Les Guerres madrières

Dans le premier tome de la saga de fantasy Blizzard, Le Secret des Esthètes, la révolte s’est propagée contre la tyrannie de l’Inquisiteur, des pentes montagneuses balayées par les vents glacés aux somptueuses galeries souterraines des Esthètes jusqu’à la capitale où se tient le Grand Tournoi. L’invasion des Erzats, le peuple mi-humain mi-animal irradié par la magie, menace de déclencher une nouvelle grande guerre. Au coeur des montagnes, Chasseur, le jeune leader des révoltés, embarque pour le plus dangereux des voyages : explorer la part sombre de sa mémoire. Qui est-il réellement ? Ravivera-t-il les récits des terribles premières grandes guerres ? Réussira-t-il à trouver l’enfer des mages où se terre l’ombre de son étrange maître, Blizzard ? 

Si je suis restée sur ma faim avec Blizzard, j’attends tout de même la suite. Ce premier tome ouvre tout un champ de possibles, et j’espère vivement que la suite sera épique et plus étoffée !

Voici les derniers mots de mon avis du tome 1 de Blizzard.  Eh bien ce tome 2 a largement comblé mes attentes en termes d’épique et d’action ! Comme son titre l’indique si bien, la majeure partie relate l’histoire d’une affreuse guerre. Le récit de l’Esthète qui y a participé est vraiment bien narré et sait comment transmettre tous les détails dans un conte fluide qui nous emporte dans la fièvre et la peur des combats. Je suis à chaque fois ressortie un peu déboussolée de cette lecture. 
L’auteur possède un véritable talent de conteur donc, mais il sait aussi faire passer toute une palette d’émotions à travers ses mots. L’empathie se dégageant de ce texte est vraiment importante et il est difficile de ne pas se sentir immergée dans ce texte. Pierre Gaulon alterne donc des phases nerveuses avec d’autres plus calmes et contemplatives. Cette dynamique ainsi créée crée un rythme où le lecteur n’a pas le temps de s’ennuyer. Car le danger, la peur et l’exaltation guerrière rôdent à chaque pages pour nous replonger dans le tourbillon du passé de cette contrée
L’histoire est vraiment bien construite avec une alternance temporelle : le présent et celle des guerres madrières où tout a commencé. Il pourrait être aisé de se perdre dans une telle mouvance des époques, mais Pierre Gaulon manie sa plume avec dextérité et la transition entre présent et passé est fluide, naturelle. La maîtrise du suspens, si importante dans un tel récit, est bien présente. On quitte à regret une époque pour retrouver un nouveau rebondissement dans l’autre. Si parfois il m’est arrivée de passer des chapitres d’une période dans un roman, ça n’a pas été le cas ici. 
On retrouve les mêmes personnages qu’au début. Bien qu’ayant lu le premier tome il y a déjà quelques mois, je n’ai pas mis trop de temps pour me les rappeler. Ils n’ont bien entendu pas beaucoup évolué, mais reprendre là où on les avait quitté à la fin du tome 1 crée une continuité appréciable. Je suis toujours vraiment intéressée par les Esthètes et les mages, ces deux catégories si mystérieuses et complexes. 
Notons enfin la magnifique couverture réalisée par Michal Karez qui invite au voyage au même titre que le texte.
#En Bref
Les Guerres madrières est un très bon texte qui m’a beaucoup plu. Son caractère épique et la richesse des émotions qu’il sait faire paraître en fait un plaisir à lire à tel point que je l’ai refermé à contrecœur. 
Vous l’aurez compris, il s’agit d’un coup de coeur que je vous conseille. Pierre Gaulon est un auteur qu’il faut suivre à mon sens.

Lecture du mois : juillet 2015 !

Hello tout le monde ! J’espère que votre mois de Juillet s’est bien passé. Si vous êtes en vacances comme moi, qu’il a été prodigue en détente et en repos. Si vous avez travaillé… qu’il s’est bien passé aussi ! 
Contrairement au mois de juin où j’ai été débordée par le travail, j’ai lu cinq livres durant juillet. Des petits volumes et des gros pavés, pour un total de 1510 pages. Et parmi ces livres, il est temps de déterminer lequel a eu ma préférence !

