Lecture du mois : Avril 2015 !

Encore un mois d’écoulé dans cette année 2015 ! Et plein de lectures ! J’ai repris le travail, mais cela ne m’a pas empêché de beaucoup lire ! J’ai lu en tout neuf romans, de genre très différents : du roman contemporain, du steampunk, de la fantasy, du fantastique… Du papier et du numérique aussi, avec deux romans lus sur liseuse. 

Mais lequel a eu ma préférence ? Venez le découvrir tout de suite !


L'évangile cannibale par Clavel
#De quoi ça parle ?

L’apocalypse zombie a eu lieu. Mais Mat et ses compères de la maison de retraite l’ont su et se sont calfeutrés pendant 40 jours pour survivre ! Et quand vient l’heure de tout explorer, le danger a pris la forme de zombie et rôde à chaque coin de rue… et dans les frigos.


#Pourquoi ce livre ?

Zombi vs Papi. Si cette petite phrase n’attire pas votre oeil et ne vous rend pas curieux, c’est que quelque chose ne tourne pas rond dans le monde ! Vous vous en doutez, j’ai adoré le pitch, et après avoir lu les premières pages, je me suis décidée !
Ce livre est rempli d’humour, vous vous en serez douté, mais il s’agit aussi d’un portrait acide sur la manière dont le troisième âge est vu dans notre société moderne. Et ce n’est pas beau à voir. Fabien Clavel laisse aussi un peu de place à l’émotion qui m’a étreint à la fin de l’histoire.
En bref, L’Évangile cannibale est une histoire qui se lit (très) vite et qui est écrite par un auteur de grand talent. Je vous la conseille !

#Et à propos du reste ?

  • Durant le mois d’avril, j’ai eu l’occasion de découvrir Bohême, un roman steampunk écrit par Mathieu Gaborit. C’est d’ailleurs la première histoire de cet auteur que je découvre. Je compte continuer ma découverte !
  • J’ai eu l’occasion de voyager en Faërie avec la très bonne anthologie Trolls et légendesL’Épée brisée de Poul Anderson et le troisième tome des Héritiers de l’Aube
  • Je me suis plongée avec curiosité dans The Book of Ivy. Un roman agréable à lire.
  • Et enfin, j’ai vécu l’horreur de l’univers lovecraftien dans l’Abomination d’Innswich

Rendez-vous le mois prochain pour une nouvelle lecture du mois !

2097 Mémoires de mon père


Le monde tel que nous le connaissons aujourd’hui n’existe plus : montée des eaux, épuisement des ressources, pollution généralisée, affaiblissement du Gulf Stream, surpopulation, effondrement des grandes Démocraties occidentales ont permis la toute puissance de groupes économiques internationaux. Davos, 2097 – Dans une chambre d’hôtel visiblement luxueuse, un père écrit à son fils, ce seront ses dernières paroles : une confession intime, violente, dans un vieux cahier jauni. Il ne lui reste alors que 12 heures à vivre ! Le puzzle prend forme sous nos yeux quand cet homme de 47 ans se souvient… Chaque heure qui passe est un chapitre où les souvenirs s’emboitent les uns aux autres pour former l’histoire d’une société devenue inhumaine, d’un héros tour à tour victime et bourreau, qui doit sa survie et sa perte… à un cœur hors du commun ! Ce même cœur réveillera en lui une véritable émotion intransigeante et une prise de conscience l’amenant inévitablement à une révolte qui changera le cours de l’histoire…

Amis lecteurs, enfermez votre sensibilité d’être humain, car ce que vous allez lire dans ce court roman a de quoi vous remuer profondément. Des récits post-apocalyptiques, il y en a pléthore de nos jours, souvent avec une attaque de zombies en plat principal. Mais ici, aucune tête décharnée à l’horizon. Juste des hommes devenus des bêtes.

Car cette histoire est vraiment dure, tant dans l’écriture que dans l’univers proposé par Jérôme Bezançon, l’auteur. La planète est séparée en deux. 
D’un côté les riches et leur vie facile, avec la possibilité en sus de changer leurs organes si l’un des leur venait à défaillir. De l’autre, la majeure partie de la population, pauvre et servant souvent de gibier humain pour des chasses contre-nature.

La plume acérée de Jérôme Bezançon met en lumière une part sombre des sociétés humaines toujours scindées en deux groupes sans concession. Rien de nouveau sous le soleil me direz-vous… Sauf qu’ici cette séparation est portée à son paroxysme dans le dévoiement des rapports humains. La vie n’a plus aucun prix, s’en sortir tient du prodige pour quelqu’un qui n’est pas du bon côté de la barrière.

Et au milieu de ça, le narrateur. Un homme qui n’a pas grand chose d’humain, qui a perdu tout espoir pour son espèce, et qui va tenter de mettre un terme à ce monde. Un être deshumanisé donc, qui raconte à son fils dans les détails ce qu’il a vécu, subi et ce qu’il a été obligé de faire pour s’en sortir. A travers son témoignage transparaît cette société décadente qui m’a fait frissonner. Le biais du témoignage est sans doute l’une des manières les plus efficaces pour transmettre un message. Et l’auteur n’y est pas allée de main morte. Je n’ai pas pu m’empêcher de comprendre cet homme et de compatir à ses douleurs et ses traumatismes. 

L’atmosphère de ce roman est noire, oppressante. L’auteur a su rendre l’urgence de la situation du personnage, qui doit écrire sa vie avant qu’il ne soit trop tard, avant que tout ne se termine. Ce sentiment d’urgence se transmet d’ailleurs au lecteur qui s’accrochera au roman pour ne pas en perdre une seule miette… jusqu’à la fin. 

Faites-moi confiance, vous ne ressortirez pas indifférents de cette lecture. Cette anticipation a de quoi faire frissonner, car l’hégémonie des grandes entreprises sur ce monde futur n’est pas sans rappeler celle des firmes actuelles. A bien moindre échelle, rassurez-vous.

#En Bref

2097, Mémoires de mon père est un roman poignant envers lequel il est difficile de rester indifférent. Au milieu des nombreux récits post-apocalyptiques où les zombies sont légion, il apporte du renouveau et mérite vraiment d’être connu.

2097, Mémoires de mon père.- Jérôme Bezançon.- Ed. Atria