Le bouclier obscur


Uther est un homme des plus ordinaires : informaticien, enseignant et agnostique convaincu. Il partage sa vie entre ses cours, la lecture de romans fantastiques et les jeux vidéos. Jusqu’au jour où il se retrouve confronté à un étrange virus informatique qui diffuse des images de plus en plus atroces.

Uther alors se retrouve embarqué dans des aventures plongeant de plus en plus profond dans un univers digne des romans fantastiques les plus sombres.


Qui ne connaît pas John Lang, le créateur du fameux univers de Naheulbeuk ? L’auteur nous dévoile dans Le Bouclier obscurune autre facette du chaos dont il a tiré son nom de plume.
Si vous vous attendiez à de l’humour, ce roman n’est pas pour vous. Sauf si vous l’appréciez noir et piquant, peut-être.
L’histoire s’enchaîne rapidement, et comporte quelques « interludes » coupant les actions les plus palpitantes. Deux avantages à cela selon moi : garder le suspens à la manière d’une page de publicité (en bien plus passionnant je vous rassure) et éclairer le lecteur petit à petit sur la suite de l’histoire.
La trame de fond semble si cohérente qu’on aurait presque envie de croire que cela pourrait arriver. Tout est mis en scène dans ce sens : le virus informatique, les confréries secrètes, des meurtres que les autorités font passer pour des actes terroristes… John Lang a vraiment pensé à tout.
Ce rôliste invétéré a su dans son roman dresser des descriptions précises de scènes variées, mais aussi de rituels. De la même manière, les dialogues sont naturels sans superflu, ce qui facilite la lecture et l’immersion du lecteur dans l’histoire.
Celui-ci aura d’ailleurs l’impression de sentir l’odeur des cadavres et d’entendre les gémissements de douleur des suppliciés.
Le Bouclier obscur est un roman à mettre entre les mains de lecteurs éclairés – et avertis. 

Le bouclier obscur.- John Lang.- 244 pages.- Editions Physalis.- 2012

Fissures

Étrange, morcelée, craquelée, notre réalité se délite et nous entraîne dans son sillage. Les certitudes vacillent, les idéaux s’estompent et l’on contemple les fissures de ce monde que l’on croyait inébranlable. Il est plus tard que vous ne pensez, votre quotidien a déjà basculé.
Hiroshima : des rêves devenus réalité.
New-York : la dramatique attente d’un père confronté au coma de son fils unique. 
Londres : devenir trader, une revanche sociale ?
Londres again : une enquête qui ouvre de nouvelles perspectives.
Dunkerque : et si le carnaval révélait l’âme véritable d’une ville ?
Sauver ce monde… Ou l’accepter ?
Au fil de quinze récits, Jess Kaan vous convie à partager son univers, ses peurs, ses espoirs aussi… 
Venez.

Le recueil commence fort avec une nouvelle assez courte sortie tout droit d’un imaginaire digne de Lewis Carroll. La manière dont le fantastique s’intègre dans la réalité (parfois dure) du quotidien des personnages est tellement fluide qu’elle en paraît presque naturelle.
L’auteur, originaire du Nord, rend un bel hommage aux traditions de sa région à travers plusieurs coutumes : les carnavals des Flandres, les maisons d’auteurs… Tout est véridique et témoigne à la fois d’un vécu et de recherches approfondies sur le sujet.
Les protagonistes sont variés et permettent au lecteur de parfois s’identifier à leur caractère. Tous semblent incarner une humeur particulière : la colère, l’avarice, l’ambition, la luxure… C’est un véritable panel de la psychologie humaine que l’auteur nous dévoile à travers ces quinze nouvelles.
Dans Fissures, Jess Kaan revisite nombre de mythes et légendes de tous horizons : de Midas aux contes du petit peuple en passant par Lovecraft.
C’est sur ce point que le titre prend tout son sens : le réel s’altère et ouvre des portes menant à d’autres réalités dans lesquelles l’imaginaire est tangible.
Amis lecteurs, retrouvez donc dans ce recueil nombres de fantômes, animaux maléfiques, mages et autres zombies pour votre plus grand plaisir !
Ces quinze nouvelles sont en définitive -trop- rapides à lire ! Le style de l’auteur, direct et parfois incisif, a tout pour plaire et colle parfaitement à l’exercice parfois complexe de la nouvelle.
Jess Kaan accomplit avec Fissures l’exercice fastidieux de renouer avec la tradition du fantastique « classique » tout en y ajoutant une touche de modernité totalement personnelle.
Un très bon travail d’auteur en somme.

