Saisons Païennes

 Les fêtes païennes se succèdent au rythme lent de la roue de l’année. Les rites se suivent, de l’éclosion de la Nature à la saison sombre, en passant par la maturité et l’abondance – puis la venue de ce miracle sans cesse répété : le renouveau. Aujourd’hui encore, ces agapes nous parlent des ravages des tempêtes et des frimas, de la peur de la Nuit, de l’émerveillement face à la Vie, de la passion charnelle qui réchauffe les âmes aussi bien que les corps.

Tout le monde connaît les grandes dates du calendrier païen… Mais pas leurs noms réel. Avec ces huit nouvelles et les styles particuliers à chaque auteur, vous en apprendrez beaucoup sur les fêtes se Samain, Beltane, Imbolc et Lugnasad. 
Je me suis laissée emporter par la plume des huit enfants de Walpurgis qui ont puisé dans leur connaissances des traditions anciennes, mais aussi dans leur imagination sans limites pour nous offrir des histoires très différentes, mais toutes originales et prenantes. 

~ Les danses de Samain, Céline Guillaume ~

Une jeune femme est considérée comme une sorcière. Un jour, elle sauve le pieux héritier du comté des griffes de la mort et tombe amoureuse de lui… Jusqu’au jour où celui-ci se marie… Tout bascule pour la jeune fille.
Les danses de Samain est vraiment un texte très poétique. Céline Guillaume est passée maître dans l’art de faire passer un message avec beaucoup de douceur et de finesse. On passe le seuil de l’hiver sans même s’en rendre compte.

~ Noces sanguines au coeur des ténèbres, Marianne Stern ~

Au coeur de la Laponie se prépare une fête pas comme les autres. Jaska, parti pour offrir sa couronne de houx à la dame de son coeur se retrouve plongé dans un cauchemar éveillé. S’en sortira-t-il ?
Un bon texte un peu plus dur que le précédent. La transition est un peu rude, mais cela reste une belle histoire sur les apparences.
~ L’Étincelle en moi, Vanessa Terral ~

Une jeune fille traverse les années tant bien que mal en tant que danseuse de cabaret. Mais tout le temps, quelqu’un la poursuit. En plus, l’ange qui est en elle a de plus en plus de mal à rester tranquille. Car Helena est Nephilim… 
J’ai été intriguée en lisant cette nouvelle de Vanessa Terral, et je pense qu’inconsciemment j’espérais trouver quelque chose de son roman… J’ai eu le nez ! Ce récit se déroule avant le début de L’aube de la guerrière
~ Éclosion, Angélique Ferreira ~

Une jeune femme gravement malade insiste pour revenir chez elle contre l’avis de ses médecins. Sorcière, il lui revient d’accomplir le rituel d’Ostara, l’éveil du printemps. La Déesse la sauvera-t-elle ?
Éclosion est vraiment un texte touchant, peut-être celui véhiculant le plus de sensibilité. Je ne pense pas qu’il soit possible de ne rien ressentir à la lecture de ce texte… 🙂

~ Pour que l’histoire s’achève, Stéphane Soutoul ~

Sellina descend d’une longue lignée de druides. Mais elle a choisi de couper les ponts, de renier son héritage. Mais rien ne va plus dans sa vie depuis un moment. Stérile, elle craint que son compagnon ne s’éloigne d’elle. Cerise sur le gâteau, d’étranges rêves viennent la visiter. Prise d’une impulsion soudaine, elle se retire dans une cabane perdue dans les montagnes, propriété de sa famille. C’est là-bas que, peut-être, se trouve la solution à ses problèmes.
La nouvelle du seule homme du collectif ! L’érotisme s’y mêle au fantastique dans un mélange assez fluide au final. 
~ Solstice fatal, Bettina Nordet ~

D’un côté une sorcière belle comme le jour mais au coeur aussi noir que la nuit. De l’autre, la cible. Céleste, sa cousine. Aveuglée par sa quête de pouvoir, ira-t-elle jusqu’à sacrifier quelqu’un de son sang ? La fin justifie-t-elle toujours les moyens ?
Le lecteur restera impuissant devant tant de cruauté. Mais rassurez-vous, la fin se déroule bien et le texte est plaisant à lire.

