[Chrono-critique] L’homme qui sauva le monde (et autres sources d’étonnement)

Couverture L'Homme qui sauva le monde et autres sources d'étonnement
Vous trouverez dans ce livre des histoires qui auraient leur place dans une anthologie du fantastique. Des artefacts mystérieux, des expériences scientifiques que Victor Frankenstein n’aurait pas reniées, des lieux tout droit sortis d’une nouvelle de science-fiction. . . et même un homme qui sauva le monde sans lever le petit doigt. Mais malgré leur caractère extraordinaire, ces histoires partagent une même qualité : 

elles sont bel et bien réelles !


Le petit animal lui-même choisi par l’auteur pour son travail de cabinet de curiosité virtuel est une source d’étonnement. C’est apparemment le seul qui ne sort pas de l’état larvaire, contrairement à d’autres espèces qui se rapprochent de l’Axolot. Autant vous dire que le totem de Patrick Baud donne le ton à ce qui suit sur le blog, sur sa chaîne Youtube et dans cet ouvrage.

Il me faut reconnaître en premier lieu le talent de conteur de Patrick BaudÀ l’oral ou à l’écrit, il réussit à instaurer cette ambiance si particulière au récit d’histoires presque fantastiques mais pourtant tout à fait vraies. S’il faut retenir une chose de cette lecture, c’est que le monde n’a pas fini de nous surprendre. L’écriture de Patrick Baud est quant à elle efficace, très agréable à lire et efficace. Elle est sûrement le fruit d’un énorme travail et le résultat est tout simplement réussi. 

On trouve de tous les types d’histoire dans ce récit : des faits humains, des découvertes extraordinaires terrestres ou spatiales… Difficile de ne trouver sujet à son goût. Et ce genre de cabinet de curiosité de papier se plie à tous les genres de lecture : fait après fait ou bien flânerie de page en page selon ce qui nous sied sur le moment. Et c’est pour moi cette diversité qui fait la force de ce livre

Si vous êtes un lecteur ou spectateur accoutumé d’Axolot, vous trouverez quelques nouveautés en termes de texte, mais aussi des illustrations variées qui agrémenteront les récits. C’est là le seul bémol qui j’apporterais à cet avis sur ce livre. J’aurais apprécié plus d’illustrations, même en noir et blanc, des propos de l’auteur.
Rien de bien grave, vous voyez.

#En Bref

L’homme qui sauva le monde et autres sources d’étonnement est un très bon ouvrage. Presque un cabinet de curiosité papier. C’est dire. Si vous aimez écouter et lire des histoires de ce genre, je vous conseille ce titre. Et aussi la chaîne Youtube de l’auteur

L’homme qui sauva le monde et autres sources d’étonnement.- Patrick Baud.- Ed. Lulu.com (auto-édition)

Point lecture

Hello tout le monde et joyeux noël/solstice d’Hiver ! J’espère que vous profitez bien de cette période d’entre les fêtes de fin d’année pour lire plein de livres ! C’est ce que je fais, j’alterne entre livres et films…
Et à propos de livres… 

Que suis-je en train de lire en ce moment ?

Couverture Vérification de la porte opposée
C’est une véritable plongée dans l’Est que nous propose Sylvain Tesson. Les nouvelles sont de longueur différentes, ne traitent pas des mêmes problématiques, mais sont toutes écrites de cette plume qui fait voyager l’esprit à travers les steppes sans fin et les montagnes immenses. Et bien souvent, les nouvelles ont une fin… surprenante quand on tient compte de l’histoire. 

Bref… Je profite de cet ouvrage nouvelle par nouvelle et j’adore !

Et vous, vous lisez quoi en ce moment ?

La Maison des mages


Quand le Bien et le Mal n’existent pas, seuls restent les choix.

Tiul est le plus mauvais étudiant de La Maison des mages, plus intéressé par les filles des tavernes que par l’art qui permet à ses confrères de manipuler les forces de ce monde.
Anthalus est un mercenaire de bas étage qui vit au jour le jour entre tueries et trahisons.
Qiruë, craintive et chétive, est la dernière représentante du peuple moribond et décadent des Elfes, méprisée et haïe par ses supérieurs.
Alishr est un jeune écuyer malingre qui rêve de devenir paladin, malgré les brimades et l’ostracisme dont il est la victime.
Ce ne sont pas des héros, et il est probable qu’ils ne le deviennent jamais.
Pourtant, alors que la mystérieuse Maison des mages, qui apporte aide et éducation aux populations, tisse son réseau tentaculaire au cœur des Six Royaumes, le destin du monde va heurter le leur de plein fouet et les jeter face à des forces magiques aussi anciennes que l’univers.
C’est avec et contre elles qu’ils devront écrire la légende des siècles à venir.