Fissures.- Jess Kaan.- Mai 2012.- 7€30.- Ed Lokomodo

Sex, drugs & Rock’n’Dole

C’est un évènement dans la petite ville de Dole : Edie, l’égérie de la scène gothique est en concert avec son groupe. Elle a tout renié pour connaître la gloire, même son âme. Après un retard de plusieurs heures, les premières notes retentissent dans la salle. Mais un phénomène étrange se produit : la foule en liesse se trouve plongée dans une transe fiévreuse. Les corps se mêlent, et tous les spectateurs adoptent un comportement étrange. Le lendemain, tous les médias se déchaînent sur l’évènement  Edie a disparu, et toutes les personnes, musiciens compris, n’ont aucun souvenir de la soirée écoulée.

Sauront-ils retrouver Edie ? Et même, retrouver simplement leurs souvenirs ?

Amis lecteurs, laissez-vous mener dans cette histoire à travers différents personnages : Edie bien sûr, mais aussi un membre de son groupe, des spectateurs, des roadies et même des motards.

Chacun possède des bribes de souvenirs de la soirée. C’est sur cette idée que l’auteur a construit ce récit, en morcelant l’histoire en épisodes. Cette construction, ingénieuse, garde le lecteur en haleine jusqu’au bout du texte et à continuer sa lecture à la fin de chaque paragraphe.
Jean-Pierre Favard nous apporte ici un récit prenant dans lequel le fantastique est savamment distillé. A travers un livre plus précisément, qu’Edie reçoit d’un mystérieux admirateur belge. S’en suit la description d’un rituel magique complexe et son but : la célébrité.
Mais la recherche de la célébrité a une contre-partie : un marché avec le diable et la perte de son âme. Edie va-t-elle rentrer dans le club très fermé des « morts à vingt-sept ans » ?
Sex, drugs & Rock’n’Dole est un bon roman d’un auteur à ne pas laisser passer.

Sex, drugs & Rock’n’Dole.- Jean-Pierre Favard.- 143 pages.- Ed. La Clef d’Argent.- 12€

Les aventures fantastiques d’Hercule Barfuss

Par une sombre et froide nuit de l’hiver 1813, le Destin joue à un jeu cruel. Dans une maison de passe, deux enfants naissent en même temps. Henriette, une petite fille belle et saine, et Hercule, un petit monstre difforme. Ils grandiront ensemble dans la relative sécurité de la maison de Madame Schall. Hercule, sourd et muet de naissance, est doté d’un pouvoir extraordinaire : il lit dans les pensées.
Mais cela ne pouvait pas durer. Suite à une série d’incidents révélant son existence, Hercule est arrêté et enfermé dans un asile, puis libéré et admis dans un couvent. Tout se complique dès son voyage à Rome durant lequel il sera dénoncé comme créature du Malin. S’en suivra alors une fuite continuelle à la recherche d’un bonheur perdu… Retrouvera-t-il son Henriette chérie ?

