Interview : Anthelme Hauchecorne

« DE L’ECTOPLASME DE MOTS MORTS. »
UN ENTRETIEN MAL ENTRETENU AVEC ANTHELME HAUCHECORNE
(CONTEUR D’HISTOIRES DÉBILES POUR LECTEURS MÉCHANTS)
REALISÉ PAR MATHILDA PRZYMENSKA


1 – Ton entourage t’inspire-t-il lorsque tu écris ?

Absolument. Surtout les araignées, les cancrelats et autres colocataires rampants qui peuplent le garage où j’ai aménagé mon bureau. L’environnement importe tant en matière d’écriture. Le mien se compose d’une bibliothèque aux volumes poussiéreux et d’une accumulation de tasses de café froid, dont le contenu vaseux nourrit toute une faune lilliputienne.
J’aime la vie. Au point de lui consacrer une partie de mon espace de travail. Le spectacle d’une larve de moustique nageant la brasse recèle une candeur quasi enfantine.
Il y a quelque chose de très humain, chez les insectes. Leur vitesse de reproduction, peut-être. Ou leur obsession à coloniser le moindre centimètre carré d’espace, à grignoter la moindre miette de bectance. Je m’inspire d’eux pour mes personnages.


2- Quels sont tes auteurs favoris ?

Les masochistes. Les écorchés vifs, celles et ceux qui s’obstinent à produire du neuf et du fougueux, quand les rayonnages des libraires ploient sous les immondices sans âme.
J’admire les « grands malades », de ma part c’est élogieux. Difficile d’en dresser une liste exhaustive, je ne voudrais pas donner l’impression de les dénoncer. Je citerai au moins : Yal Ayerdhal, Alain Damasio, Jérôme Noirez, Xavier Mauméjean, Catherine Dufour, Johan Heliot, feu Robert Wagner, Jean-Marc Ligny, Jeanne-A Debats, Mathieu Gaborit…
Si cette existence semble moins grise, ils y sont pour beaucoup.


3 – Combien de temps consacres-tu à l’écriture quotidiennement ?

Deux heures minimum, dans les transports en commun. Chaque jour dans le métro, je m’adonne à un numéro passablement rôdé d’autisme. Le nez dans mon smartphone, mes verrues collées à l’écran, j’exorcise les horreurs qui me hantent l’esprit.
L’inspiration ne me manque jamais lorsque je fonce à cent à l’heure, dans les boyaux du grand ver urbain de métal. La faute sans doute aux effluves d’aisselles mal lavées, aux senteurs de pieds et de boustifaille, aux vitres embuées par les haleines, dégoulinantes d’un condensat de respirations emmêlées, moites d’ectoplasmes de mots morts non prononcés.
Je suis l’interprète de ces spectres de phrases. Leur médium. Leur shaman.
J’écoute ce silence gêné, pesant, seulement ponctué de quintes de toux, de reniflements et de pets étranglés. Après cinq minutes dans le métro, chacun rêve d’être ailleurs. Moi y compris. Aussi je m’évade, mon écran tactile devient mon ticket de sortie. Mon passeport pour l’imaginaire. J’arpente mes univers pour fuir la promiscuité.
Ensuite, il y a les vacances.
Quand cesse l’impérieuse nécessité d’emprunter le métro chaque matin, je m’adonne alors aux joies de la bronzette d’intérieur. Je pratique les U.V. Microsoft devant mon écran, jusqu’à quinze heures par jour. J’arbore fièrement mon teint de rat de bureau, savant mélange de blanc et de bistre, soigneusement entretenu par une exposition minimale aux rayons du soleil. Pouah : cette saleté est sûrement cancérigène.


4 – Qu’est-ce qui t’aide à développer ton imagination ?

Les ornithorynques. Preuve que l’Évolution a le sens de l’humour.


5 – Pourrais-tu résumer ton style littéraire en un mot ?

Abracadavérique.


6 – Comment est née ta passion pour l’imaginaire ?