Qu’en ai-je pensé ?

Aussitôt lu, aussitôt chroniqué. J’ai même décalé la parution de ma critique, prévue le mercredi si vous suivez mon blog.

J’avais beaucoup apprécié le premier tome de ce diptyque qui plongeait son lecteur dans une aventure épique et haletante. Eh bien la suite ne dépare pas question epicness. L’histoire se déroule trois siècles après l’intrigue de La Geste du Sixième Royaume. Si on retrouve les principales puissances politiques et autres ordres de paladins, seuls quelques personnages se retrouvent d’une histoire à l’autre.

Les personnages sont bien construits, très cohérents et surtout très réalistesÀ tel point que j’ai eu envie de les secouer à plusieurs moments. On peut très bien s’imaginer avoir une réaction analogue à celles des protagonistes si on se retrouvait propulsés dans la même situation. 

Mieux encore, les personnages ont réussi à susciter en moi l’étonnement. Ils sont opaques et semblent bien résister au récit : l’auteur a relevé le difficile défi de donner à ses personnages des secrets, une part d’ombre qu’ils dévoilent au moment adéquat et seulement lorsqu’ils n’ont pas d’autre choix. Un peu comme le feraient des personnes réelles. Vous comprenez l’excellent travail de création fait par Adrien Tomas ?

On suit les péripéties de nombreux personnages très différents. L’auteur a réussi à leur donner une personnalité propre à chacun d’entre eux, leur conférant un charisme très personnel. Ainsi, chaque lecteur pourra apprécier plus ou moins chaque protagoniste selon ses propres inclinations. Mais en aucun cas on ne peut rester indifférent à un personnage, l’histoire et son intrigue y veillent.

Côté écriture, rien à redire. Chaque élément de l’intrigue a priori anodin possède son importance même si celle-ci ne sera révélée que plusieurs centaines de pages après. La Maison des mages possède un très bon équilibre entre narration, descriptions et dialogues. Et l’auteur ne laisse pas son lecteur démuni devant une intrigue aussi colossale : de subtils rappels à la fois au premier tome et aux éléments inhérents au second opus sont présents comme autant de panneaux indicateurs plutôt discrets. Pas de gros panneaux « Dans l’épisode précédent » ou « Mais si, rappelez-vous », mais quelque chose qui ne gâche pas la lecture.

Si je devais résumer l’histoire en un mot… j’évoquerais sa complexité. Chaque page tournée alimente encore un peu les ramifications de l’histoire et pose autant de nouveaux éléments de suspens qu’il en résout. L’étoffement de l’intrigue est telle que je me suis demandée si le livre, pourtant fort de 600 pages, allait se terminer sur une conclusion ou un cliffhanger. Eh bien non.

L’histoire est complète et fonctionne par des ressorts qui relancent l’intrigue aux moments adéquats. Une révélation, une trahison, un combat épique, nombreux sont les rebondissements dans l’histoire. Mais tous sont utilisés à bon escient pour alimenter l’histoire. Adrien Tomas évite l’écueil dans lequel tombent trop de romans de fantasy : la débauche d’épique et la retombée du suspens à la fin où tout arrive. Dans La Maison des mages, l’intrigue prend le temps de se mettre en place et garde un ratio annonces fracassantes/scènes épiques/narration de fond bien équilibré sur toute la durée du récit.

L’histoire est, à l’image de l’intrigue, très bien construite. Adrien Tomas a créé un univers très complet, cohérent et crédible dont la situation géopolitique et les intervenants sont très subtils et pleins de surprises. L’alternance des points de vue dans la narration dévoile cette complexité par degrés et je reste admirative devant l’ampleur du travail.

Bon. Chipotons un peu. Certaines scènes détonent par leur manque de lien avec le reste. Je suis restée sceptique devant le dernier dialogue entre Alishr et son ancienne amie écuyère Iseline. Totalement hors de propos compte-tenu de l’action en cours. Je pourrais aussi parler des actions qui se résolvent parfois avec l’aide providentielle de Deus Ex Machina un peu grossiers. Ces faits sont un peu rares, mais ils arrivent.