Les aventures fantastiques d’Hercule Barfuss s’inscrit dans la lignée des feuilletons du 19ème siècle. Entre la satyre sociale et le roman d’aventures, l’auteur dresse aussi une réflexion sur la perception du monde, mais également sur la « normalité » de l’humanité.
Le réalisme avec lequel est racontée l’histoire est prenant : les lieux existent réellement, par exemple pour Martha’s Vineyard,qui a réellement été la première communauté américaine de sourds.
Il en va de même pour les personnages : toute l’ambiguïté du genre humain est rendue dans les pages de ce roman. L’exemple le plus évident est le protagoniste, Hercule Barfuss. Rejeté, craint et même haï et persécuté par l’église à cause de son physique difforme, le lecteur ne pourra ressentir qu’empathie pour cet être avec lequel la nature n’a pas été tendre. Néanmoins, il pourra être saisi d’effroi quand il apprendra les actes commis à l’aide de son pouvoir.
Il est donc difficile dans ce roman d’aimer ou de détester totalement les personnages : tous ont des qualités indéniables mais également des travers bien visibles. Un bel exemple de réalisme.
Mais le fantastique n’est pas totalement absent des Aventures fantastiques d’Hercule Barfuss. Il est télépathe. Cette dimension imaginaire n’est toutefois pas dénuée de fondement : on en revient à toute la réflexion sur la parole et l’importance somme toute relative des mots par rapport aux idées.
J’ai apprécié cette lecture et la recommande à tous les amateurs de feuilleton, mais également pour ceux que la religion et en particulier l’Inquisition intéresse… 

Les aventures fantastiques d’Hercule Barfuss.- Carl-Johan Vallgren.- 2010.- Ed livre de poche.- 7€60

L’Enfant du cimetière

Yoann n’est pas à proprement parler un « enfant trouvé». Il a, certes, été abandonné par sa mère dans un cimetière, mais a été recueilli par ses occupants nocturnes, les Esprits. Tout va bien dans le meilleur des mondes : Yoann tombe même amoureux d’Ora, le spectre d’une petite fille de douze ans aux épais cheveux et aux grands yeux noirs de jais. Mais une menace plane sur la vie paisible du cimetière : un agrandissement est prévu, ce qui inclut le déplacement des tombes de ses plus anciens occupants.
Yoann est découvert et emmené de force dans un orphelinat. Aidé d’Ora, parviendra-t-il à s’échapper et à sauver le cimetière où il a toujours vécu ?

L’Enfant du cimetière est un conte gothique. Ici pas de macabre mais le récit fantastique d’un jeune garçon vivant parmi les Esprits au beau milieu d’un cimetière ! Toutes les caractéristiques du conte sont reprises dans cette histoire : un héros, une histoire d’amour, un complot et même une malédiction menaçant les esprits rebelles ! De quoi promettre une lecture palpitante.
Si la trame du conte est connue, l’histoire est en revanche originale. Durant la lecture, je n’ai pas cessé de penser que l’univers dessiné par l’écrivain est semblable à celui de Tim Burton.
L’intemporalité de l’Enfant du cimetière est une autre caractéristique du conte. L’époque non définie donne au lecteur tout le loisir d’imaginer celle qui l’attire le plus. Pour moi, cela a été le XIXème siècle, période durant laquelle nombre d’écrits à propos d’orphelins ont vu le jour.
Il s’agit d’une histoire courte, trop peut-être. Chaque chapitre est clos par un dessin représentant un élément mis en exergue. J’aurais trouvé approprié la présence d’une carte représentant le cimetière, ce qui aurait été un plus pour l’histoire. Cela aurait permis aux jeunes lecteurs de se représenter les lieux avec peut-être plus de facilité.
Mais c’est, je pense, le seul « reproche » que l’on puisse faire à ce livre.
Amateurs de contes, procurez-vous l’Enfant du cimetière au plus vite.

L’enfant du cimetière.- Pierre Brulhet.- 2010.- Ed Juste pour lire.- 12€

Sur la piste des dragons oubliés (premier carnet)


Ce Carnet contient mes notes et les croquis accumulés lors d’un long voyage aux confins des terres de Bretagne, d’Irlande et d’Ecosse.
« Sur la piste des dragons oubliés »
Il est précieux, prenez-en soin.
E.B.M.

Lecteur, ce que vous tenez entre vos mains est une reproduction véritable du carnet original d’Elian Black Mor, le célèbre chasseur de dragons. Vous trouverez nombre de découvertes qui ont motivé ses voyages à travers les terres celtes : Bretagne, Irlande et Ecosse à la poursuite de dragons perdus dans le temps.

