Le puits des mémoires T1


Quelque part, dans le royaume d’Hélion. Trois hommes sont rescapés d’un accident en montagne : le chariot qui convoyait leurs cachots a été renversé, leurs gardes tués. Leur mémoire a été effacée. Une question : pourquoi ? C’est la question qui les taraudera durant toute leur fuite pour échapper aux terribles chevaliers de cristal et à leur chef, le Fils de la Lune.

Ils se sont renommés : Olen, le talentueux guerrier, Karib le mage en quête de sorts et Nils, le lanceur de couteaux taciturne. Leur fuite les mènent dans la capitale du royaume, Sayrs sous les couleurs de laquelle ils s’enrôlent. Mais la donne change et ils décident de s’embarquer pour le mystérieux royaume de Woltan où tout à commencé…




Le Puits des mémoires est le premier roman de Gabriel Katz. Il ouvre une trilogie s’annonçant épique et très inspiré de jeux de rôles. Les descriptions sont nombreuses et précises, ce qui n’est pas sans rappeler celles qu’un Maître du jeu peut faire…
Les personnages quant à eux sont bien campés et possèdent un passé (même si eux ne s’en rappellent plus). Là encore on peut déceler la « compétence » jeux de rôle de l’auteur : les héros appartiennent tous à des classes bien particulières : un mage, un guerrier et un assassin. Leurs caractères disparates en font une équipe à la fois drôle et complémentaire.
Les personnages secondaires ne sont pas en reste. On peut là encore retrouver de précises descriptions, tant physiques que psychologiques : les armures froides des cavaliers de cristal, le visage de mort de leur mystérieux chef, la terreur qu’ils inspirent à la population…
La fuite continuelle des personnages donne son rythme au livre et assure au lecteur des péripéties inédites et dans des décors très différents. Les pérégrinations de nos héros pour fuir leurs ennemis se transforment en une véritable réflexion sur son identité mêlée à une quête de la vérité. L’auteur nous invite également à voir au-delà des apparences… Et si le fugitif assoiffé de sang que décrit le roi était en fait votre compagnon d’armes, ou même votre amant ?

Gabriel Katz nous offre ici de l’héroïc fantasy pure comme on aime. 

Le puits des mémoires.- Gabriel Katz.- Editions Scrinéo.- 2012.- 16€90

Le Pas de Merlin

Au cœur de l’Écosse du VIème siècle, le roi Ryderc réunit tous les chefs Bretons pour résister aux envahisseurs Saxons, Pinces et Gaëls. Parmi eux, Merlin, un jeune barde déjà célèbre, tant pour son art que pour le mystère de ses origines. Ni tout à fait homme ni tout à fait elfe, il n’est pas encore aguerri aux ruses des hommes et aux blessures du cœur. Pourtant, c’est à lui qu’échoit la lourde charge de ramener la paix au pays. Mais Merlin est seul contre tous ceux qui veulent sa perte. Le mythe du magicien prend vie.

Déjà connu pour sa Trilogie des elfes, Jean-Louis Fetjaine est une figure de la littérature imaginaire française. Le pas de Merlinn’est cependant pas un roman fantasy, ou presque.
Partez sur les traces de Merlin en lisant ces lignes où la réalité frôle souvent le pays merveilleux des fées. Vous découvrirez, en plus d’une chronologie précise à propos de l’histoire de Bretagne, les origines de l’enchanteur le plus célèbre de toute la littérature (talonné de près par Gandalf, certes).
L’auteur nous conte un pays froid et rude, ravagé par les guerres sans fin entre les clans. Si Merlin n’est pas présenté comme l’enchanteur que nous connaissons, ses origines ne sont pas moins étranges pour autant. Rejeté et dénigré depuis sa plus tendre enfance, Emrys Myrddin serait le fils du Diable. Ou des fées. Ce n’est qu’à la toute fin de ce volume que vous aurez la réponse…
Le roman alterne entre deux aventures : celles du roi chrétien Ryderc et des siens d’un côté, et de la fuite éperdue de Merlin avec le torque du roi Ambrosius de l’autre. Cette alternance met en lumière les dissensions existant entre les anciennes croyances toujours vivaces et menées par les druides et les bardes, et l’avancée de la chrétienté, que l’on sait inexorable.
Dans les royaumes de Bretagne instables, les fiers Bretons réussiront-ils à surmonter leurs vieilles rancœurs et à s’unir sous la férule du porteur du torque ? Myrddin survivra-t-il à la trahison du roi Ryderc ?
A l’instar de la Trilogie des Elfes, Jeal-Louis Fetjaine a su dessiner un monde fantastique, dans lequel la magie n’est jamais trop présente mais semble malgré tout faire partie du quotidien des personnages, même si ceux-ci la craignent.
Le pas de Merlin est le premier tome d’un dytique narrant la saga de Merlin.
Le pas de Merlin.- Jean-Louis Fetjaine.- 2002.- Ed Belfond (Pocket)