#En Bref

Difficile d’être concis devant un texte d’une telle ampleur. Et un très bon récit qui plus est. Si vous n’avez pas lu La Geste du Sixième Royaume, ce n’est pas bien grave, vous comprendrez les tenants et les aboutissants de La Maison des Mages. Et si vous avez lu (et apprécié) le premier tome, vous ne serez pas déçus du second !

La Maison des mages.- Adrien Tomas.- Ed. Mnémos.- Coll. Hélios

Le Mnémenol

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2197. Le visage de la Terre a changé. La nature a repris ses droits sur l’Homme. Ce qu’il reste de l’humanité vit reclus dans des villes-bulles, protégées du monde extérieur par leurs champs de force. Depuis leur naissance, tous les individus subissent des injections régulières de Mnémenol, ce liquide qui protège contre les infections des spores végétales du monde extérieur.Alice est une botaniste qui semble développer une résistance au vaccin. Aidée d’Evan, un technicien de la Bulle, elle va découvrir l’ampleur du mensonge dans lequel les humains sont plongés depuis leur naissance et tout faire pour que l’humanité se souvienne de son histoire.

Plongeons ensemble dans Le Mnémenol.


J’ai eu l’occasion de lire ce livre dans le cadre de la dernière masse critique imaginaire Babelio que je remercie. Le pitch présentant une fable écologique dans un univers d’anticipation a de quoi séduire, sincèrement.

L’idée d’origine est bien. Mais si elle sert de trame de fond dans cette histoire, cela ne va pas plus loin et il n’y a pas de réel point de vue autre que « il faut faire attention ». Vous comprenez mon malaise ? Par les temps qui courent, les préoccupations écologiques dans un univers d’anticipations semble un projet plus que pertinent. Mais le manque de profondeur de la réflexion dans cette histoire, sans être pour autant désagréable, m’a laissée sur ma faim.

Globalement, l’histoire est plutôt agréable à lire. Le suspens n’est certes pas insoutenable et l’histoire est cousue de fil blanc. Mais la société construite sous un dôme, les mensonges des politiques et toute la problématique des manipulations génétiques forment un tout plutôt bien construit et correctement rythmé. Les chapitres s’enchaînent plutôt rapidement et la lecture de ce petit opus est fluide.

Les personnages et leurs relations sont assez naturels pour être crédibles. Je n’ai pas eu l’impression d’être confrontée à de vraies personnes, mais pas non plus à des clichés comme on en trouve trop souvent. Ce réalisme est un bon point pour Le Mnémenol

Certains sont même très charismatiques, comme Alpha, le chef des Foudroyeurs. C’est peut-être le personnage qui m’a le plus intriguée pendant cette lecture. On ne sait pas qui il est ni ce qu’il est réellement : il semble avoir été réveillé pour sa fonction. 

S’il fallait évoquer l’univers… Je parlerais une fois encore d’un potentiel énorme, mais à côté duquel passe en partie l’histoire. La forêt qui dégage des spores nocifs pour les humains, les obligeant à se retrancher dans des bulles est un concept intéressant. Les animaux quant à eux, ont évolué pour devenir mortels pour l’Homme. Mais pourquoi ne pas s’attarder sur ça et développer l’idée ? Si la forêt est l’Interdit ultime, il aurait fallu que les héros passent beaucoup plus de temps dedans pour déployer un peu plus la thématique écologique. Ça aurait même pu être l’occasion de rencontres terrifiantes. Mais les personnages ne font qu’y passer et nous aussi par la force des choses.

La plume de Sébastien Tissandier est correcte, mais sans plus. Je n’ai pas ressenti ce sentiment d’urgence qui empoigne les personnages au fil de l’histoire. L’évocation psychologique des personnages m’a semblé plate et sans saveur. C’est comme si un filtre atténuant drastiquement toute émotion avait été apposé par l’auteur. Passons.

Je ne peux pas ne pas évoquer la fin du roman. Sans trop spoiler l’histoire, les héros débarquent dans le bureau du méchant maire montés sur de redoutables pumatueurs*. Là dessus, la figure de Gaïa, l’esprit de la Terre né à cause de la destruction humains, éclot à partir d’un bourgeon et regarde ses hérauts sermonner le maire comme un gamin pris en faute… Maire qui voulait une fois de plus effacer les souvenirs de la population pour sauver son mandat. Vous voyez le décalage ? S’en suit un discours larmoyant d’excuses d’une jeune fille à Gaïa pour tous les dégâts infligés par la race humaine à la Terre. Tout va bien dans le meilleur des mondes. Bon, la Terre est toujours polluée et dangereuse ! Mais au moins l’Homme s’est excusé.

