Demain est un autre monde, les insoumis – T1


Le monde a basculé dans le chaos. Mais cette fois, il ne s’agit pas d’un tyran lambda. Les vampires sont sortis de l’ombre et répandent la terreur parmi les humains. Mais dans ce quotidien de plus en plus dur, un petit havre de paix perdure dans le Nord de la France : la Bâtisse. Dans ce qui ressemble à l’Éden cohabitent de « gentils » vampires et des humains. Mais un jour, tout bascule. Parviendront-ils à survivre en communauté sans craindre le Nouvel Ordre ?

Demain est un autre monde a été une bonne surprise ! Dès que je vois la mention « vampire » sur un livre, je me méfie tout de suite. Mais, mue par une grande curiosité, j’ai tout de même entamé la lecture. Et j’ai bien fait. Enfin un retour aux vrais vampires, les vrais, ceux qui ne brillent pas au soleil !
Concernant ces créatures, on retrouve un savant mélange de tradition, ce sont réellement des monstres sans aucune considération pour la vie, et de modernité. En effet, ils peuvent vivre en plein jour, mais ont une force bien amoindrie. Une bonne idée qui nous évite l’effet “boule à facettes” qui pique les yeux !
Un monde post-apocalyptique “light” constitue la toile de fond de l’histoire. Cela dit, l’auteur laisse peu de détails à propos des paysages : ce qui laisse toute liberté au lecteur pour imaginer maisons, forêts et collines.

Peu ou pas de détails superflus dans les descriptions donc : à l’image de l’ambiance régnant dans l’histoire, l’essentiel est d’aller à l’essentiel. Une guerre se prépare, et chaque étape de ce conflit est décrite avec son lot de problèmes et d’embûches : les mauvais vampires ne se laisseront pas massacrer facilement !
Mais heureusement que nos héros possèdent de nombreuses qualités humanistes, qu’ils soient humains, vampires ou hybrides : l’amitié, l’entraide dans l’adversité, mais aussi le courage et la loyauté malgré les dangers et les obstacles.
Demain est un autre monde est vraiment une bonne surprise. Je serai curieuse de lire la suite, et le début de la guerre. Petite mention pour l’éditeur : une association qui réussit à tirer son épingle du jeu avec de la littérature fantastique !


Demain est un autre monde.- Emilie Witwicki Barbet.- Ed. Val Sombre.- 2012

Saisons Païennes

 Les fêtes païennes se succèdent au rythme lent de la roue de l’année. Les rites se suivent, de l’éclosion de la Nature à la saison sombre, en passant par la maturité et l’abondance – puis la venue de ce miracle sans cesse répété : le renouveau. Aujourd’hui encore, ces agapes nous parlent des ravages des tempêtes et des frimas, de la peur de la Nuit, de l’émerveillement face à la Vie, de la passion charnelle qui réchauffe les âmes aussi bien que les corps.

Tout le monde connaît les grandes dates du calendrier païen… Mais pas leurs noms réel. Avec ces huit nouvelles et les styles particuliers à chaque auteur, vous en apprendrez beaucoup sur les fêtes se Samain, Beltane, Imbolc et Lugnasad. 
Je me suis laissée emporter par la plume des huit enfants de Walpurgis qui ont puisé dans leur connaissances des traditions anciennes, mais aussi dans leur imagination sans limites pour nous offrir des histoires très différentes, mais toutes originales et prenantes. 

~ Les danses de Samain, Céline Guillaume ~

Une jeune femme est considérée comme une sorcière. Un jour, elle sauve le pieux héritier du comté des griffes de la mort et tombe amoureuse de lui… Jusqu’au jour où celui-ci se marie… Tout bascule pour la jeune fille.
Les danses de Samain est vraiment un texte très poétique. Céline Guillaume est passée maître dans l’art de faire passer un message avec beaucoup de douceur et de finesse. On passe le seuil de l’hiver sans même s’en rendre compte.

