S’il y avait dix livres… n°2

Seconde occurrence pour ce rendez-vous. Aujourd’hui, je vous propose les dix classiques qui m’ont marquée !

Le livre de mon enfance 🙂

Parce qu’il n’y a pas que la philosophie au 18ème siècle !

Des elfes, des fées… 🙂
Il est vraiment de tous les top 10 celui-là !
Comment ça j’aime la littérature du XIXè siècle ?
Voilà, j’espère que ce top 10 vous a plu. Quels sont vos classiques favoris ?

Article amoureux des bouquineries


Des bouquinistes.



Présents dans toutes les villes, dans les grandes rues ou au fond de petites ruelles pavées, les bouquinistes sont encore là, et chez eux le livre que vous cherchez peut-être depuis des années !

Imaginez. Une fois la porte poussée, vous entrez dans un autre monde. Alors que les bruits de l’extérieur s’estompent, et rien d’autre ne se fait entendre que les quelques clients déjà plongés dans la recherche de leur Graal livresque personnel. Des yeux, vous cherchez le maître des lieux. Bien souvent, il sera caché derrière un bureau encombré de livres, prospectus, et autres affiches des siècles passés.

Votre regard erre sur un horizon de papier. Des étagères allant jusqu’au plafond, des tables recouvertes de livres et de minuscules allées pour permettre aux lecteurs avides de découvertes de circuler. Des années d’édition et de lectures s’offrent à vous, et ce dans tous les domaines.
Quel amateur de lecture n’a pas passé des moments merveilleux dans ces endroits à chercher un livre en particulier, fouiller la bouquinerie de fond en comble, ou juste flâner dans les rayonnages et à effleurer du doigt la tranche de livres renfermant peut-être une histoire fabuleuse !
J’aime ces moments passés dans les bouquineries, et les personnes tenant ces échoppes sorties d’un autre temps méritent tout le respect possible. Dans un climat peu favorable au commerce du livre, ils réussissent à survivre envers et contre tout.

Si vous avez aimé cet article, je vous conseille la lecture de celui-ci.

L’extravagant voyage du jeune et talentueux T.S. Spivet

Tecumesh Sansonnet (TS pour les intimes) Spivet est surdoué. A tel point que le Smithonian, intéressé par ses travaux, le convoquent à Washington pour recevoir le prestigieux prix Baird récompensant nombreux dessins et cartes. Tout va bien dans le meilleur des mondes donc.
Mais TS Spivet est confronté à un problème majeur pour recevoir son prix. Il n’a que douze ans ! Passionné par la cartographie, il dessine et recense tout ce qu’il voit, jusqu’au schéma d’un épis de maïs en train d’être décortiqué par sa sœur.

Méticuleux, observateur, TS Spivet semble être un enfant calme et réfléchit. Au grand désespoir de ses parents et surtout de son père qui ignorent sa double vie scientifique. Car oui, personne n’est au courant de l’immense talent de T.S, bafoué par son professeur. Son seul appui provient d’un ami de sa mère qui l’aide à développer ses talents.

Après un refus, T.S Spivet décide de tenter sa chance. Le voilà embarqué dans un périple à travers les États-Unis dans un train de marchandises où il fait de d’étonnantes rencontres et fait de surprenantes découverte sur la vie « nomade ». Mais ce périple n’est qu’une étape, il devra ensuite affronter des situations qui paraîtront cocasses au lecteur : l’étonnement des responsables du Smithonianpar exemple…



La couverture de ce livre avait retenu mon attention : colorée et emplie de dessins. Cela donne une première idée de ce que le lecteur trouvera dedans. Un beau travail des éditions du Livre de Poche il faut l’avouer. Le titre lui-même « résonne exotique » comme un récit de voyage de la fin du 19ème siècle. Une annonce au dépaysement donc.

L’histoire est réellement à la hauteur de cette attente : la plus grande partie du récit est dédiée au voyage. La narration à la première personne montre à quel point le monde peut être grand, surtout du point de vue d’un enfant. C’est donc un véritable récit initiatique qui se dessine sous le stylo du narrateur, pour le plus grand plaisir des amateurs du genre.
A l’instar de la tendance du narrateur à la précision, tout est décrit avec minutie : les paysages, les gens et jusqu’à leurs propos, ce qui pourrait gêner certains lecteur amateurs de textes presque épurés de descriptions.

Certes, la fin est un peu attendue… le contraire eut été étonnant. Mais cette chute passe relativement inaperçue face à l’intensité du livre en lui même.

