de parfois s’identifier à leur caractère. Tous semblent incarner une humeur particulière : la colère, l’avarice, l’ambition, la luxure… C’est un véritable panel de la psychologie humaine que l’auteur nous dévoile à travers ces quinze nouvelles.
Dans Fissures, Jess Kaan revisite nombre de mythes et légendes de tous horizons : de Midas aux contes du petit peuple en passant par Lovecraft.
C’est sur ce point que le titre prend tout son sens : le réel s’altère et ouvre des portes menant à d’autres réalités dans lesquelles l’imaginaire est tangible.
Amis lecteurs, retrouvez donc dans ce recueil nombres de fantômes, animaux maléfiques, mages et autres zombies pour votre plus grand plaisir !
Ces quinze nouvelles sont en définitive -trop- rapides à lire ! Le style de l’auteur, direct et parfois incisif, a tout pour plaire et colle parfaitement à l’exercice parfois complexe de la nouvelle.
Jess Kaan accomplit avec Fissures l’exercice fastidieux de renouer avec la tradition du fantastique « classique » tout en y ajoutant une touche de modernité totalement personnelle.
Un très bon travail d’auteur en somme.

Fissures.- Jess Kaan.- Mai 2012.- 7€30.- Ed Lokomodo

Sex, drugs & Rock’n’Dole

C’est un évènement dans la petite ville de Dole : Edie, l’égérie de la scène gothique est en concert avec son groupe. Elle a tout renié pour connaître la gloire, même son âme. Après un retard de plusieurs heures, les premières notes retentissent dans la salle. Mais un phénomène étrange se produit : la foule en liesse se trouve plongée dans une transe fiévreuse. Les corps se mêlent, et tous les spectateurs adoptent un comportement étrange. Le lendemain, tous les médias se déchaînent sur l’évènement  Edie a disparu, et toutes les personnes, musiciens compris, n’ont aucun souvenir de la soirée écoulée.

Sauront-ils retrouver Edie ? Et même, retrouver simplement leurs souvenirs ?

Amis lecteurs, laissez-vous mener dans cette histoire à travers différents personnages : Edie bien sûr, mais aussi un membre de son groupe, des spectateurs, des roadies et même des motards.

Chacun possède des bribes de souvenirs de la soirée. C’est sur cette idée que l’auteur a construit ce récit, en morcelant l’histoire en épisodes. Cette construction, ingénieuse, garde le lecteur en haleine jusqu’au bout du texte et à continuer sa lecture à la fin de chaque paragraphe.
Jean-Pierre Favard nous apporte ici un récit prenant dans lequel le fantastique est savamment distillé. A travers un livre plus précisément, qu’Edie reçoit d’un mystérieux admirateur belge. S’en suit la description d’un rituel magique complexe et son but : la célébrité.
Mais la recherche de la célébrité a une contre-partie : un marché avec le diable et la perte de son âme. Edie va-t-elle rentrer dans le club très fermé des « morts à vingt-sept ans » ?
Sex, drugs & Rock’n’Dole est un bon roman d’un auteur à ne pas laisser passer.

Sex, drugs & Rock’n’Dole.- Jean-Pierre Favard.- 143 pages.- Ed. La Clef d’Argent.- 12€

Les aventures fantastiques d’Hercule Barfuss

Par une sombre et froide nuit de l’hiver 1813, le Destin joue à un jeu cruel. Dans une maison de passe, deux enfants naissent en même temps. Henriette, une petite fille belle et saine, et Hercule, un petit monstre difforme. Ils grandiront ensemble dans la relative sécurité de la maison de Madame Schall. Hercule, sourd et muet de naissance, est doté d’un pouvoir extraordinaire : il lit dans les pensées.
Mais cela ne pouvait pas durer. Suite à une série d’incidents révélant son existence, Hercule est arrêté et enfermé dans un asile, puis libéré et admis dans un couvent. Tout se complique dès son voyage à Rome durant lequel il sera dénoncé comme créature du Malin. S’en suivra alors une fuite continuelle à la recherche d’un bonheur perdu… Retrouvera-t-il son Henriette chérie ?