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Le choix n’a pas été difficile à faire. J’ai lu de très bons livres durant ce mois, mais L’Instinct du Troll a été pour moi un véritable coup de cœur.
#De quoi ça parle ?
On suit les aventures d’un Troll employé comme contremaître dans une mine creusée par des nains. Mais son quotidien n’est pas de tout repos et il doit voyager à travers tout le pays pour diverses raisons, parmi lesquelles ses nouveaux amis humains figurent en bonne place. Et rien n’est simple pour un être millénaire, surtout découvrir les émotions et s’adapter à un monde nouveau…
#Pourquoi ce livre ?

L’écriture d’abord. La plume de Jean-Claude Duynach est vraiment fluide, légère. Il sait mélanger les tons pour faire ressortir l’ambiance du texte pour produire une histoire addictive à lire.
L’histoire est elle aussi très intéressante. Dans un monde indéterminé mais résolument fantasy, Jean-Claude Duynach nous emporte dans des aventures ROCambolesques dans lesquelles le troll, notre protagoniste, se retrouve embarqué malgré lui.
J’ai particulièrement apprécié ce personnage et sa construction. Il recèle les traits caractéristiques des trolls issus de la croyance populaire et se différenciant vraiment de ceux que l’on peut croiser dans la littérature. 
L’humour est très présent dans cette histoire et les passages ont été nombreux ou j’ai réellement éclaté de rire. Pas de blagues potaches, mais une finesse et des clins d’oeils parfaits. 
Un petit mot enfin à propos de la couverture que j’ai trouvé vraiment adaptée au texte. Chapeau l’éditeur !
#En Bref
L’Instinct du Troll est une excellente lecture que je recommande vivement !

#Et sinon, j’ai aussi…

  • Lu un livre que j’attendais depuis plusieurs années, pour en être finalement déçue : Armand le vampire d’Anne Rice
  • Fait le voyage jusque dans une petite ville d’Amérique du Nord qui revit grâce à une librairie dans La Bibliothèque des cœurs cabossés de Katarina Bivald
  • Incarné un ménestrel cachant une tueuse professionnelle dans une murder-party
  • Eté capitaine du Guet d’Edenorya, failli causer un incident diplomatique avec des nains, et être dévorée par un ogre dans le grandeur nature des Chroniques de Kandorya.
  • Mis en place un concours sur le blog jusque fin août !
Et vous, votre mois de juillet ? 🙂

La Prophétie de Viviane

Couverture La Légende de Kaelig Morvan, tome 1 : La Prophétie de Viviane
Lorsque le druide Delienn vient interrompre le deuil du seigneur Kaelig Morvan, ce dernier est loin d’imaginer que sa fille est condamnée à un sort funeste par une mystérieuse secte religieuse. En effet, une prophétie désigne Aela Morvan comme la descendante de la fée Viviane. Dans une Bretagne du XVIIème siècle, Kaelig va devoir laisser resurgir les démons enfouis au plus profond de son être pour tenter de déjouer les plans du baron Claude de Lessac.
Aidé par trois amis déterminés à offrir leurs vies pour sauver Aela, il va découvrir les mondes imaginaires du Sidh et tenter de dérober la flèche de Steor, seule arme capable de terrasser le baron.
Mais une question demeure : Kaelig Morvan parviendra-t-il à ne pas sombrer dans cette violence sanguinaire que sa défunte épouse était parvenue à contrôler ?


Ce premier tome de La Légende de Kaelig Morvan est assurément un roman étonnant, ce à plusieurs aspects. De petite taille, moins de 200 pages, il nous emmène à travers l’Histoire baignée par la féerie propre à la Bretagne. Romain Godest, l’auteur, est amoureux de sa région, et ça se voit.

C’est une histoire originale que l’auteur nous offre ici. Lorsqu’on parle de la Bretagne et du cycle Arthurien, on lit souvent des textes se déroulant dans un univers médiéval fantastique. Ici, l’époque a de quoi surprendre : le XVIIe siècle. Quant au voile féerique, il est bien présent. Mais en filigrane, comme une rumeur à peine évoquée. Ce voile confère au texte une sensibilité particulière que j’ai beaucoup appréciée. 