C’est la rentrée ! (littéraire)

Tous les ans, en septembre, les tables des librairies croulent sous les nouveautés. Difficile de faire un choix, quel que soit le genre. C’est pourquoi votre humble chroniqueuse vous propose un panel des nouveautés des mois d’août et de septembre pour vous permettre d’organiser vos achats et vos lectures !





Dans le domaine de la fantasy, genre qui me tient particulièrement à cœur, de nombreuses nouveautés sont à prévoir. Des intégrales, des suites mais aussi des premiers tomes traduits par Bragelonne, comme Odalisque, le premier tome de la saga intitulée Percheron écrite par Fiona McIntosh.
Le troisième tome de Sîn publié aux éditions Atria, dont vous pouvez trouver un avis sur ce blog, était LE livre que j’attendais avec le plus d’impatience. Si vous avez suivi les aventures d’Imrou et ses amis, assistez à l’apothéose de cette trilogie palpitante.
Dans la même veine (mais dans un monde différent) le second tome de la trilogie du Puits des mémoires, intitulé Le fils de la Lune, de Gabriel Katz aux éditions Scrinéo. Il s’agit d’un roman d’heroic-fantasy où chaque page recèle une nouvelle péripétie pour notre trio à la recherche de leurs souvenirs.





Les éditions Mnémos ne sont pas en reste pour cette rentrée littéraire : j’ai choisi de retenir en particulier deux de leurs livres, à savoir Ki&Vandien de Megan Lindholm et Nephilim de Fabien Clavel.


Ki&Vandien, presque un classique de la littérature fantasy. Un lecteur amateur du genre retrouvera tous les ingrédients indispensables au genre : une quête, des créatures féeriques (ou cauchemardesques) et des péripéties à la pelle, les quatre tomes réunis en un unique volume.





Tiré du jeu de rôle éponyme, Nephilim est le premier tome d’une série fantastique palpitante ouvrant sur d’autres aspects d’un monde qui est le nôtre. Ce livre, certes déjà sorti, n’en reste pas moins un très bon recueil.
Les éditions Pygmalion ne seront pas en reste dans le domaine de la fantasy avec la sortie de différentes intégrales de la série à succès du « trône de fer ».

Il me semble important de noter la sortie du tome 14 de la saga intitulé Les Dragons de Meereen, mais aussi le premier tome de l’intégrale existant déjà aux éditions J’ai lu.

Mais le Trône de Fer n’est pas la seule saga à être rééditée en version « intégrales ». Ainsi, le troisième tome de la série du Soldat Chamane sera publié sous cette version. De quoi ravir les « accros » de ces deux séries !
Comme vous pouvez le voir, la rentrée littéraire de l’imaginaire s’annonce chargée. Il y en aura pour tous les goûts et toutes les « fantasies ».

Sîn le poème de lumière (tome 3)


Le monde de Sîn a basculé dans une guerre sans merci. Quelle sera l’issue de cet ultime affrontement entre le verbe maléfique et le poème de lumière ? L’arbre de la poésie, garant de l’équilibre de Darna et de toutes les poésies qui y vivent, renaîtra-t-il du cœur des batailles? Les destinées de Ransâ, la Banat Nawfal et d’Imrou, le jeune Kindéri sont-elles déjà écrites ?

Le Poème de lumière clos la trilogie de Sîn, de la plus belle des manières. La plume de Noureddine Séoudi n’a rien perdu de sa verve ni de sa poésie. Combats et poésie s’alternent, et parfois se mêlent de la plus belle des façons dans cette histoire qui s’annonce épique dès le premier paragraphe.