~ Noces sanguines au coeur des ténèbres, Marianne Stern ~

Au coeur de la Laponie se prépare une fête pas comme les autres. Jaska, parti pour offrir sa couronne de houx à la dame de son coeur se retrouve plongé dans un cauchemar éveillé. S’en sortira-t-il ?
Un bon texte un peu plus dur que le précédent. La transition est un peu rude, mais cela reste une belle histoire sur les apparences.
~ L’Étincelle en moi, Vanessa Terral ~

Une jeune fille traverse les années tant bien que mal en tant que danseuse de cabaret. Mais tout le temps, quelqu’un la poursuit. En plus, l’ange qui est en elle a de plus en plus de mal à rester tranquille. Car Helena est Nephilim… 
J’ai été intriguée en lisant cette nouvelle de Vanessa Terral, et je pense qu’inconsciemment j’espérais trouver quelque chose de son roman… J’ai eu le nez ! Ce récit se déroule avant le début de L’aube de la guerrière
~ Éclosion, Angélique Ferreira ~

Une jeune femme gravement malade insiste pour revenir chez elle contre l’avis de ses médecins. Sorcière, il lui revient d’accomplir le rituel d’Ostara, l’éveil du printemps. La Déesse la sauvera-t-elle ?
Éclosion est vraiment un texte touchant, peut-être celui véhiculant le plus de sensibilité. Je ne pense pas qu’il soit possible de ne rien ressentir à la lecture de ce texte… 🙂

~ Pour que l’histoire s’achève, Stéphane Soutoul ~

Sellina descend d’une longue lignée de druides. Mais elle a choisi de couper les ponts, de renier son héritage. Mais rien ne va plus dans sa vie depuis un moment. Stérile, elle craint que son compagnon ne s’éloigne d’elle. Cerise sur le gâteau, d’étranges rêves viennent la visiter. Prise d’une impulsion soudaine, elle se retire dans une cabane perdue dans les montagnes, propriété de sa famille. C’est là-bas que, peut-être, se trouve la solution à ses problèmes.
La nouvelle du seule homme du collectif ! L’érotisme s’y mêle au fantastique dans un mélange assez fluide au final. 
~ Solstice fatal, Bettina Nordet ~

D’un côté une sorcière belle comme le jour mais au coeur aussi noir que la nuit. De l’autre, la cible. Céleste, sa cousine. Aveuglée par sa quête de pouvoir, ira-t-elle jusqu’à sacrifier quelqu’un de son sang ? La fin justifie-t-elle toujours les moyens ?
Le lecteur restera impuissant devant tant de cruauté. Mais rassurez-vous, la fin se déroule bien et le texte est plaisant à lire.

~ Ce qui nous lie, Cécile Guillot ~

La veille de son mariage, Dorine, héritière d’une lignée de sorcières rencontre un spectre. Une jeune femme désespérée de ne pouvoir offrir le repos éternel à son bébé. Dorine trouvera-t-elle la solution à ce problème ? Cela mettra-t-il en péril son mariage ?
Comme pour Vanessa Terral, ce texte constitue une “préquelle” au premier tome de la Fille d’Hécate. Une nouvelle bien (trop) courte !

~ L’Offrande de l’été, Ambre Dubois ~

C’est une véritable crise au royaume de la lumière: l’anneau de passation de pouvoir entre la lumière et la nuit a été volée par un humain. En échange, celui-ci réclame comme épouse la sublime suivante de la reine de la lumière. Le Roi des ombres accédera-t-il à sa demande ? 
Une nouvelle fantasy qui termine en beauté ce recueil très bien écrit. Je n’avais jamais lu d’autre ouvrage d’Ambre Dubois, et je pense recommencer dès que possible !

J’ai apprécié ces voyages dans des styles très différents mais toutes suivant le fil rouge donné pour ce recueil très réussi. 