On retrouve des éléments de l’imaginaire celte et breton que j’apprécie particulièrement : le Sidhe, les druides et des éléments de la légende Arthurienne. Celle-ci est exploitée sous un angle nouveau : on ne s’intéresse pas au roi Arthur et à ses chevaliers mais plutôt à Viviane et sa descendance. Car la fée en a eu une et il importe de la protéger envers et contre tout. 

La plume directe et simple de l’auteur alliée à l’intrigue créent une atmosphère particulière où la sensation d’urgence est omniprésente. Cela passe par les héros harcelés par un ennemi (presque) sans visage, mais aussi par la rapidité des actions décrites. Ici, j’ai peu apprécié l’économie de détails que réalise l’auteur dans les scènes d’action. Qu’il résume une nuit de voyage en une ou deux phrases passe encore, mais les scènes d’action sont trop vite passées.

De la même manière, les personnages se montrent peu attachants, mis à part le barde Caerwyn et la petite Aela. Les autres protagonistes m’ont semblé un peu superficiels dans leurs réactions et leur construction. Kaelig Morvan quant à lui est un personnage intéressant dans les relations qu’il entretient avec sa fille et son rapport à sa famille disparu. L’auteur nous propose un héros dur et tourmenté mais touchant à sa manière. Une bonne réussite donc sur trois des personnages, tant pis pour le reste. 

#En Bref

J’ai plutôt apprécié la lecture de La Prophétie de Viviane malgré sa brièveté et la trop grande concision de l’écriture. Quelques personnages ont su me séduire et j’ai été enchantée par le mélange entre l’Histoire et la féerie dans ce texte. Surtout par la féerie. 🙂

La Légende de Kaelig Morvan T1 – La Prophétie de Viviane.- Romain Godest.- Ed. Ouest France

Lecture de moi : mai 2015 !


Un mois se termine de nouveau, et il a été plutôt bien rempli en termes de lectures ! Sept romans lus en tout, sans compter les innombrables lectures effectuées pour le travail. Que voulez-vous, c’est une passion ! De plus, j’ai désormais une petite PàL avec les derniers achats sur la table de chevet. Elle semble me regarder de travers lorsque j’achète un nouveau livre et que je la fais grandir. Étrange. 
Parmi les septs livres lus, lequel a eu ma préférence ?

en revenir aux fees
Je n’ai pas hésité une seule seconde pour choisir ma lecture du mois. J’ai mis du temps avant de commencer ce livre, et encore plus à me demander si j’allais vous en parler. Il est des histoires qu’on a envie de garder pour soi pour en conserver toute la magie. Mais il faut que je vous fasse partager ce coup de cœur !

~ De quoi ça parle ? ~

Le monde va très mal. L’Homme a détruit la Terre qui l’a créé et qui lui permet de vivre. Les gens sont confinés chez eux. Et le monde des Fées agonise également. Mais c’est sans compter sur le courage d’une petite fée nommée Folette qui tente de sauver ce qui peut encore l’être. Grâce au poète avec lequel elle vit, elle va littéralement remuer ciel et terre pour sauver sa planète. Quant à savoir si elle réussira… je vous laisse découvrir le récit…

~ Pourquoi ce livre ? ~

Parce que Nathalie Dau. C’est toujours un vrai bonheur de lire les textes de cet auteur que j’aime énormément. Parce que j’attends toujours avec impatience la sortie de ses romans. Sa plume fait vivre des univers où la féerie n’est jamais loin. Elle nous fait entrevoir ici un monde meilleur, un univers où la réalité est un peu plus riche que celle que l’on voit. Elle nous emmène dans un monde dans lequel j’aimerais bien rester plus longtemps. 

Ce texte fait moins de 200 pages, mais il est plus riche que d’autres romans paraissant aujourd’hui qui en font le double ou le triple. Toute en sensibilité, elle dissémine dans un univers noir de petites touches de magie et de lumière qui finiront par s’assembler pour créer un nouveau monde. 