Sans aucune fausse note, le lecteur sera confronté à la dernière phase de la guerre de l’arbre. Mais tout ne tient qu’à un fil. Comme dans le second tome, Imrou est séparé de ses amis et des Ningizidis. C’est le fil rouge de l’histoire. L’auteur sait manier le suspense qui tient le lecteur en haleine à chaque chapitre.
Si les personnages sont les mêmes, le lecteur les découvrira sous un autre jour : de fiers guerriers n’hésitant pas à mettre leur vie en péril pour sauvegarder l’équilibre du monde face à la Poésie Noire.
Ceux-ci transmettent par leurs actes et leurs paroles d’importantes valeurs : l’amitié, le courage, la volonté de suivre ses croyances malgré tout, la ténacité, et bien d’autres encore. Cet aspect didactique de la trilogie de Sîn me semble aussi présente qu’elle n’est qu’en filigrane.
Les descriptions sont délicates et de chaque personnage émane une poésie particulière qui crée une harmonie et une facilité de lecture. Le tout pour une lecture (trop) rapide de cet épique et palpitant dernier tome de cette trilogie.
Sîn le poème de lumière (T3).- Noureddine Séoudi.- Editions Atria.- 2012 (septembre).- 20€

T’as pas le niveau !

« Cher roadbook,
Voilà des années que j’essaie d’être un bon ménestrel. Ce n’est pas facile, y’a de la concurrence en terre de Fangh. Entre les guildes saltimbanques installées à Glargh, les elfes sylvains qui trichent à cause de leur charisme, les faux chanteurs qui se font trafiquer la voix magiquement… Bref, la vie n’est pas facile pour un ménestrel honnête. J’ai besoin d’un public, moi. »


Quel étrange petit objet que ce Roadbook de ménestrel… En feuilletant ses pages, vous pourrez suivre les tribulations de Lunoval, demi-elfe de son état, dans son enquête sur un groupe apparemment très connu en terre de Fangh : le Naheulband.
Durant son périple, il aura l’occasion de rencontrer ces nouvelles stars du pays. Gagnera-t-il des XP ? Aura-t-il à combattre des orcs, des dragons ou même pire : des poulets ?
Enfin un nouvel opus du Naheulband après beaucoup d’attente ! Bon d’accord, il y a eu moult morceaux publiés sur le site mais quand même ! T’as pas le niveau ! est un bel objet mêlant un périple à la sauce POC et de la musique rôlistico-chaotique.
Se présentant sous la forme d’un carnet de route de plus de quarante pages, on peut y retrouver, en plus des paroles de chansons, les membres du groupe, et plusieurs informations (à caractère commercial ou non) des produits de la belle terre de Fangh.
Des nains, des elfes, des barbares et des trolls ! Lunoval a rencontré toutes ces créatures, parfois au péril de sa vie, pour votre plus grand plaisir ! T’as pas le niveau ! est un bon moyen pour découvrir ou redécouvrir, et même faire découvrir l’univers de POC dans son ensemble !

A conseiller d’urgence aux fans, apprentis ménestrels, rôlistes ou simples amateurs de musique qui ne se prend pas au sérieux.

T’as pas le niveau.- POC & co.- 43 pages (+ le CD et une carte poulet)

Chien du Heaume

Chien. C’est le nom qu’on lui donne. Parce qu’elle est mercenaire, et qu’on la siffle dès que la guerre menace. De toute façon, elle ne connaît pas son vrai nom. La seule chose qui la rattache à son passé est la hache ornée qu’elle tient de son père. Elle n’est pas belle, mais elle survit dans un monde rude et rempli d’hommes.
A travers ses missions, c’est son passé qu’elle cherche. Elle croise sur sa route plusieurs personnes : un forgeron au visage barré d’une brûlure en forme de croix, un châtelain qui aurait bien connu son père… Tel est le but que Chien du Heaume s’est fixé.




Chien du Heaume est le premier roman de ce genre que je lis. Il se situe aux frontières du fantastique, car le voile « merveilleux » (au sens littéraire du terme) est très mince. L’univers dans lequel évolue notre rude héroïne est sombre et empli de dangers embusqués et prend place dans le haut moyen-âge.

Le lecteur peut ainsi suivre l’héroïne dans sa quête pour retrouver son passé. Il peut également admirer la pugnacité dont elle fait preuve pour se tailler une place dans le monde viril et abrupt du mercenariat, souvent à l’aide de sa hache. Une femme comme Chien dans un monde où les hommes prennent toutes les décisions a de quoi surprendre. Notre héroïne, non content de lutter contre les préjugés et la gent masculine, doit également faire face à des trahisons féminines.

Le style de l’auteur est tout aussi brutal que le monde qu’elle dessine sous sa plume : les dialogues sont brefs et précis et le langage achève de nous y transporter. La brutale réalité du quotidien médiéval s’impose dès le début de la lecture et donne à l’histoire les accents du réalisme.
Seul petit bémol selon moi… la fin est un peu trop rapide comparé au délai de la mise en route de l’histoire.