~ Ce qui nous lie, Cécile Guillot ~

La veille de son mariage, Dorine, héritière d’une lignée de sorcières rencontre un spectre. Une jeune femme désespérée de ne pouvoir offrir le repos éternel à son bébé. Dorine trouvera-t-elle la solution à ce problème ? Cela mettra-t-il en péril son mariage ?
Comme pour Vanessa Terral, ce texte constitue une “préquelle” au premier tome de la Fille d’Hécate. Une nouvelle bien (trop) courte !

~ L’Offrande de l’été, Ambre Dubois ~

C’est une véritable crise au royaume de la lumière: l’anneau de passation de pouvoir entre la lumière et la nuit a été volée par un humain. En échange, celui-ci réclame comme épouse la sublime suivante de la reine de la lumière. Le Roi des ombres accédera-t-il à sa demande ? 
Une nouvelle fantasy qui termine en beauté ce recueil très bien écrit. Je n’avais jamais lu d’autre ouvrage d’Ambre Dubois, et je pense recommencer dès que possible !

J’ai apprécié ces voyages dans des styles très différents mais toutes suivant le fil rouge donné pour ce recueil très réussi. 

Les adversaires



Tous les 372 ans, sept entités appartenant aux Ordres angéliques et aux légions démoniaques s’affrontent dans un combat mortel, le tout à l’abri des regards des mortels. Jusqu’à ce jour où Ayati surprend un étrange combat dans un terrain vague où deux personnes s’affrontent à coup d’épées lumineuses… Sans le savoir, elle se retrouve embarquée dans une histoire qui dépasse l’entendement et dans laquelle elle est destinée, alliée à l’un de ses amis de classe, à accomplir des choses extraordinaires. Survivra-t-elle à ce combat mortel ?

Young adult… Je n’ai pas l’habitude de lire ce genre de romans qui m’évoquent des histoires d’amour entre deux adolescents qui à la base se détestaient, le tout dans un univers plus ou moins fantasy. Pas du tout mon truc. Mais le roman Les Adversaires m’a étonnée par plusieurs aspects.
Le style de l’auteur d’abord. Je n’ai jamais eu l’occasion de lire ses romans, mais son écriture est rapide et prenante. Les dialogues me semblent quant à eux moins travaillés que le reste du texte, mais également inadaptés aux personnages par moments.
Mais c’est bien la seule chose qu’on pourrait reprocher à ce texte.
Les chapitres sont relativement courts, une caractéristiques des romans jeunesse. Cela permet à l’auteur de passer rapidement d’un camp à un autre pour permettre de garder le lecteur en haleine, mais aussi pour préserver un certain suspens.
Le clivage entre les anges et les démons, un tournoi dont un seul candidat sortira vainqueur… Autant de sujets déjà maintes fois utilisés. Mais pas comme dans Les Adversaires. L’originalité de ce roman tient dans la conjugaison des de ces deux idées.
De plus, le fond de l’histoire est bien fourni : le lecteur pourra ressentir les recherche qu’a effectué Fabien Clavel à propos des deux camps : les anges et les démons.
Mais comment savoir où s’arrête la réalité, et où commence la fiction ? Seule votre imagination vous le dira !

Les adversaires.- Fabien Clavel.- Ed Le pré aux clercs.- 2012

Le Manoir aux esprits


Armand Lombre est architecte. Son existence bien tranquille va être chamboulée par un héritage inattendu : un manoir normand en ruine. Pourtant aucun lien de parenté ne le rattache à cette demeure. Qui est donc cet étrange notaire ?
Qui sont ses « ancêtres » qui ont habité dans ce manoir ? Que cherchent à lui dire ses murs ? Mais est-il vraiment ce qu’il croit être ?