Ce qui a été le plus significatif pour moi se retrouve dans la mise en page de cet ouvrage : la présence d’un important paratexte. Tous les blancs de chaque page sont copieusement remplis de schémas et d’annotations du texte principal. Cela renforce l’aspect « carnet de voyage » qui est des plus réussis.
Dernier fait original : l’encre utilisée est marron. C’est un détail, mais j’ai trouvé la lecture beaucoup plus agréable avec cette beaucoup plus douce.
Un livre que je recommande vivement aux amateurs de récits de voyage ! C’est un livre qui me tient particulièrement à coeur et que je relis toujours avec plaisir

L’extravagant voyage du jeune et talentueux T.S. Spivet.- Reif LARSEN.- Ed Livre de Poche.- Juin 2011.- 7€60

Jamais avant le coucher du Soleil

Jamais avant le coucher du soleil est le premier roman de l’auteur finlandaise  Johanna Sinisalo et paru en 2000. Il a été traduit en 2003 par Anne Colin du Terrail. C’est un roman du genre fantastique, le premier du genre a avoir été récompensé par le prix Finlandia.



Ange, un jeune photographe de renom sauve un petit troll d’une bande de jeunes délinquants. Commence alors une histoire forte entre l’animal et le jeune homme, ce qui mettra ce dernier dans des situations de plus en plus embarrassantes. Sa seule complice dans cette histoire, Palomita, l’une de ses voisines confinée chez elle par un mari trop possessif.

Ange finit par succomber à la tentation et utilise le jeune troll dans une campagne de publicité. Celle-ci connaît un succès retentissant et le jeune homme se retrouve interrogé à la fois par ses supérieurs et ses amis afin de tout savoir sur la manière dont il s’y est pris pour obtenir ce résultat. Mais Ange prend peur et décide de rendre sa liberté au petit animal. 

Un point intéressant à notifier concerne le fait que dans ce roman, les trolls ne font pas partie de l’imaginaire des finlandais, mais qu’ils sont bel et bien des animaux réels et banals, au même titre que les chiens ou les chats.
Ce roman touchant offre au lecteur une vision touchante (dans tous les sens du terme) de ce que peuvent être les relations non seulement humaines, mais aussi celles qui unissent les animaux et les hommes.

Mêler la dimension fantastique dans la vie des finlandais n’est pas chose rare chez bien des auteurs de ce pays, nous pouvons ainsi citer l’écrivain Arto Paasilinna et son roman Le fils du Dieu de l’Orage. 
 

L’auteur emprunte à la fois son titre et le nom de son petit troll à une chanson célèbre dans la tradition finlandaise dans laquelle on raconte l’histoire d’un lutin ne pouvant vivre tant que le soleil n’est pas couché. Les différents chapitres empruntent d’ailleurs leurs titres à cette chanson.

Ce roman est sûrement l’un des plus touchants que j’ai eu à lire.

Du Domaine des Murmures

« Le monde de mon temps était poreux, pénétrable au merveilleux. Vous avez coupé les voies, réduit les fables à rien, niant ce qui vous échappait, oubliant la force des vieux récits. Vous avez étouffé la magie, le spirituel et la contemplation dans le vacarme de vos ville, et rares sont ceux qui, prenant le temps de tendre l’oreille, peuvent encore entendre le murmure des temps anciens ou le bruit du vent dans les branches. Mais n’imaginez pas que ce massacre des contes a chassé la peur ! Non, vous tremblez toujours sans même savoir pourquoi. »
 Une jeune fille qui choisit de s’emmurer au lieu d’être donnée en mariage et devient une sainte écoutée par tout le monde chrétien du 12ème siècle. Tel est le destin d’Esclarmonde, fille du domaine des Murmures.
Ce roman écrit par Carole Martinez est publié aux éditions Gallimard. Le thème de la religion est traité avec clarté sans accentuer les croyances du peuple de l’époque. Le lecteur peut donc retrouver l’ambiguïté des croyances de ces gens, balançant entre les vieilles légendes racontées par leurs ancêtres et la religion catholique leur imposant une vision du monde nouvelle.
Esclarmonde nous fait voyager du réduit où elle s’est volontairement enfermée afin de racheter les péchés de son père. Elle nous offre ainsi un récit de voyage, celui de son père parti aux croisades. Celle qui possède un lien privilégié avec son Seigneur se retrouve condamnée à vivre la vie des hommes qui combattent en son nom aux portes des « infidèles ».
Les émotions d’Esclarmonde, celles de son père et de tout ceux qui composent la « société des murmures » sont retranscrites avec autant d’intensité que le style de l’auteur est simple et clair. Les dialogues sont brefs et les descriptions précises.
Un roman se lisant malheureusement bien trop vite tant on se retrouve transporté par le voyage immobile d’Esclarmonde.