Certains auteurs trouvent leur muse dans les psychotropes. La mienne a une prédilection pour les analgésiques. Ma muse s’appelle « péritonite », nous nous sommes rencontrés elle et moi tandis qu’elle me gangrenait les intestins. J’aurais dû deviner que notre relation mènerait droit au désastre. Nous avons convolé en voyage de noces pour une hospitalisation de deux semaines, avant de nous séparer bons amis. Elle dans un bocal de formol, moi délesté de quelques centimètres de tripaille superfétatoire.
C’est au cours de cette même hospitalisation que j’ai contracté une infection nosocomiale : celle de l’écriture. Contre celle-ci, point de cure, le seul remède c’est d’y succomber.
Depuis, je n’ai jamais cessé d’étaler ma logorrhée sur papier.
J’ai rédigé une petite cinquantaine de nouvelles. Puis un premier roman, La Tour des illusions, d’abord repéré par les Éditions de l’Atelier de Presse puis, pour sa réédition poche remaniée, par les Éditions Lokomodo.
C’est maintenant au tour de mes textes courts de sortir de leurs tiroirs, où ils croupissaient depuis quelques années. Tels des cadavres qu’il m’a fallu exhumer à coups de plume, pour donner corps à mon premier cercueil de nouvelles, Baroque’n’roll.


7 – As-tu trouvé ton propre style ou est-il inspiré de plusieurs auteurs que tu aimes ?

Les responsabilités restent partagées quant à l’état de délabrement mental qui est le mien. Les auteurs cités plus haut en ont leur part, très certainement. Leurs écrits ont fait des nœuds dans ma tête, mais pas seulement.
Les jeux de rôles sont à blâmer tout autant. Des chefs-d’œuvre tels que L’Appel de Cthulhu, Kult ou In Nomine Satanis / Magna Veritas m’ont donné goût aux univers bigarrés et tortueux.
La musique est coupable, elle aussi. Elle me suit, elle coule dans l’encre de mes mots. Opeth, Porcupine Tree, Steven Wilson, Storm Corrosion, Tiamat… Là encore, la liste semble interminable.
Coupables enfin des comics tels que Sandman, Preacher, Transmetropolitan, V pour Vendetta, Watchmen…


8 – Quel est ton personnage littéraire préféré, tous genres confondus ?

J’avoue mon admiration pour Samuel Vimaire, l’ombrageux Commissaire Divisionnaire d’Ankh-Morpork, épicentre du Disque-monde de Terry Pratchett. Un concentré sur pattes d’humour décapant, de cynisme acéré et de fierté prolétaire.
Un brave homme, assurément.


9 – Un rêve littéraire ?
Écrire jusqu’à vider mon crâne de l’épanchement d’imaginaire qui s’y développe à une vitesse exponentielle, telle une tumeur maligne qu’il me faudrait opérer à la plume.


10 – Quels sont tes projets pour la suite ?

S’il est des lecteurs/trices que Baroque ’n’ Roll a laissé sur leur faim, qu’ils se rassurent, et qu’ils aiguisent leur appétit. Car 2013 sera l’occasion de leur servir un gueuleton gastronomique, pour qui sait apprécier la cuisine grandguignolesque. Deux parutions figurent au menu, pas moins. Tout d’abord Âmes de verre (premier semestre 2013) devrait rassasier même les plus gloutons. Plénitude gastrique à l’horizon. Il s’agit d’un roman né à l’ombre des légendes urbaines. Deux héros improbables, un enseignant amer et une punk portée sur l’ultraviolence, s’égarent de l’autre côté des Portes de la Perception, sur le versant sombre de la Réalité. Leur don et leur malédiction s’appelle la Vue, sixième sens mystérieux, qui les confronte à des ennemis insoupçonnés. Déjà, les meurtres se succèdent, sacrifices destinés à recomposer la partition d’une musique d’épouvante… Âmes de verre est un pass backstage pour les coulisses d’un univers halluciné, hallucinant, fusion de mes passions pour la musique, l’occulte et la mythologie celte, à la croisée de Clive Barker et de Neil Gaiman (Neverwhere).
Ensuite, mon cimetière de nouvelles s’enorgueillira d’une nouvelle tombe. Punk’s not Dead (Cercueil de nouvelles / 2) sera inhumé en grandes pompes, et chez tous les libraires, au cours du second semestre 2013. N’hésitez pas à nous rejoindre pour les obsèques. Déjà trois nouvelles de ce futur recueil ont été primées (Prix « Bienvenue sur Mars » pour No future ou l’Apocalypse selon Johnny Rotten, Prix « Parentis » pour Voodoo doll, Prix « Alain le Bussy » (2ème) pour Sarabande mécanique).
D’autres projets moisissent dans mes tiroirs, des romans, où il est question notamment de zombis français polis qui ne rotent pas à table et mangent avec des couverts (Frenchie Zombies), d’enfants orpailleurs de cendres dans une Budapest ravagée (RêvesCendres) et d’un road trip funèbre dans une Russie rouge sang, à la botte de vampires communistes (Octobre Rouille). Les vers œuvrent en silence, patience, bientôt ces cadavres exquis seront faisandés à point.