Si vous aimez la féerie, une écriture mêlant contemplation, effroi et espoir, En revenir aux fées est vraiment LE livre fait pour vous. En plus, l’été approche. Fêtez dignement le retour des beaux jours avec cette magnifique histoire !

~ Un mois avec les livres…

  • Je suis allée dans un futur pas vraiment sympathique avec Le Visiteur du futur,
  • Je me suis promenée dans la Bretagne du XVIIe siècle et j’ai traversé plusieurs portes menant au Sidh, l’outre-monde,
  • J’ai visité la ville de Dole à travers son histoire,
  • Je suis plongée sous la Brume en compagnie d’Immortels,
  • J’ai plongé dans les Etats-Unis des années 20 avec Call of Chtulhu
Et vous, quelle(s) vie(s) avez-vous vécu en mai ?

La Cour des miracles

Couverture La cour des miracles

Prenez le Pouvoir ! N’attendez pas que les miracles se produisent. Réalisez-les !

Le Prix Mille Saisons inaugure avec La Cour des Miracles la première collection interactive des littératures de l’imaginaire. Nous vous proposons de choisir l’univers, l’auteur et l’illustrateur de nos prochaines publications. 


#Principe du recueil

Voilà à quoi vous attendre avec ce recueil pas tout à fait comme les autres. La Cour des miracles agit un peu comme un comité de lecture qui doit choisir un auteur plutôt qu’un banal recueil présentant des nouvelles reliées par un même thème. 

Je crois qu’il est vraiment indispensable de garder ceci en tête pour pouvoir appréhender correctement ces textes. A la fin du livre, vous disposez d’un code à entrer sur le site Internet du Grimoire pour choisir l’auteur et l’illustrateur les plus prometteurs qui seront ensuite publiés dans la collection Mille Saisons. 

Ce livre constitue à mon sens un pari plutôt risqué, puisque les éditions du Grimoire tablent sur l’adhésion financière et la participation des lecteurs à ce fonctionnement. Mais il s’agit d’une initiative très originale qui mérite d’être soulignée. J’ai trouvé l’implication des lecteurs dans le processus de sélection du prochain auteur et ce choix via Internet plutôt novateur. 
Bien entendu, il y a de quoi être inquiet pour la qualité future du livre, car ce n’est pas l’éditeur qui fera le choix (quoi que…), mais bien les lecteurs. J’espère tout de même qu’il s’agira d’un roman et que les nouvelles sont là pour donner un aperçu de ce dont l’auteur est capable !

#Et les nouvelles alors ?


La Cour des miracles est un recueil de vingt nouvelles de longueurs, d’univers et de qualité inégales. Certaines sortent clairement du lot car leurs auteurs ont réussi à dépasser la thématique de la “gueuserie” de la cour des miracles de Paris au XVIIe siècle. D’autres en revanche se sont cantonnés à cela et j’ai trouvé cela dommage.

On côtoie plusieurs univers. De l’historique à la science-fiction en passant par le fantastique et la fantasy, La Cour des Miracles est le moyen de découvrir différentes façons de voir la cour des miracles. Au total, ce sont vingt mondes qui s’esquissent et j’avoue avoir plusieurs fois eu l’envie de voir se prolonger l’aventure.

C’est le cas avec la nouvelle de Marion Poinsot, qui est pour moi la meilleure. Elle nous propose un univers far-west médiéval avec une pointe de fantasy et même un savant fou ! Je ne la connaissais qu’à travers ses illustrations des livres et bandes-dessinées de Pen of Chaos (Le Donjon de Naheulbeuk) et je pense qu’il s’agit d’un auteur vraiment prometteur. J’espère qu’elle sera sélectionnée !

On peut choisir l’auteur, mais également l’illustrateur. Ici, mon choix est plus difficile car aucun dessin n’a été un coup de cœur pour moi… Rassurez-vous, il y en a tout de même des très beaux.