Les adversaires



Tous les 372 ans, sept entités appartenant aux Ordres angéliques et aux légions démoniaques s’affrontent dans un combat mortel, le tout à l’abri des regards des mortels. Jusqu’à ce jour où Ayati surprend un étrange combat dans un terrain vague où deux personnes s’affrontent à coup d’épées lumineuses… Sans le savoir, elle se retrouve embarquée dans une histoire qui dépasse l’entendement et dans laquelle elle est destinée, alliée à l’un de ses amis de classe, à accomplir des choses extraordinaires. Survivra-t-elle à ce combat mortel ?

Young adult… Je n’ai pas l’habitude de lire ce genre de romans qui m’évoquent des histoires d’amour entre deux adolescents qui à la base se détestaient, le tout dans un univers plus ou moins fantasy. Pas du tout mon truc. Mais le roman Les Adversaires m’a étonnée par plusieurs aspects.
Le style de l’auteur d’abord. Je n’ai jamais eu l’occasion de lire ses romans, mais son écriture est rapide et prenante. Les dialogues me semblent quant à eux moins travaillés que le reste du texte, mais également inadaptés aux personnages par moments.
Mais c’est bien la seule chose qu’on pourrait reprocher à ce texte.
Les chapitres sont relativement courts, une caractéristiques des romans jeunesse. Cela permet à l’auteur de passer rapidement d’un camp à un autre pour permettre de garder le lecteur en haleine, mais aussi pour préserver un certain suspens.
Le clivage entre les anges et les démons, un tournoi dont un seul candidat sortira vainqueur… Autant de sujets déjà maintes fois utilisés. Mais pas comme dans Les Adversaires. L’originalité de ce roman tient dans la conjugaison des de ces deux idées.
De plus, le fond de l’histoire est bien fourni : le lecteur pourra ressentir les recherche qu’a effectué Fabien Clavel à propos des deux camps : les anges et les démons.
Mais comment savoir où s’arrête la réalité, et où commence la fiction ? Seule votre imagination vous le dira !

Les adversaires.- Fabien Clavel.- Ed Le pré aux clercs.- 2012

Le Manoir aux esprits


Armand Lombre est architecte. Son existence bien tranquille va être chamboulée par un héritage inattendu : un manoir normand en ruine. Pourtant aucun lien de parenté ne le rattache à cette demeure. Qui est donc cet étrange notaire ?
Qui sont ses « ancêtres » qui ont habité dans ce manoir ? Que cherchent à lui dire ses murs ? Mais est-il vraiment ce qu’il croit être ?

Second roman de Pierre Brulhet après L’Enfant du cimetière, le Manoir aux esprits est destiné à un public plus âgé. L’histoire est facilement immersive, et la quête des reliques aux quatre coins du monde donne à ce roman un côté aventureux qui plaira au plus grand nombre.
Les éléments fantastiques sont distillés aux moments propices, ce qui permet de tenir le lecteur en alerte. Le texte alterne entre le quotidien d’abord monotone puis atypique d’Armand et des bonds dans le passé qui font progresser le lecteur dans l’intrigue. Ces récits de vie constituent la force de ce récit.
Armand n’est pas mon personnage préféré. D’abord plongé dans un quotidien monotone, il devient avec la découverte de richesses hautain et distant avec tout. Mais il redevient l’homme angoissé qu’il était au début lorsque commence sa quête. Tant mieux.
Le genre fantastique est quant à lui bien manié : le lecteur frémira en même temps que nos deux personnages devant les manifestations surnaturelles, pour son plus grand plaisir ! Les descriptions sont telles qu’elles donnent de la beauté à des actes horribles. 🙂
Le manoir aux esprits est un bon roman, même si j’ai de loin préféré L’enfant du cimetière. Il a beau être fantastique, il manque cette note de magie qui étincelait les aventures de Yoann.