Pour suivre leur lente décomposition, une seule adresse :
http://hauchecorne.populus.ch/

En exclusivité, des images de son prochain livre ! 
     Merci Anthelme ! 🙂

L’extrait qui fait envie… n°5 !

Cette semaine, je lis un roman vraiment prenant !

Il s’agit de Yanis Déesse de la mort. L’histoire est originale, et j’ai hâte de lire la suite 🙂

Il était une fois, commença l’enfant d’une voix terrible, un royaume où régnait le chaos. Tout n’y était qu’espace et néant. Juste le vide terrifiant. Là vivaient des êtres de grande taille, à la force gigantesque, au corps monstrueux. Leurs rêves étaient des cauchemars, que leur Roi réussit un jour à réunir. Il créa la Terre et le Ciel. La vie s’échappa du néant, se fixa sur les rochers et prospéra. Ce roi était foncièrement mauvais, ses intentions n’étaient pas pures. Ses servants, les êtres monstrueux, pourchassèrent la vie nouvelle et s’en nourrirent. Alors les dieux intervinrent. Moi, Yanis, je fus envoyée sur la Terre que je divisai en deux mondes. Le monde de la vie devint le royaume de lumière et des couleurs claires. Le monde de la mort fut le royaume de la nuit et des couleurs obscures. Et la vie se réfugia dans le royaume de lumière, car les monstres de l’espace ne supportaient ni le soleil ni les choses charmantes. Je régnais sur ces deux mondes sans partage, consignant les monstres dans le royaume de l’enfer, celui où les âmes vagabondent après le trépas de la chair. Le roi des monstres en fut courroucé. Il me défia. Durant quatre jours et quatre nuits, nous nous battîmes, jusqu’à ce qu’il soit vaincu et condamné au sommeil éternel dans le plus profond des espaces.

S’il y avait dix livres…

Un peu particulier cette semaine : Mes dix TOC livresques

1/ Ma bibliothèque toujours je rangerai ! 
C’est plus fort que moi, j’aime ça ! Je teste plusieurs classements, par éditeur, par genre, par ordre alphabétique de titre ou d’auteur…
C’est un loisir comme les autres, non ?

2/ Mes livres jamais je ne prêterai !
Sauf à quelques personnes à qui je fais confiance pour avoir éprouvé leur amour pour les livres…

3/ Mes livres grands formats précieusement je garderai !
Je fais toujours extrêmement attention à ne pas abîmer les livres grands formats, c’est une règle. Il est très rare que je les lise ailleurs que dans mon lit ou mon canapé d’ailleurs. 🙂

4/ Des poches seulement dans mon sac j’emporterai !
Même raison qu’avant, je ne prends pratiquement des petits formats dans mon sac. C’est moins lourd, et je pense qu’ils sont faits pour voyager.

5/ Des marque-pages partout je mettrai !
Corner des pages ? Dès que je peux, j’évite ! Alors mes livres fourmillent de marque-pages, ce qui m’attire parfois de gentilles moqueries d’amies… 🙂

6/ Les petites maisons d’édition et mes livres favoris en avant je mettrai !
Quelques grands groupes éditoriaux existent, tout le monde est au courant. Mais on parle moins des petits éditeurs. C’est important pour moi de les faire vivre, d’autant qu’elles publient souvent de très bons auteurs.

7/ Une pile à lire énorme j’aurai…
Eh oui, ça ne désemplit pas malheureusement, mais je ne m’en plains pas ! Je suis sûre d’être heureuse et de vivre de fabuleuses aventures.

8/ Mais des livres je continuerai à acheter !
A ceux qui me disent que j’achète trop de livres, je répondrai, mieux vaut lire un livre que regarder TF1 !