Dans l’ensemble, les auteurs possèdent une bonne maîtrise du genre de la nouvelle. Celles-ci sont bien rythmées et possèdent une fin claire qui bien souvent n’a rien de brutal. Même si leur univers ne m’a pas forcément entraînée, il faut reconnaître leur maîtrise de la forme de la nouvelle !

#En Bref


La Cour des miracles est un ouvrage intéressant à plusieurs titres. Il s’agit d’un moyen de sélectionner le futur auteur publié dans la collection Mille saisons. Mais il propose également de nombreux univers de qualité diverses il est vrai, dont certains textes valent le détour. Votre chois sera difficile si vous décidez de tenter l’aventure ! Je vous conseille la nouvelle de Marion Poinsot que j’ai adoré !
Alors, prêts à faire un tour par la Cour des miracles ?

La Cour des miracles.- Collectif.- Coll. Mille Saisons.- Ed. Le Grimoire.- 25€

La Saga des neuf mondes

Couverture Sagas des Neuf Mondes, intégrale
Au cœur de notre vaste univers se dresse un majestueux frêne au tronc solide et aux branches vigoureuses sur lesquelles reposent neuf royaumes. Son nom : Yggdrasil.
Ami, prenez place ! En cette froide nuit d’hiver, Bjarni Steingrim, le scalde vagabond du Nord, a fait halte à notre porte pour nous conter l’histoire de ces mondes merveilleux où vivent de puissants dieux, de courageux mortels et d’étranges créatures.
Tremblez devant la colère de Thór ! Indignez-vous des fourberies de Loki ! Partagez la douleur de Freyja… Mais n’oubliez pas : côtoyer les dieux peut s’avérer dangereux.


Au vu de la couverture et des noms du pitch, vous êtes prévenus. En avant pour une plongée dans les mythes et légendes nordiques ! A la manière d’un conteur, l’auteur nous fait voyager entre Midgard, Asgard, Jotunheim. Sa plume nous emporte à travers ces histoires, nous fait côtoyer les dieux.

Pierre Efratas réussit à faire passer toutes les émotions ressenties par les protagonistes de l’histoire. Les contes ménagent du suspens et de l’action. Je me suis laissée entraîner dans cette ambiance si particulière de la veillée au coin du feu. Pas besoin de se concentrer beaucoup pour être réceptif aux émotions d’autant plus fortes qu’elles sont bien décrites : amour, tristesse, haine ou révolte.

Ces émotions sont rendues plus intenses du fait que les protagonistes sont souvent des Dieux. Créatures divinement supérieures à l’homme, mais qui se révèle tellement humaines par moments. Mais après tout ces contes sont racontés par un humble être humain… Dans tous les cas, on ne peut rester de marbre devant la détresse de Freya ou adorer détester le malicieux Loki !

Avec La Saga des neuf mondes, Pierre Efratas rend un véritable hommage aux Eddas poétiques par sa plume pleine de sensibilité et de finesse, tant dans ses descriptions que dans la narration. Ce court recueil de nouvelles, c’est du Snorri Sturluson remis au goût du jour, en gardant la beauté du texte et des légendes nordiques !

Et si on parlait du livre en lui-même pour terminer ? Il s’agit d’un très bel objet à la couverture cartonnée. Et le must réside dans les magnifiques illustrations signées Catherine Nodet

#En Bref

La Saga des neuf mondes est un véritable voyage dans l’espace et le temps sur les traces des Ases, des Géants de glace et des humains de Midgard ainsi qu’un hommage à Snorri Sturluson. Le tout magnifiquement illustré. 
Qu’attendez-vous ?! Je vous le conseille !

Je remercie Babelio et les éditions Flammèche  pour m’avoir permis de découvrir ce livre !


Ce livre entre dans le challenge 1 mois, 1 consigne 2015 !