Il a réusi à le prouver : les dragons existent bel et bien. Vous le découvrirez en feuilletant les pages chargées de souvenirs récoltés ici et là : tickets d’entrée pour un spectacle où vous pouviez voir un vrai dragon, notes écrites avec rapidité relatant les réflexion de l’auteur et même des coupures de journaux relatant un fait exceptionnel !
Préparez-vous à frissonner à chaque page : qui sait ce que la suivante vous réserve ! Laissez-vous emporter par la lecture de ce carnet et peut-être partirez-vous vous-même à la recherche des dragons !
Quand on ouvre Sur la piste des dragons oubliés, c’est avant tout un carnet de voyage qu’on lit. L’attention portée à la qualité graphique et textuelle de cet ouvrage est merveilleuse : chaque élément est à sa place, de telle manière que le lecteur sera bluffé et sera poussé à se demander plusieurs fois s’il s’agit oui ou non d’un réel carnet.
Les illustrations sont toutes plus belles les unes que les autres : que ce soit celles en couleur dignes des plus beaux tableaux, ou les simples croquis pourtant réalisés par le dessinateur hors-pair qu’est l’auteur. Toutes les peintures recèlent une touche de magie qui rend ces créatures tellement vivantes que s’en est presque douloureux.
Ce premier carnet ouvre une série tous plus beaux les uns que les autres. N’hésitez surtout pas à succomber à l’appel de ces majestueuses créatures ailées. Mais surtout n’oubliez pas :
« Qui trop combat le Dragon devient Dragon lui-même. »


Sur la piste des dragons Oubliés.- Elan Black Mor.- Ed Au bord des continents.- 23€ 
Le site de l’auteur…

Dreamworld

Dreamworldest l’un des recueils de nouvelles de Sire Cédric, et à mon sens le meilleur. Il compte en tout neuf nouvelles de longueurs différentes et portant sur des univers variés allant du conte poétique à l’horreur la plus macabre, pour le plus grand plaisir des amateurs du genre. Dans Dreamworld, Sire Cédric réussit le pari de concilier des thèmes que peu de personnes n’ont rassemblé auparavant, et parfois avec une intense plume poétique. Si l’auteur a pu se montrer brutal, cauchemardesque voire gore dans son écriture (je pense notamment à son premier roman Angemort, à ne pas mettre entre toutes les
mains !), le ton change de manière radicale dans ce recueil.



Le lecteur pourra retrouver les thèmes importants du mouvement littéraire gothique : la fascination pour la mort, l’importance de l’atmosphère du récit, le tout mêlé à une époque actuelle. Le fantastique y est également habilement mêlé. On peut ainsi retrouver au fil des nouvelles des anges, des esprits malicieux (ou vraiment malins), des vampires et autres démons et même des restes de dragons…
Amateurs de fantastique, d’histoires courtes ou simplement de poésie, je vous invite à vous plonger d’abord dans l’incipit de ma nouvelle préférée intitulée Requiem.
L’ange est assis sur un trône d’ébène. Un ange noir. Noirs ses vêtements, des voiles si légers qu’ils semblent à peine réels, et à travers lesquels on distingue la peau, comme une peinture encore humide. Ses longs cheveux ondulent d’eux-mêmes, devant son visage anguleux : des pommettes dures, un nez fin et droit, des yeux impassibles, la perfection d’une statue. Une statue d’encre.
Noires ses immenses ailes qui s’étendent au-dessus de lui, de part et d’autre de ce trône, des ailes puissantes et bruissantes, dont les plumes frémissent et gémissent en un chant étrange, un murmure de soie et d’oubli miséricordieux. Un chant de mort. Un ange de mort. Assis sur le trône de Solitude.

Peu de novellistes et romanciers retiennent mon attention et encore plus rares sont ceux dont je lis tous les livres. Sire Cédric fait partie ce ceux-là.

Dreamworld.- Sire Cédric.- 2009.- Pré aux Clercs

La Compagnie des fées

La forêt de Sherwood, devenu un haut lieu du tourisme en Angleterre, est petit à petit rongée par la civilisation moderne. A tel point que les elfes, sagement gouvernés par Obéron et Titania, doivent se résoudre à quitter leur demeure ancestrale où ils étaient établis depuis la nuit des temps.
Commence donc un voyage haut en couleurs, agrémenté par des événements tous plus imprévus les uns que les autres : un jeune homme ensorcelé en charge de les aider à atteindre une autre forêt plus grande, le vol d’un enfant par Titania qui déchaînera les médias du monde entier… A leur passage, nombre de créatures mythiques se réveillent et se remettent à vivre… même les pires, comme Morgan Le Fay qui volera l’enfant de Titania. Les elfes arriveront-ils sains et saufs à la Nouvelle Forêt ?