9/ Le bouquiniste souvent je fréquenterai !
J’aime y aller, surtout pour trouver quelques poches que j’ai à lire en cours.. 🙂

10/A la petite librairie indépendante souvent j’irai !
Conseil irremplaçable, ambiance feutrée et libraires souvent discrètes, érudites et passionnées. J’adore =)

Quels sont les vôtres ? 😀

Promenade au Pays des Hobbits



Souvent traversée et quittée en hâte par des personnages préoccupés par leurs propres quêtes, la Comté de J.R.R. Tolkien méritait qu’on s’y attarde un peu. Quel lecteur du Seigneur des Anneaux n’a pas songé à marcher dans les pas de Bilbon, de Frodon ou de Tom Bombadil sur les chemins de l’aimable pays des Hobbits ?


Préparez votre bâton de marche, vous allez avaler des furlongs ! Rassurez-vous, ce n’est pas une quelconque race de ver peu ragoûtante, mais simplement une unité de mesure. C’est l’un des nombreux termes expliqués par Jean-Rodolphe Turin, passionné par le monde des Hobbits depuis plusieurs années.

Dans ce véritable petit guide de voyage le narrateur a tracé pour vous les itinéraires les plus intéressants et les bonnes auberges. Pour vous, il a même goûté la nourriture et la bière afin que votre promenade soit la plus inoubliable possible.
Ce petit livre d’à peine 180 pages regorge d’informations utiles pour mieux comprendre et appréhender les lieux et ses habitants. Car le pays des Hobbits est très grands, et de nombreuses surprises pourront venir à vous au détour d’un chemin !
L’auteur propose une analyse sémantique de chaque toponyme en se basant sur de nombreuses études réalisées depuis la publication de Bilbo le hobbit et du Seigneur des Anneaux. Vous deviendrez vite érudits pour tout ce qui concerne les semi-hommes, et leur pays n’aura plus aucun secret pour vous !
De belles cartes inspirées de celles de Christopher Tolkien, mais aussi des illustrations viennent compléter ce guide décidément très complet sur la Comté ! Si vous êtes fan de l’univers de Tolkien, précipitez vous sur cet ouvrage vraiment très instructif !

Un grand bravo aux éditions Terres de Brume pour ce très bel ouvrage. 

Promenade au pays des Hobbits.- Jean-Rodolphe Turpin.- Ed Terres de Brume.- 2012

Jack Rosenblum rêve en anglais


Depuis qu’il a débarqué en Angleterre en 1937, Jack Rosenblum s’emploie à devenir un véritable gentleman britannique. Durant quinze ans, il a rédigé un guide exhaustif des us et coutumes de son pays d’adoption : il sait où acheter la marmelade, écoute tous les jours le bulletin météo de la BBC et ne parle plus allemand que pour proférer des jurons. Malgré toute sa bonne volonté, son désir se heurte à la force d’inertie de son épouse Sadie, qui refuse obstinément d’oublier le monde juif allemand qui était le leur. Jack est pourtant persuadé d’avoir trouvé sa patrie. Il ne lui reste d’ailleurs plus qu’une épreuve à surmonter pour réaliser son rêve : devenir membre d’un club de golf à Londres. On ne veut pas de lui ? Qu’à cela ne tienne, il quittera la capitale pour s’installer à la campagne et entreprendra de construire son propre green…


C’est tout à fait par hasard que j’ai trouvé ce livre à la FNAC. La couverture m’a tout de suite interpellée, et la quatrième de couverture a acheté de me convaincre. Puis je l’ai laissé un moment sur ma bibliothèque.

Les tonalités se mélangent dans cette histoire : le comique est présent dans le personnage de Jack qui tente de tout mettre en œuvre pour ressembler aux Anglais qu’il idéalise tant. Cela se voit notamment par son travail presque maladif de complément du livret donné à leur arrivée. Mais l’histoire mélange à ce comique quelques passages émouvants, durant lesquels Jack semble totalement dépassé par ce qui lui arrive. Et le lecteur tombera lui aussi des nues face à ces situations désastreuses.
Les deux protagonistes sont tous les deux attachants : deux étrangers allemands tentant tant bien que mal de s’intégrer en Angleterre, à Londres d’abord, puis dans un petit village du Dorset. Mais les rancœurs sont tenaces chez les Anglais… qui verront toujours l’Allemagne à travers des deux étrangers juifs venus s’installer parmi eux.
Jack est le plus exubérant de la famille : il se fixe un but qu’il poursuit envers et contre tout, la construction d’un golf. Persévérant, il finit par s’attirer la sympathie, sinon l’empathie des autochtones qui le taquinaient en premier lieu.
Ce roman offre un message profondément humaniste à travers cette famille Rosenblum. Faut-il renier ce que l’on est pour être accepté dans une communauté qui n’est pas la notre ? Au sein de la famille, les avis sont partagés…

Vraiment un bon roman à la fois touchant et drôle, à lire rapidement.