Je suis un peu satirique sur ce passage, mais le souffle épique qu’a voulu insuffler l’auteur à son texte est tombé complètement à plat et m’a semblé totalement faux. Comprenez qu’après 120 pages de retenue sur les sentiments, difficile de rendre crédible une telle envolée… C’est là que la superficialité du message écologique prend tout son sens. Cette thématique a tellement de potentiel et peut prendre tellement de directions différentes que cela mérite un texte plus conséquent et beaucoup plus travaillé. 

#En Bref

Vous l’aurez compris, je n’ai pas vraiment été convaincue par cette histoire. Certes, elle est agréable à lire mais ne présente pas suffisamment de réflexion derrière la fiction. La thématique écologique est plus que jamais d’actualité et il est dommage de n’en avoir pas tiré tout son potentiel dans un récit d’anticipation conçu au départ pour faire froid dans le dos. Je passe sur Le Mnémenol.


*Oui.

Le Mnémenol.- Sébastien Tissandier.- Ed. Le peuple de Mu.


Le Grand livre des esprits de la maison

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Certains esprits se sont rapprochés des hommes. Des gnomes, auxiliaires précieux des fermes, rentrent le foin et prennent soin des bêtes. Des elfes, esprits bienveillants ou croquemitaines, attachés aux maisons, se terrent dans les coins sombres, surveillant les faits et gestes de leurs habitants. Des fées et lutins s’amusent à jouer mille tours aux enfants, aux parents et grands-parents, chipant vos clés,déplaçant les objets avant de vous aider à les retrouver. Parmi toutes ces créatures du foyer, il y a encore les gardiens, les esprits des ancêtres, les survivances d’anciens propriétaires des lieux.Lares, Leprechauns, Brownies, Banshees, Servans, Fantômes… Anciens dieux et nouveaux venus hantent les couloirs, greniers, caves et salons de nos demeures. Le Grand Livre des Esprits de la Maison vous invite maintenant à découvrir tout ce Petit Monde caché dans vos murs, meubles, malles et planchers. Un livre secret qui met en lumière ceux qui se cachent dans l’ombre de votre habitation !

 

 En premier lieu, je remercie Richard Ély, l’auteur du texte, qui a eu la gentillesse de me proposer ce beau livre. Ce n’est certes pas sa seule qualité, mais cet ouvrage sort de l’ordinaire. De grande taille, la couverture est très jolie. Typographie et illustrations se mêlent parfaitement et forment un ensemble visuel très cohérent et homogène.
Il est maintenant temps d’ouvrir l’ouvrage. On tombe sur de nombreuses images qui semblent fraîchement peintes tant les couleurs sont chatoyantes. Je ne suis pas particulièrement amatrice de ce genre d’illustration, mais je dois avouer que le choix des couleurs est simplement magnifique. Et c’est sans compter l’étroit lien entre texte et image : l’auteur et l’illustratrice travaillent bien ensemble, et ça se voit. Rien n’est laissé au hasard sur le plan pictural dans ce livre, chaque détail est là pour renforcer, souligner ou éclaircir le texte. En plus de l’illustrer bien entendu.
Je n’ai pas lu d’une traite ce Grand livre. Il faut dire qu’il s’agit pour moi d’un ouvrage dans lequel on papillonne au gré de ses envies et/ou de ses besoins. On peut allègrement sauter des chapitres pour y revenir plus tard, le format de l’encyclopédie s’y prêtant totalement. Et j’ai apprécié aller et venir au fil de ces pages à ma guise.
J’ignore si ces créatures existent réellement ou non. Néanmoins, je pense qu’il est nécessaire d’avoir l’esprit plutôt ouvert et rêveur pour pouvoir appréhender totalement le contenu de cet ouvrage. Dans tous les cas, la plume de l’auteur invite à laisser vagabonder son esprit, à rêvasser ou à frissonner après la lecture de chaque entrée, le livre posé sur les genoux.
Richard Ély propose différentes manières d’introduire les créatures : un témoignage, un morceau d’histoire, une entrée plus classique… J’avoue avoir été un peu désorientée au début, mais on s’y fait rapidement, rassurez-vous.
Bien entendu, on en apprend beaucoup sur les mythes et légendes qui entourent les créatures féériques. Leur background est d’ailleurs bien plus vaste que ce qu’on peut imaginer… Vous serez surpris ! Je suis de nature plutôt curieuse et j’aime apprendre des choses nouvelles. Si vous êtes comme moi, vous apprécierez sûrement ce livre qui ne se borne pas à la description « physique » des petites créatures mais qui va plus loin. M’est avis que vous ne savez pas tout des chats ou des brownies !