Second roman de Pierre Brulhet après L’Enfant du cimetière, le Manoir aux esprits est destiné à un public plus âgé. L’histoire est facilement immersive, et la quête des reliques aux quatre coins du monde donne à ce roman un côté aventureux qui plaira au plus grand nombre.
Les éléments fantastiques sont distillés aux moments propices, ce qui permet de tenir le lecteur en alerte. Le texte alterne entre le quotidien d’abord monotone puis atypique d’Armand et des bonds dans le passé qui font progresser le lecteur dans l’intrigue. Ces récits de vie constituent la force de ce récit.
Armand n’est pas mon personnage préféré. D’abord plongé dans un quotidien monotone, il devient avec la découverte de richesses hautain et distant avec tout. Mais il redevient l’homme angoissé qu’il était au début lorsque commence sa quête. Tant mieux.
Le genre fantastique est quant à lui bien manié : le lecteur frémira en même temps que nos deux personnages devant les manifestations surnaturelles, pour son plus grand plaisir ! Les descriptions sont telles qu’elles donnent de la beauté à des actes horribles. 🙂
Le manoir aux esprits est un bon roman, même si j’ai de loin préféré L’enfant du cimetière. Il a beau être fantastique, il manque cette note de magie qui étincelait les aventures de Yoann.

Le manoir aux esprits.- Pierre Brulhet.- Ed Juste pour lire.- 2011

L’extrait qui fait envie… N°3

Je ne l’ai pas fait la semaine dernière suite à un empêchement… Mais l’extrait qui fait envie est de retour. 🙂

L’extrait (assez court je dois l’avouer) provient du livre Le manoir aux esprits écrit par Pierre Brulhet.

Nina lut les mots d’un trait. Puis ses yeux fixèrent le vide et elle déchira un morceau de la lettre. Elle regarda le bout de papier et se le mit dans sa bouche. Elle mâcha et avala. La none recommença. Ses lèvres étaient tachées d’encre noire. Soudain, sa main se crispa. La lettre se froissa entre ses doigts. Elle toussa violemment et fut prise de violentes douleurs à l’estomac. Elle se serra le ventre et vomit tout son repas du soir sur ses pieds. La douleur était insupportable. Nina se leva et vomit encore. Du sang. L’encre ou le papier était empoisonné. Sa vue devenait trouble. Elle voulait faire un pas en avant, mais dut y renoncer.

J’espère que cet extrait vous a plu. 🙂

Sohl, L’oeil et le poing – T1


Une arme ancestrale
Une menace en sommeil
Quelle est la raison qui pousse Herlann Oeil-Sombre à lancer un simple barde aux trousses des ravisseurs de sa fille ?
Et qui est Gray, ce mystérieux sorcier qui fait vaciller l’avenir du Royaume de Sohl ?
Entre manipulations, trahisons et faux-semblants, des ruelles sombres de Tiramar au glacial Royaume du Nord, suivez une poignée de héros luttant contre les méandres de leur destin. 


J’ai vu plusieurs fois cette superbe couverture en librairie sans l’acheter. J’ai craqué au salon fantastique lorsque j’en ai entendu parler. J’ai bien fait de me laisser tenter. La trame narrative, si elle peut paraître classique (« la jeune fille d’un riche personnage a été enlevée, allez la chercher ! »), se ramifie en plusieurs récits faisant voyager le lecteur à travers les époques. Sans le perdre dans les froids couloirs du temps malgré tout.
La lecture de l’histoire est tellement fluide et prenante que je suis arrivée au bout du texte sans m’en apercevoir. Je me suis prise dans les aventures de Lorne, Lhèm et les autres personnages au point d’entendre les cliquetis des armures et le bruits des mystérieuses créatures dans les bois.
L’auteur écrit de manière très descriptives, ce qui permet de visualiser de manière près précise les paysages naissant sous sa plume. Néanmoins, je pense que certaines scènes et plusieurs détails auraient qui auraient mérité un plus ample développement se sont trouvés vite éclipsés à peine ébauchés. Je pense par exemple aux mystérieuses créatures appartenant au folklore Sohlien.
L’œil et le poing n’est pas un roman exempt d’humour. Celui-ci est présent par petites touches savamment distillées dans les chapitres. Il s’agit souvent de petits bouts de phrases : des créatures soit-disant fantastiques dans un monde où les dragons sont maîtres par exemple. L’humour donne une aura de réalité au récit. Il est souvent employé pour désamorcer une situation tendue par la peur ou la colère. C’est aussi ce qui rend les personnages plus humains, à mon sens.
On pourra regretter des passages peu clairs où il devient difficile de se repérer. Mais rassurez-vous, c’est rare dans l’histoire. Malgré ce détail, l’auteur a su ménager le suspens et le lecteur parviendra à la fin du texte sans aucun temps-mort dans l’intérêt de l’histoire.
Amateurs de combats, de dragons et de magie, procurez vous L’œil et le poing au plus vite !