Jack Rosenblum rêve en anglais.- Natasha Solomons.- Ed Livre de poche.- 2012

Interview : Emilie Witwicki-Barbet

Image de l’auteur prise lors du salon Valjoly imaginaire , disponible sur sa page Facebook

Vous avez aimé la chronique de Demain est un autre monde ? Voici une interview de l’auteur !


1 – Ton entourage t’inspire-t-il lorsque tu écris ?

Oui, je me sers énormément de mon entourage, qui peut m’inspirer le nom d’un personnage, le caractère de l’autre, ou encore le physique d’un troisième.
Dans les Insoumis, de nombreux noms de personnages sont issus de mon arbre généalogique. Le personnage de Rosalie, quant à lui, a les traits et les réparties de ma fille Elise !

2 – Quels sont tes auteurs favoris ?

Je suis une inconditionnelle de Jack London, pour le côté épique, les aventures dans le grand nord, les chiens de traineau… j’aime aussi Jules Verne, j’aurai voulu lire ses romans à l’époque où il vivait pour me rendre compte encore mieux de son côté visionnaire.
Stephen King reste sans doute l’auteur qui me fascine le plus en fantastique car il a caressé de multiples horizons fantastiques. Son Fléau reste pour moi le summum !
Ensuite, je dois bien avouer qu’il y a d’excellents auteurs actuels et francophones que j’apprécie particulièrement. Les auteurs français ont beaucoup à montrer ! Sophie Joamin, Frédéric Lyvins, Cécile Guillot…

3 – Combien de temps consacres-tu à l’écriture quotidiennement ?

Cela dépend de beaucoup de choses car je fais aussi beaucoup d’autres activités à côté.
Je dis souvent que j’écris à mes heures perdues, lorsque j’ai la possibilité d’en trouver. Cela se traduit par des journées d’écriture frénétiques lorsque le temps est disponibles, mais aussi par des semaines sans un mot lorsque le temps échappe à mon emprise.
Je suis alors d’une humeur exécrable, je l’avoue !

4 – Qu’est-ce qui t’aide à développer ton imagination ?

Tout et rien. Lire beaucoup me laisse entrevoir la façon dont les uns et les autres développent leur imagination. Cela dit, une bonne musique peut me conduire aussi sur les sentiers d’un imaginaire sans cesse renouvelé. Il me faut alors du rock, du rythm and blues…

5 – Pourrais-tu résumer ton style littéraire en un mot ?

Je ne suis pas très douée pour résumer ! Adrien Party de Vampirisme.com a eu cette attention particulière de qualifier les Insoumis de Country-Fantasy. Cela me va bien à vrai dire !

6 – Comment est née ta passion pour l’imaginaire ?

J’ai été élevée à coups de contes de fées !! Ma Maman m’a longtemps raconté des histoires merveilleuses, et mon Papa avait coutume de dire qu’il faut garder les pieds sur terre et la tête dans les nuages. Ma famille est issu d’un milieu modeste où l’on apprend à savourer les rêves, quels qu’ils soient, car il est parfois bien difficile d’en réaliser !

7 – As-tu trouvé ton propre style ou est-il inspiré de plusieurs auteurs que tu aimes ?

Je pense être arrivée à un bon compromis entre de belles influences et ma propre patte.



8 – Quel est ton personnage préféré tous genres littéraires confondus ?

Je vais sans doute te faire rire mais je pense que c’est Scarlett O’Hara.
Margaret Mitchell a dépeint une adorable peste, à la fois capricieuse et courageuse, détestable mais admirable.

9 – Un rêve littéraire ?

Parce qu’il faut toujours voir loin pour faire un petit bout de chemin, j’aimerai beaucoup travailler sur des adaptations de romans, sur du scénario. Pas forcément de mes livres, même si j’en serai folle, mais aider à mettre en image ce que je lis, et partager ainsi le film que je tourne dans ma tête à chaque nouvelle lecture serait sans doute Le rêve !!!