La Saga des neuf mondes, intégrale.- Pierre Efratas.- Ed. Flammèche.- 2014

Le fantôme du mur

Ainsi, il existe à Dole, dans le Jura, une certaine maison de la vieille ville où on peut lire, gravée à même la pierre, la mise en garde suivante : “Abeant fures mures lemures”. Phrase latine qui peut se traduire par : “Fuyez voleurs, souris, fantômes”. Le fantôme du mur imagine ce qu’aurait pu être l’histoire – l’une des histoires – de cette maison et de ses habitants : un homme entre deux âges, un peu perdu, une vieille dame au soir de sa vie, un peu indigne. Sans parler de ses anciens locataires… Vous y croiserez également – doit-on y voir un hasard ? – l’esprit de Marcel Aymé sur fond d’histoire de la ville. 


Premier titre d’une collection très prometteuse, Le Fantôme du mur est un récit bien particulier. Court, mais plutôt riche de par son intertextualité et son contenu historique et géographique. 

C’est en effet une plongée dans les rues de la ville de Dole, une ancienne cité qui a connu bien des tracas. Se pourrait-il que le fantôme soit l’un des templiers qui avaient élu domicile dans la ville ? A travers son personnage, Jean-Pierre Favard mène l’enquête et nous fait découvrir une partie de l’oeuvre de Marcel Aymé, Le Passe-Muraille. 

Le Fantôme du mur est un texte très court qui s’inscrit dans la lignée de ce que d’autres auteurs classiques comme Maupassant auraient pu écrire. Un récit où le fantastique provient souvent de la façon qu’ont les gens de voir le monde… Le narrateur prend en effet le temps de considérer son environnement d’une autre manière et prend surtout le temps pour l’observer. 

#En Bref

J’ai apprécié de bref voyage dans le Dole passé et présent en compagnie du narrateur. Jean-Pierre Favard a su construire une intrigue prenante et qui se résout tout en délicatesse et en émotion.
Le Fantôme du mur ouvre une nouvelle collection prometteuse. Qu’attendez-vous pour découvrir cette histoire ? 

Le Fantôme du mur.- Jean-Pierre Favard.- Coll.LoKhaLe.- Ed. La Clef d’Argent.

La Reine des voleurs

Aux commandes du Tyran Boréal, Giselle se prépare à prendre de force le contrôle de la Maison Altarane pour libérer son île natale des flottes impériales. Pendant ce temps, Simmera est en quête d’un mentor pour lui enseigner l’usage du Varii Sensus, ce pouvoir mystérieux qui pourra peut-être la protéger de Nathan Tiresta et Staniel Suidaster. Mais Giselle et Simmera ont attiré sur elles l’attention de la Reine des Voleurs, une femme d’affaires au visage masqué qui dirige depuis son palais souterrain tous les criminels de Nagovie et qui ne reculera devant rien pour tirer profit de ces éléments perturbateurs.


Après un premier tome que j’avais vraiment apprécié et qui se terminait sur une promesse d’action, ce second tome démarre sur les chapeaux de roues. On se retrouve plongé in medias res dans la guerre souterraine qui fait rage entre les grandes maisons, mais aussi entre des entités immortelles. 

Pas le temps de s’ennuyer donc durant les 400 pages, je peux vous l’affirmer ! J’ai lu le premier tome il y a plusieurs mois, et j’avoue avoir eu un peu de mal à me rappeler qui est qui et qui appartient à quelle faction. Il faut dire que Varii Sensus possède un univers vraiment riche qui fait qu’on se perd parfois. Je persiste et signe d’ailleurs : il faut un addendum avec un rappel des principales informations. Comme les termes spécifiques, la théologie, les grandes maisons… 

Mais concentrons-nous sur l’histoire. Son rythme ne laisse pas au lecteur le temps de souffler et l’auteur l’entraîne à chaque chapitre dans cette intrigue qui se révèle pleine de surprises. On plonge ici sous la mystérieuse brume pour découvrir des êtres vraiment étranges. J’attends la suite de l’histoire pour en apprendre plus, car ils m’ont beaucoup intriguée. Certes, ces créatures sont tout juste évoquées, mais le peu de chose dévoilé place un mystère énorme qui tient en haleine sur ce monde en dessous de la Brume.