La compagnie des fées est pour moi le meilleur mélange des légendes arthuriennes, celtiques, mais aussi d’une excellente adaptation du Songe d’une nuit d’Été de l’éternel Shakespeare. Le lecteur pourra d’ailleurs assister à une scène hilarante dans laquelle les elfes croiseront la route d’une troupe de comédiens en pleine répétition d’une scène du Songe d’une nuit d’été… Puck et ses compères seront ulcérés de voir de vulgaires humains prendre leur rôle de manière si mauvaise.
Le lecteur pourra donc y retrouver les personnages principaux de la pièce, en chair et en os : Obéron le roi des elfes, Titania la reine des fées, mais aussi Puck, le lutin malicieux. Guidés par Sid, le jeune mécanicien, ils chercheront coûte que coûte à rejoindre la Nouvelle Forêt dans laquelle ils pourront vivre en sécurité.
Durant leur voyage, ils passeront par des sites chargés en légendes et en magie : stonehenge par exemple. C’est là qu’ils devront affronter la terrible Morgan qui s’est éveillée à cause de l’onde de choc provoquée par le mouvement d’un peuple magique.
De nombreuses légendes vont être offertes au lecteur durant le voyage des elfes : une vache immense, un géant… autant de mythes plus ou moins connus de l’histoire anglaise. En plus de la lecture d’un roman fondamentalement drôle et émouvant, le lecteur pourra également dévorer une véritable tranche du folklore britannique.
La Compagnie des fées est donc un véritable hommage à la littérature et aux légendes britanniques et celtiques. Ce roman drôle et émouvant est à mettre au plus vite dans toutes les bibliothèques des amateurs des légendes, mais aussi de la fantasy en général !

La compagnie des fées.- Gary Kilworth.- 2005.- Ed Terre de brume
Paru en 2007 aux éditions Folio SF

Baroque’n’Roll


Après avoir beaucoup apprécié le premier roman d’Anthelme Hauchecorne, j’ai attendu avec impatience son ouvrage suivant. Je n’ai pas été déçue. Baroque’n’roll est un recueil de quinze nouvelles à l’humour acéré et désabusé.




Le procès d’un diablotin, un vampire séculaire battu par des enfants, un jardin d’Eden en jachère où vont les âmes des athées… Quinze portraits (presque) sans concession. Des dilemmes entre la vie et la richesse dans une mine, un drame lors d’un télé-crochet ressemblant étrangement à ce que l’on connaît, l’esprit critique du lecteur est sans cesse aiguillonné par les situations proposées par l’auteur de La Tour des illusions.
Le lecteur est ainsi placé devant le fait accompli et n’a plus qu’à rire (peut-être jaune parfois) devant ces saynètes aussi drôles que piquantes.

Traiter de sujets d’actualité en employant à la fois un registre humoristique et fantastique est à mon sens le meilleur moyen d’impliquer les lecteurs dans notre monde actuel. De plus, le genre fantastique est une manière de montrer en « miroir » les défaillances de notre monde actuel. Un parti-pris politique et moral qui transparaît de la plus drôle des manières pour nous faire prendre conscience de la fragilité des sociétés modernes.

L’écriture de nouvelles fantastiques est un exercice difficile que peu d’auteurs ont su mener à bien. Ce recueil fait partie du lot en alliant humour et dénonciation morale.

Baroque’n’roll.- Anthelme Hauchecorne.- Editions Midgard.- 2012.- 376 pages.- 15€50


La Tour des illusions est un livre paru en 2011 aux éditions Lokomodo. L’auteur nous délivre une vision interne de la future pauvreté française. SDF, personnes fragiles psychologiquement se retrouvent enfermées afin de subir d’étranges tests. C’est alors que se révolte une bien étrange tribut… des rats.