10 – Quels sont tes projets pour la suite ?

La suite des Insoumis, les Révoltés, sortira début 2013.
J’ai dans mes acrtons deux autres projets de romans, plutôt des one shot, l’un sur des zombies, avec de nouveau une fin du monde programmée, puisque c’est un thème qui me convient très bien. L’autre sera moins horrifique, il parlera de voyage dans le temps. Une jeune fille fera des allées et retour dans le passé à la rencontre de sa grand-mère et modifiera ainsi la destinée familiale. Un petit changement de registre, donc, avant de revenir aux vampires avec le tome 3 de Demain est un autre monde, qui reviendra sur les jeunes années d’Adam et la relation entre Joseph et Margot.


Et le petit mot qui fait plaisir… 🙂

Merci de ton intérêt pour mon petit univers et merci à chacun des lecteur qui aura pris le temps de parcourir ces lignes pour découvrir cet autre monde qui est le mien.

Demain est un autre monde, les insoumis – T1


Le monde a basculé dans le chaos. Mais cette fois, il ne s’agit pas d’un tyran lambda. Les vampires sont sortis de l’ombre et répandent la terreur parmi les humains. Mais dans ce quotidien de plus en plus dur, un petit havre de paix perdure dans le Nord de la France : la Bâtisse. Dans ce qui ressemble à l’Éden cohabitent de « gentils » vampires et des humains. Mais un jour, tout bascule. Parviendront-ils à survivre en communauté sans craindre le Nouvel Ordre ?

Demain est un autre monde a été une bonne surprise ! Dès que je vois la mention « vampire » sur un livre, je me méfie tout de suite. Mais, mue par une grande curiosité, j’ai tout de même entamé la lecture. Et j’ai bien fait. Enfin un retour aux vrais vampires, les vrais, ceux qui ne brillent pas au soleil !
Concernant ces créatures, on retrouve un savant mélange de tradition, ce sont réellement des monstres sans aucune considération pour la vie, et de modernité. En effet, ils peuvent vivre en plein jour, mais ont une force bien amoindrie. Une bonne idée qui nous évite l’effet “boule à facettes” qui pique les yeux !
Un monde post-apocalyptique “light” constitue la toile de fond de l’histoire. Cela dit, l’auteur laisse peu de détails à propos des paysages : ce qui laisse toute liberté au lecteur pour imaginer maisons, forêts et collines.

Peu ou pas de détails superflus dans les descriptions donc : à l’image de l’ambiance régnant dans l’histoire, l’essentiel est d’aller à l’essentiel. Une guerre se prépare, et chaque étape de ce conflit est décrite avec son lot de problèmes et d’embûches : les mauvais vampires ne se laisseront pas massacrer facilement !
Mais heureusement que nos héros possèdent de nombreuses qualités humanistes, qu’ils soient humains, vampires ou hybrides : l’amitié, l’entraide dans l’adversité, mais aussi le courage et la loyauté malgré les dangers et les obstacles.
Demain est un autre monde est vraiment une bonne surprise. Je serai curieuse de lire la suite, et le début de la guerre. Petite mention pour l’éditeur : une association qui réussit à tirer son épingle du jeu avec de la littérature fantastique !


Demain est un autre monde.- Emilie Witwicki Barbet.- Ed. Val Sombre.- 2012

L’extrait qui fait envie… N°4 !

Quel sera le livre que je vais prendre cette semaine…? 🙂





Cet extrait est tiré de ce petit livre que j’avais hâte de lire intitulé Promenade au pays des Hobbits.

“Les bords de la rivière Brandevin (Brandywine) qui se retrouvent sur notre gauche à quelques furlongs à peine de la route, c’est à dire à quelques centaines de mètres, sont recouverts d’une herbe grasse et de bouquets de roseaux. Des bosquets plantés de vergnes, d’aulnes et de saules, agrémentent ce paysage tranquille, à peine dérangé par le clapotis des poissons jouant dans les eaux de la rivière, ou par le déplacement d’oiseaux aquatiques. En face, sur l’autre rive, un talus élevé sort des eaux et domine la rivière. C’est le Pays de Bouc (Buckland) que nous aurons l’occasion de découvrir un peu plus tard.”

Si vous appréciez l’univers de Tolkien, vous devriez apprécier cette promenade… 🙂