Les aventures fantastiques d’Hercule Barfuss s’inscrit dans la lignée des feuilletons du 19ème siècle. Entre la satyre sociale et le roman d’aventures, l’auteur dresse aussi une réflexion sur la perception du monde, mais également sur la « normalité » de l’humanité.
Le réalisme avec lequel est racontée l’histoire est prenant : les lieux existent réellement, par exemple pour Martha’s Vineyard,qui a réellement été la première communauté américaine de sourds.
Il en va de même pour les personnages : toute l’ambiguïté du genre humain est rendue dans les pages de ce roman. L’exemple le plus évident est le protagoniste, Hercule Barfuss. Rejeté, craint et même haï et persécuté par l’église à cause de son physique difforme, le lecteur ne pourra ressentir qu’empathie pour cet être avec lequel la nature n’a pas été tendre. Néanmoins, il pourra être saisi d’effroi quand il apprendra les actes commis à l’aide de son pouvoir.
Il est donc difficile dans ce roman d’aimer ou de détester totalement les personnages : tous ont des qualités indéniables mais également des travers bien visibles. Un bel exemple de réalisme.
Mais le fantastique n’est pas totalement absent des Aventures fantastiques d’Hercule Barfuss. Il est télépathe. Cette dimension imaginaire n’est toutefois pas dénuée de fondement : on en revient à toute la réflexion sur la parole et l’importance somme toute relative des mots par rapport aux idées.
J’ai apprécié cette lecture et la recommande à tous les amateurs de feuilleton, mais également pour ceux que la religion et en particulier l’Inquisition intéresse… 

Les aventures fantastiques d’Hercule Barfuss.- Carl-Johan Vallgren.- 2010.- Ed livre de poche.- 7€60

L’Enfant du cimetière

Yoann n’est pas à proprement parler un « enfant trouvé». Il a, certes, été abandonné par sa mère dans un cimetière, mais a été recueilli par ses occupants nocturnes, les Esprits. Tout va bien dans le meilleur des mondes : Yoann tombe même amoureux d’Ora, le spectre d’une petite fille de douze ans aux épais cheveux et aux grands yeux noirs de jais. Mais une menace plane sur la vie paisible du cimetière : un agrandissement est prévu, ce qui inclut le déplacement des tombes de ses plus anciens occupants.
Yoann est découvert et emmené de force dans un orphelinat. Aidé d’Ora, parviendra-t-il à s’échapper et à sauver le cimetière où il a toujours vécu ?

L’Enfant du cimetière est un conte gothique. Ici pas de macabre mais le récit fantastique d’un jeune garçon vivant parmi les Esprits au beau milieu d’un cimetière ! Toutes les caractéristiques du conte sont reprises dans cette histoire : un héros, une histoire d’amour, un complot et même une malédiction menaçant les esprits rebelles ! De quoi promettre une lecture palpitante.
Si la trame du conte est connue, l’histoire est en revanche originale. Durant la lecture, je n’ai pas cessé de penser que l’univers dessiné par l’écrivain est semblable à celui de Tim Burton.
L’intemporalité de l’Enfant du cimetière est une autre caractéristique du conte. L’époque non définie donne au lecteur tout le loisir d’imaginer celle qui l’attire le plus. Pour moi, cela a été le XIXème siècle, période durant laquelle nombre d’écrits à propos d’orphelins ont vu le jour.
Il s’agit d’une histoire courte, trop peut-être. Chaque chapitre est clos par un dessin représentant un élément mis en exergue. J’aurais trouvé approprié la présence d’une carte représentant le cimetière, ce qui aurait été un plus pour l’histoire. Cela aurait permis aux jeunes lecteurs de se représenter les lieux avec peut-être plus de facilité.
Mais c’est, je pense, le seul « reproche » que l’on puisse faire à ce livre.
Amateurs de contes, procurez-vous l’Enfant du cimetière au plus vite.

L’enfant du cimetière.- Pierre Brulhet.- 2010.- Ed Juste pour lire.- 12€

Sur la piste des dragons oubliés (premier carnet)


Ce Carnet contient mes notes et les croquis accumulés lors d’un long voyage aux confins des terres de Bretagne, d’Irlande et d’Ecosse.
« Sur la piste des dragons oubliés »
Il est précieux, prenez-en soin.
E.B.M.

Lecteur, ce que vous tenez entre vos mains est une reproduction véritable du carnet original d’Elian Black Mor, le célèbre chasseur de dragons. Vous trouverez nombre de découvertes qui ont motivé ses voyages à travers les terres celtes : Bretagne, Irlande et Ecosse à la poursuite de dragons perdus dans le temps.