Passons à la couverture : comme d’habitude, on reconnaît là l’œuvre des graphistes et des maquettistes des éditions Mnémos qui ont comme d’habitude fait un beau travail.
Justine Niogret a sorti en 2011 la suite de Chien du Heaume, intituléMordre le Bouclier.
Illustration : Johann Bodin

Chien du Heaume.- Justine Niogret.- 2009.- Ed Mnémos

Sîn, le dernier poète (tome 1)

Imrou, Ransâ, Dalim et Selma sont des adolescents dont la vie s’écoule paisiblement avec leurs amis et tuteurs Felden et Siméon dans les forêts du Naharina. Mais l’arrivée d’une conque gravée de symboles étranges porteurs d’un mystère plus grand encore bouleverse leur quotidien. Les voilà partis pour un long périple qui leur fera traverser la moitié des Deux-Terres. Aidés par leurs amis, dont de vaillants Kinderi, Siméon et Felden défont nombre d’ennemis avant de parvenir à leur première étape, la cité magique de Kudram. C’est à partir de ce moment qu’ils se rendent compte que rien n’est plus pareil dans le monde et que le Dénébolar, la Poésie Maudite est plus forte que jamais alors que l’Arbre Originel, d’où découlent toutes les forêts des Deux-Terres, se meurt… Cela sera-t-il la fin du monde ? Ou simplement la fin d’une ère…


Sîn, le dernier poète est indéniablement un roman de qualité. Le monde oriental dans lequel se déroule l’histoire comporte de subtiles touches orientales, notamment dans les dialogues et dans la trame de fond font de cette histoire un véritable plaisir à lire.
Un petit bémol peut-être : le déséquilibre dans la longueur de certains chapitres, rien de grave cependant. C’est bien peu de chose face au contenu de ces chapitres. Les moments de tension s’alternent parfaitement avec des passages plus calmes qui permettent aux personnages de faire avancer l’intrigue et donnent au lecteur de précieuses informations sur leur histoire et sur leur sombre futur.
Sîn, le dernier poète n’est pas uniquement un roman, la poésie est omniprésente car fondatrice du monde des hommes par le Créateur. Pour cela, l’auteur crée une langue, celle des étoiles. Le Njomalil est issu de langage universel et est la seule façon de combattre son pendant maléfique, le dénébolar dont le nom ne doit pas être prononcé à la légère sous peine de lui donner de la puissance.
Cette langue sacrée est composée de symboles donc chacun d’entre eux, en plus de représenter une lettre, est le schéma d’une constellation particulière. Il est possible de l’apprendre sur le site de l’auteur grâce à un tableau de conversion.
Dans le texte, les poèmes sont traduits par l’auteur pour une lecture plus aisée. Elles transportent le lecteur de la manière la plus efficace qui soit dans l’univers de Sîn. Comme dans la réalité, la poésie est pour moi l’un des plus gracieux moyens de faire passer une information.
L’auteur propose dans Sîn, le dernier poète un univers aussi riche que vaste. Ce n’est pas uniquement un monde dessiné à la va-vite. Passionné d’histoire et féru de mythes pré-islamiques, Noureddine Séoudi nous propose quantité de personnages légendaires et de créatures fantastiques tout droit sortis de ces mythes.
Le bestiaire pas si inconnu que ça… Les héros côtoieront dragons, nains et d’autres ignobles créatures issues du Dénébolar. Le bestiaire très vaste donne envie de s’intéresser de plus près aux légendes orientales si peu connues dans nos contrées.
De plus, certaines créatures, comme le fameux Altaïr, n’est pas sans rappeler un fameux aigle ami d’un magicien nommé Gandalf. Cette référence m’a conforté dans mon appréciation de ce roman et qui me semble être un gage de qualité. Je ne dis pas que l’auteur s’est massivement inspiré des œuvres de Tolkien. Au contraire : les discrets clin-d’œil à des scènes peu connues de Bilbo le Hobbit sont pour moi un gage d’érudition littéraire mais aussi d’une grande diversité culturelle de l’auteur.
Les personnages sont quant à eux uniques et l’épaisseur est évidente et travaillée : ils ont un passé clair et un caractère bien campé. Il en va de même pour les magiciens. Sîn, le dernier poète peut être par plusieurs aspects considéré comme un roman initiatique : le « plus » de cette histoire est que les enfants agissent sur leur avenir et possèdent une capacité de décision tout en découvrant leur passé et les légendes fondatrices de leurs peuples respectifs.
Je vous invite à vous plonger dans univers fantasy orientale. Sîn, le dernier poète conserve les traits caractéristiques du genre tout en présentant un univers riche et varié tant dans l’histoire que dans ses intervenants.
Sîn, le dernier poète.- Noureddine Séoudi.- 2009.- Ed. Atria