Le manoir aux esprits.- Pierre Brulhet.- Ed Juste pour lire.- 2011

Le sang d’immortalité


Londres, fin du XIXème siècle. La capitale du Royaume-Uni est infestée de vampires. Mais depuis quelques temps, la donne a changé : les chasseurs sont devenus les traqués ! Quelque chose ou quelqu’un les assassine juste après l’aube alors qu’ils prennent du repos. Mr Asher est un éminemment universitaire officiant à Oxford. Sa vie est calme, il la passe aux côtés de la belle Lydia qu’il aime passionnément. C’est alors qu’un soir il reçoit la visite d’un mystérieux Don Ysidro, vieux vampire espagnol qui va le charger d’une enquête concernant la mort de ses semblables.
Asher se retrouve bien malgré lui obligé de mettre ses talents d’enquêteurs pour retrouver le meurtrier des créatures suceuses de sang.

Les romans de vampires sont légion de nos jours. Ils mettent en scène des adolescentes éprises de jeunes hommes mystérieux, ou bien les déboires amoureux de tout aussi jeunes vampires richissimes. Ce n’est pas le cas de celui-ci. Rares aujourd’hui sont les romans à se dérouler à l’époque victorienne.
J’apprécie les mélanges de genre, lorsqu’ils sont bien faits. Dans le Sang d’immortalité, le polar nous entraîne parfois malgré nous. Les légères touches fantastiques sont élégamment distillées en suivant le ton donné par l’enquête.
Passons maintenant aux créatures phares de cette histoire: les vampires. Comme dit plus haut, il s’agit d’un réel « retour aux sources » du vampirisme, celui d’Anne Rice mais surtout de Bram Stocker. Rien à voir donc aux ténébreux jeunes adolescents de Twilight… Cela donne à l’histoire une patine d’authenticité littéraire très difficile à trouver de nos jours dans les romans vampiriques.
Je trouve l’idée de faire des vampires des proies très bonne : cela sort le lecteur de sa passivité d’esprit et de sa gangue intellectuelle dans laquelle la littérature fantastique depuis le XIXe siècle l’a enfermée. Cela m’a intriguée, certes cela peut être une bonne idée pour un roman à l’histoire totalement ratée par la suite, mais là, le pari est réussi.
C’est un roman fantastique qui s’inscrit dans la directe lignée de Bram Stocker et Anne Rice, de ceux qu’il faut avoir dans sa bibliothèque vampirique !
Attention ! Pour notre plus grand plaisir, Le sang d’immortalité a été réédité aux éditions Mnemos !
Le Sang d’immortalité.- Barbara Hambly.- Ed Pocket (1994).- Ed Mnémos 2010, coll Icares

Le choix d’une vie : entre rêve et réalité (T1)


Deux vies… Deux êtres à part… D’un côté, Kyara… humaine, brillante étudiante, bien entourée par sa famille et ses amis : Gwen et Marco, sa vie n’est que bonheur jusqu’au jour où d’étranges évènements apparaitront dans son quotidien et, entre autres, des visions… De l’autre, Kay… mi sorcière mi vampire, elle combat les êtres de son espèce qui agissent contre les mortels, accompagnée de Gaïa, sa meilleure amie sorcière et Meven, son “sauveur” lors de sa transformation et intégralement vampire… Entre rêve et réalité, comment deux natures aussi différentes réagiront-elles face au choix d’une vie ?


Je voudrais tout d’abord remercier l’auteur, Astrid Lafleur, qui a eu la gentillesse de m’offrir les deux volumes de la saga Le choix d’une vie. A la lecture du résumé de ce premier tome, j’avoue avoir été un peu effrayée et refroidie par une créature mi-vampire, mi-sorcière (les hybrides, quand c’est mal écrit, ça fait pleurer les yeux). C’est donc curieuse que j’ai commencé ma lecture.
Chaque chapitre décrit le quotidien de deux jeune femmes : Kyara, l’adolescente à qui tout réussit, et Kay, une déesse mi-vampire, mi-sorcière, et ce en alternance. Ces deux récits parallèles au début vont lentement s’imbriquer l’un dans l’autre sans que le lecteur s’en aperçoive.