Il a réusi à le prouver : les dragons existent bel et bien. Vous le découvrirez en feuilletant les pages chargées de souvenirs récoltés ici et là : tickets d’entrée pour un spectacle où vous pouviez voir un vrai dragon, notes écrites avec rapidité relatant les réflexion de l’auteur et même des coupures de journaux relatant un fait exceptionnel !
Préparez-vous à frissonner à chaque page : qui sait ce que la suivante vous réserve ! Laissez-vous emporter par la lecture de ce carnet et peut-être partirez-vous vous-même à la recherche des dragons !
Quand on ouvre Sur la piste des dragons oubliés, c’est avant tout un carnet de voyage qu’on lit. L’attention portée à la qualité graphique et textuelle de cet ouvrage est merveilleuse : chaque élément est à sa place, de telle manière que le lecteur sera bluffé et sera poussé à se demander plusieurs fois s’il s’agit oui ou non d’un réel carnet.
Les illustrations sont toutes plus belles les unes que les autres : que ce soit celles en couleur dignes des plus beaux tableaux, ou les simples croquis pourtant réalisés par le dessinateur hors-pair qu’est l’auteur. Toutes les peintures recèlent une touche de magie qui rend ces créatures tellement vivantes que s’en est presque douloureux.
Ce premier carnet ouvre une série tous plus beaux les uns que les autres. N’hésitez surtout pas à succomber à l’appel de ces majestueuses créatures ailées. Mais surtout n’oubliez pas :
« Qui trop combat le Dragon devient Dragon lui-même. »


Sur la piste des dragons Oubliés.- Elan Black Mor.- Ed Au bord des continents.- 23€ 
Le site de l’auteur…

L’extravagant voyage du jeune et talentueux T.S. Spivet

Tecumesh Sansonnet (TS pour les intimes) Spivet est surdoué. A tel point que le Smithonian, intéressé par ses travaux, le convoquent à Washington pour recevoir le prestigieux prix Baird récompensant nombreux dessins et cartes. Tout va bien dans le meilleur des mondes donc.
Mais TS Spivet est confronté à un problème majeur pour recevoir son prix. Il n’a que douze ans ! Passionné par la cartographie, il dessine et recense tout ce qu’il voit, jusqu’au schéma d’un épis de maïs en train d’être décortiqué par sa sœur.

Méticuleux, observateur, TS Spivet semble être un enfant calme et réfléchit. Au grand désespoir de ses parents et surtout de son père qui ignorent sa double vie scientifique. Car oui, personne n’est au courant de l’immense talent de T.S, bafoué par son professeur. Son seul appui provient d’un ami de sa mère qui l’aide à développer ses talents.

Après un refus, T.S Spivet décide de tenter sa chance. Le voilà embarqué dans un périple à travers les États-Unis dans un train de marchandises où il fait de d’étonnantes rencontres et fait de surprenantes découverte sur la vie « nomade ». Mais ce périple n’est qu’une étape, il devra ensuite affronter des situations qui paraîtront cocasses au lecteur : l’étonnement des responsables du Smithonianpar exemple…



La couverture de ce livre avait retenu mon attention : colorée et emplie de dessins. Cela donne une première idée de ce que le lecteur trouvera dedans. Un beau travail des éditions du Livre de Poche il faut l’avouer. Le titre lui-même « résonne exotique » comme un récit de voyage de la fin du 19ème siècle. Une annonce au dépaysement donc.

L’histoire est réellement à la hauteur de cette attente : la plus grande partie du récit est dédiée au voyage. La narration à la première personne montre à quel point le monde peut être grand, surtout du point de vue d’un enfant. C’est donc un véritable récit initiatique qui se dessine sous le stylo du narrateur, pour le plus grand plaisir des amateurs du genre.
A l’instar de la tendance du narrateur à la précision, tout est décrit avec minutie : les paysages, les gens et jusqu’à leurs propos, ce qui pourrait gêner certains lecteur amateurs de textes presque épurés de descriptions.

Certes, la fin est un peu attendue… le contraire eut été étonnant. Mais cette chute passe relativement inaperçue face à l’intensité du livre en lui même.

Ce qui a été le plus significatif pour moi se retrouve dans la mise en page de cet ouvrage : la présence d’un important paratexte. Tous les blancs de chaque page sont copieusement remplis de schémas et d’annotations du texte principal. Cela renforce l’aspect « carnet de voyage » qui est des plus réussis.
Dernier fait original : l’encre utilisée est marron. C’est un détail, mais j’ai trouvé la lecture beaucoup plus agréable avec cette beaucoup plus douce.
Un livre que je recommande vivement aux amateurs de récits de voyage ! C’est un livre qui me tient particulièrement à coeur et que je relis toujours avec plaisir

L’extravagant voyage du jeune et talentueux T.S. Spivet.- Reif LARSEN.- Ed Livre de Poche.- Juin 2011.- 7€60