Les Enchantements d’Ambremer


Allons à Paris, en 1909. La Tour Eiffel n’est pas en métal mais en bois blanc, et parmi les humains vivent elfes, ondines et lutins. Et bien sûr, la magie est partout présente : la ville des elfes, la jumelle féerique de Paris est toujours visible de loin et une station de métro va jusque-là.
Mage de haut niveau du cercle cyan, Louis Denizart Hippolyte Griffont  se trouve chargé d’enquêter sur un trafic d’objets enchantés. Mais le voilà plongé bien malgré lui dans une obscure histoire de meurtres en série impliquant un puissant mage noir et ses monstrueuses gargouilles, mais aussi une coopération forcée avec la baronne de Saint-Gil avec laquelle il semble entretenir des relations bien plus personnelles qu’il ne le laisse paraître…



Les Enchantements d’Ambremer est le premier des romans que j’ai lu de Pierre Pevel. J’ai tout de suite été séduite par la légère touche steampunk de cette histoire. J’apprécie de manière générale les récits dans lesquels on peut trouver des créatures féeriques dans une histoire à enquêtes comme Les Enchantements d’Ambremer.
L’auteur manie le suspens de manière correcte et sait ajouter des touches comiques dans les moments adéquats. Les dialogues sont bons et maniés avec art, ce qui est parfois rare dans le genre du thriller où l’accent est mis sur l’action. Beaucoup de rebondissements sont présents dans ce roman, ce qui donne une bonne cadence à ce livre.
Tout comme les dialogues, les personnages sont hauts en couleur, notamment le protagoniste, Louis Denizart Hippolyte Griffont ou encore le fameux arbre doué de conscience qu’il considère comme son ami…
Humour, fantastique, féerie et action sont présents dans ce roman aux tonalités de romans feuilleton classiques. De par son rythme et son histoire, Les Enchantements d’Ambremer est un roman (trop) rapide à lire selon moi. Mais cela reste plaisant bien sûr !
🙂
Les Enchantements d’Ambremer.- Pierre Pevel.- Le livre de poche.- 2007

Faerie Hacker

Les hommes ne le savent pas, mais leur monde est sur le point de chavirer. Le monde de Faerie, qui se nourrit des grands événements de l’Histoire des hommes pour produire la Couleur qui donne son pouvoir à ses habitants, connaît de profonds bouleversements. En effet, depuis la Shoah, l’Infrasombre, le pendant maléfique de la Couleur, se développe, et ses émissaires envahissent le monde réel pour tenter de faire triompher les plans de leur maître.
Lil, jeune fey rebelle a été bannie de Faërie pour protéger le monde des hommes de l’Infrasombre. Aidée par le capitaine Lartagne, peu habitué aux us humains, elle suit les traces d’un mystérieux démon qui dissémine ses crimes à travers Paris depuis des décennies sous différentes identités. Elle se trouve confrontée à une entreprise de jeux vidéos en vogue au nom évocateur de Devil’s game. En se mêlant aux geeks de cette entreprise, elle découvrira bien des choses… Que cache cette façade en apparence si parfaite sous tout rapports ?