C’est d’ailleurs à mon sens l’un des points forts du livre. L’auteur a su créer deux mouvements. Le premier est celui, lent, de la vie quotidienne de Kyara dans un monde ouaté ou tout est beau et calme. Mais peu à peu, tout bascule sans que l’on puisse déterminer exactement le point de rupture.
Le second est beaucoup plus rapide au début : la vie trépidante de Kay, la chasseuse de vampires. Peu à peu, en revivant son passé, remontent en elle des souvenirs humains qu’elle croyaient enfuis.

Les deux mondes à priori totalement opposés se rejoignent peu à peu pour ne plus former qu’un imbroglio dans lequel le lecteur fouillera joyeusement pour tenter de deviner la décision final : le fameux « Choix d’une vie ».
Comment choisir en effet entre un monde « trop parfait » qui n’est pas sans rappeler celui du Truman Show, et un monde peuplé de vampires avides de sang ?

Ce roman prend parfois des allures de conte moderne, ce qui n’est pas pour déplaire aux amateurs du genre qui sont un peu curieux de nouvelles découvertes ! 🙂
N’ayant pas eu d’a priori au départ excepté à la lecture du résumé, je suis partie sur un jugement neutre. Il a changé, et en bien. De quoi me faire presque changer d’avis sur la littérature vampirique !

Le choix d’une vie, tome 1 : entre rêve et réalité.- Astrid Lafleur.- Rebelle Editions.-  2011

Le grimoire des loups-garous


Quelles sont les origines des loups-garous ? Comment les reconnaît-on ? Est-il possible de s’en débarrasser ? C’est à ces questions que tente de répondre Edouard Brasey dans ce grimoire suivi d’autres traités fameux de lycanthropie.



Les loups-garous hantent le folklore, les contes et la littérature depuis des siècles. Mais ces étranges créatures hybrides restent auréolées de mystère… Jusqu’à aujourd’hui. Édouard Brasey s’est proposé de lever le voile sur les lycanthropes en rédigeant ce grimoire. Lecteur, vous serez ainsi armé pour mieux les reconnaître et lutter contre eux !
~ De multiples catégories ~
Le lycanthrope sera étudié par l’auteur sous plusieurs angles : les origines du mythe, son apparence (pratique pour savoir si votre voisin est l’un des leurs!) et comment s’en débarrasser, la maladie éponyme, les loups-garous garous célèbres, ainsi que d’autres traités de lycanthropie datant de toutes les époques. De quoi passer de bonnes et instructives soirées !
Chaque article est écrit avec un soin témoignant des connaissances approfondies de l’auteur pour le sujet, que ce soit sur le plan mythologique, historique, ou même médical et sociologique. Le lecteur qui, plongé dans la lecture de ce merveilleux grimoire, sera tenté d’y croire.
~ Du côté de l’objet-livre ~
Ce livre a tous les aspect d’un authentique grimoire : une couverture rigide, du papier jauni, des pages inégales, une encre marron, tout est fait pour que le lecteur aie l’impression de posséder un exemplaire unique.
La mise en page a fait l’objet d’un soin particulier : tous les textes sont encadrés, et presque toutes les pages comportent une voire plusieurs illustrations.
Intérieur du livre (superbe illustration d’Odin)
Le grimoire des loups-garous est un livre aussi beau à voir qu’aussi intéressant à lire. A mettre entre toutes les mains, aussi bien celles des amateurs de ces créatures poilues que pour les autres !