Puis on en apprend plus sur les fameux Adinns et leurs Adirs. Ou l’inverse, difficile pour moi de m’en souvenir à chaque fois. C’est autour des dieux et des immortels que s’axe l’histoire de ce tome. Dans Varii Sensus, rien n’est tout noir ni tout blanc. Et le déroulement de l’action nous fait comprendre cet état de chose, nous pousse à envisager la problématique sous différents angles. Selon les points de vue des personnages en somme !
Je le confesse, il m’a parfois été difficile d’appréhender toutes les subtilités des pouvoirs déployés par les Adinns et les immortels. Néanmoins, les descriptions et la narration sont très dynamiques et pallient la complexité de l’histoire en éclaircissant bien vite les détails un peu abscons. 

Si vous vous attendiez à une bataille rangée du côté des humains mortels (mais non dénués de pouvoirs), il faudra attendre la suite. Pour eux, l’heure est à la mise en place des pions sur l’échiquier. Sans compter les mystérieuses créatures de dessous la Brume qui ont été dérangées… 
Vous voyez l’attente que l’auteur a su générer et que je m’efforce de souligner ?

Peu de nouveautés niveau personnages. On reprend les mêmes que dans le premier tome, on les fait évoluer et on continue de les suivre ! Mais ceux-ci ont acquis une nouvelle dimension et se sont dotés de nouveaux pouvoirs. Spectaculaires comme celui de Simmera ou plus… familiaux pour Giselle ! D’autres se révèlent un peu plus, comme Nathan ou Staniel. Ils sont toujours aussi bien campés et les deux derniers restent mes préférés par leur ruse et le charisme qui émane de leur personne. 
Chaque personnage possède une personnalité qui lui est propre et le rend attachant d’une manière particulière. Comme pour les actions, chacun possède sa part d’ombre, et cette absence de manichéisme construit et réfléchit dans de la fantasy est vraiment rafraîchissant à lire. 

Côté écriture, la plume de Victor Nicollet est toujours un réel plaisir à lire. Elle sait s’adapter au ton de l’histoire, s’alourdir ou s’alléger lorsque c’est nécessaire. L’enchaînement de l’action et des dialogues se fait de manière parfaitement fluide. L’histoire, déjà bien construite tant dans le fond que dans la forme, se déplie un peu plus à chaque chapitre et laisse présager une nouvelle dimension pour la suite. Jusqu’où ira-t-on ? Seul l’avenir le dira ! J’ai hâte de voyager à nouveau sous la Brume pour découvrir un peu plus cet univers vraiment mystérieux !

#En Bref

J’attendais ce second tome au tournant, après l’excellente surprise qu’avait constitué le premier. Eh bien je dois dire que je ne suis pas déçue du voyage, et que je signe largement pour la suite ! Je vous conseille encore une fois Varii Sensus si vous aimez les univers complexes et riches, les personnages qu’on adore détester et un système de magie très développé.

Varii Sensus T2 – La Reine des voleurs.- Victor Nicollet.- Auto-édition

Point lecture !

Bonjour tout le monde ! J’espère que tout va pour le mieux pour vous, que vous avez passé un week-end reposant (pont ou pas) et que votre semaine sera comme vous le souhaitez ! Le mien a été studieux… rédaction du mémoire de stage et d’une petite chronique d’un manuel de jeu de rôle ! Et j’ai terminé La Saga des 9 mondes de Pierre Efratas !
C’est donc une nouvelle semaine, avec de nouvelles lectures qui s’ouvre à moi !


#L’Hiverrier de Terry Pratchett

Un peu d’émotion à la lecture de ce livre, à double titre même. C’est le dernier publié par Pratchett avant son décès d’abord. Je n’ai pas lu tous ses romans, mais savoir que celui-ci est le dernier paru m’incite à le savourer. Ensuite… Je renoue avec le site Mythologica sur lequel mon avis sera d’abord publié !

#La Légende de Kaelig Mervan T1 – La Prophétie de Viviane de Romain Godest

A peine sortie de la mythologie nordique, je replonge dans les légendes arthuriennes que j’adore ! J’ai hâte de commencer ce roman à la très belle couverture illustrée par Brucero 🙂
Voilà pour ma semaine de lecture ! Et vous, où en êtes-vous ?