Sohl, L’Oeil et le poing (T1).- Julien d’Hem.- Ed Asgard.- 2012

S’il y avait dix livres…

Sera consacré cette semaine aux sagas que j’ai le plus appréciées 🙂





~ La légende de Drizzt, R.A. Salvatore ~

    

(il y a 12 tomes, je n’ai mis que les trois premiers 😉

~ Le Puits des mémoires, G. Katz ~ 


  


~ L’Assassin Royal, R. Hobb ~



  


~ Le Seigneur des anneaux, J.R.R. Tolkien ~
    


~ L’Agent des ombres, M. Robert ~

    



~ La trilogie des elfes, J.L. Fetjaine ~



~ La trilogie des Avatars ~










~ Sîn, N. Séoudi ~

    

~ Harry Potter, J.K. Rowling ~

    



~ Les dames du lac, M.Z. Bradley ~


  



Et voilà ! 🙂

Le sang d’immortalité


Londres, fin du XIXème siècle. La capitale du Royaume-Uni est infestée de vampires. Mais depuis quelques temps, la donne a changé : les chasseurs sont devenus les traqués ! Quelque chose ou quelqu’un les assassine juste après l’aube alors qu’ils prennent du repos. Mr Asher est un éminemment universitaire officiant à Oxford. Sa vie est calme, il la passe aux côtés de la belle Lydia qu’il aime passionnément. C’est alors qu’un soir il reçoit la visite d’un mystérieux Don Ysidro, vieux vampire espagnol qui va le charger d’une enquête concernant la mort de ses semblables.
Asher se retrouve bien malgré lui obligé de mettre ses talents d’enquêteurs pour retrouver le meurtrier des créatures suceuses de sang.

Les romans de vampires sont légion de nos jours. Ils mettent en scène des adolescentes éprises de jeunes hommes mystérieux, ou bien les déboires amoureux de tout aussi jeunes vampires richissimes. Ce n’est pas le cas de celui-ci. Rares aujourd’hui sont les romans à se dérouler à l’époque victorienne.
J’apprécie les mélanges de genre, lorsqu’ils sont bien faits. Dans le Sang d’immortalité, le polar nous entraîne parfois malgré nous. Les légères touches fantastiques sont élégamment distillées en suivant le ton donné par l’enquête.
Passons maintenant aux créatures phares de cette histoire: les vampires. Comme dit plus haut, il s’agit d’un réel « retour aux sources » du vampirisme, celui d’Anne Rice mais surtout de Bram Stocker. Rien à voir donc aux ténébreux jeunes adolescents de Twilight… Cela donne à l’histoire une patine d’authenticité littéraire très difficile à trouver de nos jours dans les romans vampiriques.
Je trouve l’idée de faire des vampires des proies très bonne : cela sort le lecteur de sa passivité d’esprit et de sa gangue intellectuelle dans laquelle la littérature fantastique depuis le XIXe siècle l’a enfermée. Cela m’a intriguée, certes cela peut être une bonne idée pour un roman à l’histoire totalement ratée par la suite, mais là, le pari est réussi.
C’est un roman fantastique qui s’inscrit dans la directe lignée de Bram Stocker et Anne Rice, de ceux qu’il faut avoir dans sa bibliothèque vampirique !
Attention ! Pour notre plus grand plaisir, Le sang d’immortalité a été réédité aux éditions Mnemos !
Le Sang d’immortalité.- Barbara Hambly.- Ed Pocket (1994).- Ed Mnémos 2010, coll Icares