Le grimoire des loups-garous.- Edouard Brasey.- Le pré aux clercs.- 2010.- 19€

Nephilim, Intégrale 1, les déchus

Ils sont sept immortels parcourant la terre depuis la Création. Ce sont les Nephilim, membres de la fraternité de l’Hepta et sont liés aux éléments : eau, terre, feu, air et lune. A présent chacun de leur côté mais liés par leurs pentacles, tous recherchent le but ultime : l’Agartha.

A Paris, la vie de Jennifer, une jeune étudiante, va changer. Aidée par Wag, un homme étrange, elle va devoir survivre aux attaques d’une mystérieuse organisation ayant pour but de détruire les êtres magiques. Pourquoi la visent-ils ?
Budapest, en plein hiver. Ezechiel, la froide chef de la police, doit faire face à une série de meurtres. Elle croise la route d’Azarian, un jeune chanteur de métal. Le jeune homme est-il coupable ? En sait-il plus qu’il ne veut en dire, ou est-il réellement impliqué ?

Je n’avais que de bons pressentiments en commençant ce livre. Rôliste, j’avais bien sûr entendu parler du jeu de rôle éponyme, que je savais de qualité. Le premier tome de Nephilim regroupe les deux premiers volumes publié auparavant de manière séparée.
La chose qui interpelle le plus à la lecture de ce roman est justement la double lecture que l’on peut en faire. Chaque chapitre démarre par des fragments des œuvres (ne serait-ce pas plutôt des mémoires) des différents Nephilim. Cela additionné aux information parsemées dans l’histoire permettra au lecteur de se familiariser avec l’univers complexe dessiné par l’auteur.
Un lecteur attentif notera les multiples références habilement utilisées par l’auteur : les contes bien sûr avec une adaptation surprenante mais brillante de Barbe-Bleue, version démoniaque. La Bible est aussi omniprésente dans l’histoire. Mais quoi de plus logique, lorsqu’on sait que les Nephilim apparaissent dès la Genèse de ce texte !
L’immersion dans l’histoire est vraiment facile, et les personnages, immortels ou non, sont vraiment attachants. C’est du au talent de l’artiste pour la création de caractères vraiment recherchés et approfondis. Vous aurez vite l’impression de faire partie de leur quotidien et de vivre les nombreuses péripéties à leurs côtés.
Peut-être que mes amis rôlistes auraient aimé une petite note à propos du jeu de rôle, mais une petite recherche Internet suffira à régler le souci.
En résumé : Nephilimest un très bon roman (ou le début d’une bonne série) à lire absolument, qu’on soit fan du jeu de rôle ou simplement de fantastique ! Nul besoin d’être connaisseur pour apprécier cette histoire vraiment facile d’abord et très immersive !
Mention spéciale pour la couverture.
Nephilim, intégrale 1, les déchus.- Fabiel Clavel.- Ed Mnémos.- 2012.- 23,5 €

Le livre des choses perdues

David est un garçon sage. Mais sa maman est mourante. Alors, pour l’empêcher de mourir, le petit garçon de douze ans respecte scrupuleusement les rites qu’il a mis en place, parmi lesquels les livres tiennent une place prépondérante. Mais sa mère meurt, et la vie de David va changer du tout au tout. Les livres lui parlent, et il rencontre un homme étrange et biscornu. Pour couronner le tout, le voilà passé dans un monde où plus grandes peurs des enfants prennent vie…