Fille des deux rives

Rille des 2 Rives BD
Il y a quelques jours, Bodmaëlle Galliep était une jeune exorciste brillante, promise à un bel avenir. Aujourd’hui, à cause d’un imbécile à moitié ivre, elle grelotte dans les geôles de sa propre inquisition, accusée d’hérésie. Elle, dont la foi a toujours guidé les pas, traitée comme le dernier des mécréants !


Fille des deux rives est le premier roman publié aux éditions Mythologica que je découvre. Il s’agit d’un petit récit de moins de 300 pages dans lequel l’auteur a réussi à faire tenir une histoire au déroulement complexe.

On retrouve dans cette histoire la traditionnelle opposition religion/magie, cette dernière étant considérée comme maléfique et démoniaque. Mais l’auteur va plus loin en ouvrant un espace de dialogue entre les deux entités. Ce dialogue rappelle en filigrane celui, plus réel, de l’opposition entre science et religion qui existe encore de nos jours. Si l’entente est difficile entre les protagonistes, leurs idées, bien que différemment exprimées, sont souvent plus proches qu’on veut bien le croire. Ce débat pousse à extrapoler la réflexion sur les problématiques existant dans notre réalité, et cela fait à mon sens la grande force du récit.

La religion n’honore pas vraiment un dieu, mais plutôt l’élévation de l’esprit à travers la Sagesse. Cela peut rappeler la philosophie antique, à cela près qu’un dogme et un système judiciaire ont été instaurés pour le culte sapientiste. J’ai donc été plutôt circonspecte devant le paradoxe mis en place par cette religion qui prône l’élévation de l’esprit mais condamne certaines positions intellectuelles.

Et de l’autre côté, nous avons la magie. Celle-ci relève par certains aspects de la science. Avec quelque chose d’original en plus, l’Envers-monde, ce dans quoi les mages vont puiser une partie de leurs pouvoirs. C’est à mon sens un autre point fort de cette histoire, et j’ai particulièrement apprécié le voyage de l’un des protagonistes dans cet univers parallèle. Car c’est bien de cela qu’il s’agit à entendre le dialogue du personnage avec un autochtone. C’est simplement dommage que ce voyage ait mis autant de temps à arriver dans l’histoire. 

Car le rythme est plutôt inégal dans cette histoire. Certes il y a des moments intenses en activité, mais ils sont pour moi trop inégalement répartis dans l’ensemble du récit et les creux m’ont fait parfois délaisser l’histoire. Toute la première partie du récit est plutôt lente et traite de la réclusion et de la fuite de la jeune femme. L’histoire reste prostrée sur les circonvolutions mentales des inquisiteurs et de Bodmaëlle. Certes, l’importance accordée à la réflexion est une posture qui se défend, mais je n’y ai pas accroché dans cette histoire. De longs passages contemplatifs viennent encore alourdir le récit par leur nombre beaucoup trop élevé et sans importance vitale pour l’histoire.

Le dernier bémol que je pourrais formuler à propos de cette histoire est l’absence de carte ! L’histoire dépeint un monde qui semble vraiment bien construit, mais il m’a été impossible de m’y attacher et de m’y repérer en l’absence de carte. A cause de cela, c’est un pan entier de l’histoire qui tombe à l’eau…

Ophélie Bruneau a réalisé un important travail sur la psychologie de ses personnages et tissé une toile de relations dans leurs backgrounds respectifs. Ceux-ci sont partie prenante de l’histoire et les liens qui les unissent participent à l’intérêt que j’ai eu pour Fille des deux rives.

#En Bref

Fille des deux rives est un roman à l’intrigue intéressante qui pousse à réfléchir sur le rapport entre croyance et science et surtout entre les liens qui peuvent être tissés entre eux. Ophélie Bruneau nous propose un monde et un Envers-Monde intéressants et des personnages très bien travaillés et partie prenante de l’histoire. 
Malgré une inégalité dans le rythme et certaines faiblesses de l’histoire, cette lecture m’a plu et je vous la conseille tout de même.

Fille des deux rives.- Ophélie Bruneau.- Ed. Mythologica.- Disponible