J’apprécie en particulier l’introduction judicieuse de l’histoire dans un récit fantastique. Ce roman appartient au nombre des histoires dans lesquelles le mélange des deux est réussi. L’auteur a également su introduire le lieu commun mainte fois narrée du combat du bien contre le mal avec une nuance originale : la couleur. C’est selon moi une idée astucieuse, en plus d’être originale et fraîche. Cela apporte un mélange de légèreté et de sérieux à ce conflit et lui donne un cachet certain. De plus, j’ai toujours trouvé délicat de traiter d’un sujet aussi sensible que celui de la Shoah, et je n’imaginais pas qu’on puisse l’aborder dans un roman fantastique. C’est un autre point positif que je souhaite souligner à propos de ce roman.
Nonobstant son fort ancrage historique, l’auteur a su lui préserver sa modernité, en abordant un thème aujourd’hui fort prisé des médias : les risques des jeux vidéos pour le jeune public. Faire en sorte que le jeu vidéo devienne « réel » est une façon, humoristique certes, de souligner conséquences que peuvent avoir une exposition trop longue aux jeux vidéos (de combat notamment) sans une sensibilisation à ces risques au préalable. Les joueurs (souvent jeunes) ne sont pas souvent au fait des risques d’accoutumance à ce type de jeu et des dégâts que cela peut occasionner sur leur vie personnelle, professionnelle et relationnelle.
Les notions inhérentes au monde de Faërie sont relativement aisées à comprendre, ce qui ne bloque pas la lecture. De plus, l’auteur nous présente des personnages attachants et hauts en couleur, bien que maladroits. Ils recèlent mille et une faces cachées qui ne manqueront pas de surprendre le lecteur au détour d’une page !
J’ai découvert ce livre par hasard en librairie et je ne suis pas déçue par lui. Chapeau à l’auteur et aux éditions Mnémos qui sont pour moi une des meilleures maisons d’édition fantastique en France.
Faerie Hacker.- Johan Eliot.- 2003.- Ed. Mnemos.
Le site des édition Mnemos : http://www.mnemos.com/

L’Ellipse

Tout est parfait dans la cité d’Eksamorrhe. Tout y est aussi réglé comme il faut : les repas, le quotidien, et même la vie et la mort, le tout dans la foi et la dévotion des Bienfaisants. Une véritable utopie. Mais pas pour tout le monde. Pour Teliau, cette cité ressemble à une prison. Le garçon intelligent brave tous les interdits pour vivre comme il l’entend avec Ande, celle qu’il aime. Ainsi, il vit avec elle une relation allogène, exclusive et renie le principe de l’idylle qui vise à des ébats anonymes pour éviter les familles biparentales. Il découvre également le secret de la sublimation… Banni, il découvre le Dam tant craint par les habitants d’Eksamorrhe, la face cachée de sa cité. Sa ténacité et sa volonté de changer le monde causeront-ils la perte de la ville des Bienfaisants ? Comment les Eksamorrhiens réagiront-ils ?




Je n’ai jamais eu l’occasion de lire de la science-fiction moderne. J’avais en tête les clichés d’une science-fiction présentant notre époque de manière totalement technologique, robotisée et extra-terrestre. Mais je suis heureuse de constater que les choses ont changé.
Gilles Warembourg nous livre ici sa vision (mathématique certes) de l’utopie. Mais comme toutes les utopies, celle-ci est gangrenée et les foules sont manipulées. Étant un esprit purement littéraire, j’ai craint de devoir me confronter à de difficiles concepts mathématiques lorsque j’ai feuilleté ce livre. Mais j’ai été rassurée de constater que ce n’est pas du tout le cas.
L’aspect scientifique est totalement intégré à l’histoire, et ne se situe donc pas au premier plan.
La chose m’ayant le plus interpellée est le véritable cheminement, la maturation mentale qu’accomplit Teliau, le héros, pour faire éclater la vérité. Cette lutte d’un esprit éclairé fait écho à celle qu’ont du mener nombre d’esprit éclairés contre l’obscurantisme (souvent mené par la religion) tout au long de notre histoire.
Par cet aspect, le jeune Teliau ressemble à Galilée qui avait remis en cause la place de l’Homme dans le système solaire et par là bafoué la toute puissance de Dieu. Tous deux ont dû renoncer à leurs certitudes scientifiques et se soumettre à l’autorité.
Dans l’Ellipse, Teliau est condamné à errer dans le Dam, présenté comme un enfer sur terre. Mais ce qu’il y découvre le conforte dans ses convictions. Il réussit, grâce aux mathématiques et à la géométrie, à retourner dans Eksamorrhe et à y délivrer les habitants de leurs certitudes.

Le roman de Gilles Warembourg donne une importante leçon à méditer : comment réagirions-nous si nos croyances les plus profondément ancrées se révélaient être des contes et des mensonges ? Je pense que l’auteur a su mettre le doigt sur une question qui me semble centrale dans l’entreprise titanesque qu’est la connaissance de soi. C’est pour moi un des aspect qui font un bon livre : au delà du style littéraire (qui reste très fluide chez Gilles Warembourg), une question donnant à réfléchir.

L’Ellipse.- Gilles Warembourg.- Env. 290 pages.- Editions Atria 

Pour les autres livres des éditions Atria, je vous invite à consulter leur site internet :
http://www.editionsatria.com/