Beaucoup de choses à dire à propos de ce livre. Lorsque je l’ai terminé, j’ai eu du mal à retourner dans le monde actuel. Le livre des choses perdues est un savant mélange de nombreux contes : le Petit chaperon rouge, la Belle au bois dormant, Hansel et Gretel, mais aussi Alice au Pays des merveilles. L’auteur a su prendre le meilleur de chacun d’eux et le mélanger aux autres pour créer ce roman.
Si l’on s’attend au happy end comme dans la plupart des contes, tout ne paraît pas gagné lorsque l’on tourne les pages de ce surprenant roman. Chaque chapitre apporte son lot de péripéties, et l’auteur nous mène du bout de sa plume aux quatre coins de son royaume imaginaire fantastique que l’on visite avec un respect mêlé de crainte.
Les descriptions de ce texte dressent un monde sombre, inquiétant et grouillant de dangers. Il n’en est pas moins fantastique et inexplicablement attirant. John Connolly sait révéler nos peurs enfantines et s’amuse à les égrener au fil du texte. Attendez-vous à revivre les contes comme vous ne les avez jamais vus !
Des chapitres un peu longs peut-être, et des titres qui en révèlent trop sur le contenu. Je préfère généralement un mot bien choisi qui épaissit le mystère autour de son contenu. Malgré tout, ces titres donnent au livre le côté «19ème siècle » des romans d’aventure de l’époque.
Le titre de ce roman, Le livre des choses perdues, est bien choisi : à la fois un élément incontournable de l’histoire, il possède l’extraordinaire pouvoir d’extraire de la mémoire du lecteur toutes ces petites choses d’une enfance plus ou moins lointaine.
Avis aux amateurs de contes pour grands.

Le livre des choses perdues.- John Connolly.- Editions J’ai Lu.- 2010.- 7€60

Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi

Mathias est un jeune homme triste. Sa mère vient de décéder à l’hôpital. Quand il rentre chez lui avec sa famille, les ombres ont tout envahi, et essaient même de rentrer dans leurs cœurs.

Mais sur le parking de l’hôpital, Mathias fait une découverte qui va changer sa vie : un mystérieux géant qui va l’aider à supporter les ombres, et surtout l’absence de sa mère. Mais cet espoir de retrouver sa mère dans le monde du géant est-il vraiment sans danger ?
Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi est le premier roman de Mathias Malzieu, surtout connu pour être le chanteur du groupe français Dionysos. Les amateurs de ce groupe retrouverons d’ailleurs dans ce roman le style décalé propre à l’auteur.
A travers la tristesse de son histoire, l’auteur réussit à nous emmener dans son univers irréel et presque absurde, digne des films de Tim Burton. Des personnages ordinaires se mêlent à d’improbables alliés, comme le fameux Giant Jack (que l’on retrouve dans l’un de ses albums).
Plusieurs thèmes présents dans ce roman comme la mort, le deuil mais aussi l’amitié, sont traités avec sérieux mais dans une tonalité éminemment fantastique. Cela permet sans aucun doute d’apporter une vision moins abrupte de la réalité et d’aborder ces graves sujets avec un recul donné par la présence de ces petites touches décalées.
Si l’histoire est prenante, le style d’écriture est quant à lui court et incisif, et parfois absurde. Chaque mot écrit est comme un coup asséné par l’auteur dans l’esprit du lecteur. C’est comme un cri de désespoir sorti de la plume de Mathias Malzieu.
Le lecteur attentif pourra également ressentir une peur enfantine cachée derrière ces phrases courtes : celle de la disparition d’un parent proche et de l’inconnu qui arrive forcément après elle. Cette peur se retrouve tout au long du texte, par des tournures de phrases plus longues que les autres, ce qui pour moi accentue l’effet poignant de la lecture de ce roman.
La lecture de ce roman apporte beaucoup plus au lecteur qu’un long discours sur la mort de ceux que l’on aime et les meilleurs conseils pour l’appréhender.
Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi est un roman qui s’inscrit dans la digne lignée d’un Alice au pays des merveilles ou d’un film de Tim Burton. Mathias Malzieu mérite à être connu aussi pour son travail d’auteur.
Extrait :
« J’ai encore du mal à convoquer les beaux souvenirs, les autres me tombe dessus sans crier gare. (…) Les ombres continuent leur travail de sape. Elles me piquent les yeux et déversent des litres et des livres de souvenirs bien récents – les pires. »

Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi.- Mathias Malzieu.- Flammarion.- 2005.- 15€