#En Bref

Si vous êtes curieux, ouvert d’esprit, amateur de créatures féeriques et que vous voulez vous faire un beau cadeau, Le Grand livre des esprits de la maison est fait pour vous ! Vous y trouverez moult détails sur vos créatures préférées. Que demander de mieux ? Je vous le conseille. 🙂
Richard Ély & Frédérique Devos.- Le Grand livre des esprits de la maison.- Ed. Vega

Point lecture

Bonjour tout le monde. J’espère que ces quelques jours de repos se sont bien passés pour vous, qu’il s’agisse de repos, de diverses activités, voire de lecture ! Pour moi, la fin du semestre arrive à grands pas, et je sens bien qu’il s’agit de mon dernier week-end de tranquillité avant deux semaines d’examens. Bientôt la fin !

Mais en attendant ces échéances… Où en suis-je dans mes lectures ?


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Ma lecture « maison », dirons-nous… Etant donné la taille du livre, difficile de le glisser dans un sac ! À l’heure actuelle, je touche à sa fin… Chronique mercredi ! 🙂

Il me fallait un livre à lire dans les transports en commun… Eh bien je me plonge dans la suite de La Geste du sixième royaume d’Adrien Tomas. À cette heure, j’atteins les cent pages et je vous affirme que le livre ne me déçois pas. 


C’est tout pour moi en ce moment. Quelles sont vos lectures à vous ?

Chants de totems

Pour ce second Périple Mythologique, 13 auteurs ont chaussé leurs mocassins et sont partis sur les traces des légendes amérindiennes.
Enquête dans les terres apaches, manifestations surnaturelles chez les Hopis, mystères polaires des Inuits, mémoire des Sioux encore hantés par la Ghost Dance et Little Big Horn…
L’oiseau-tonnerre traverse le ciel. Sous ses ailes déployées chantent les ultimes totems.
Alors approche, ami lecteur. Viens en paix, prends place, et que le souffle du Grand Esprit, bienveillant ancêtre sous sa coiffe enrichie de ces treize plumes, bénisse ta lecture.

Je le confesse : je ne connais pas grand chose aux légendes amérindiennes, je me suis donc lancée dans l’inconnu le plus total avec cette lecture. Au risque de vous spoiler, j’ai beaucoup apprécié cette lecture. 

Chants de totems est un recueil de 13 nouvelles de très bonne qualité mais proposant des univers au final très différents et originaux. En un mot : les auteurs ne se contentent pas du far-west du XIXe siècle mais envisagent de nombreux arcs narratifs et géographiques. Pour notre plus grand plaisir.

Les auteurs n’hésitent donc pas à sortir des sentiers battus. Ils offrent des visions très intéressantes de la culture, des mythes et des croyances amérindiennes. La plupart donnent envie de s’y intéresser plus avant. Un exemple ? La nouvelle « Le dernier ours d’arctique » de Vanessa Terral. L’histoire fourmille d’informations et de pistes parfaites pour démarrer des recherches sur le sujet. Aucun auteur n’a pris ce sujet à la légère et traitent avec respect de cette culture millénaire. Ils connaissent leur sujet, ça se voit et ça fait plaisir à lire. 

Le recueil est bien construit. La longueur des nouvelles varie et on navigue entre les univers sans vraiment s’en rendre compte. Un peu comme si on écoutait un conteur qui nous emporte dans un univers, puis dans un autre… bref, un plaisir. 

The chosen one

J’ai apprécié ce recueil, je l’ai déjà dit. Mais si je devais en choisir une en particulier… Il s’agirait de « La grotte de l’indien » de Pierre-Alexandre Sicart. Il s’agit d’une nouvelle très courte mais vraiment bien construite. Je me suis laissée imprégner de son ambiance si particulière. Cette nouvelle est très poétique et démarre dans une ambiance far-west commune. Mais on s’en éloigne bien vite et on plonge dans une sorte de légende au twist final surprenant. 

Je ne vous en dirai pas plus, mais la sensibilité de la plume de l’auteur fait de la lecture de sa nouvelle une vraie parenthèse hors du temps qui ne dure malheureusement que quelques pages… Presque un état de grâce. 

#En Bref

Si comme moi vous n’y connaissez rien question mythologie et croyances amérindiennes, n’ayez pas peur de vous lancer dans la lecture de Chants de totems si vous tombez dessus. Vous passerez vraiment un très bon moment de lecture. Et peut-être même que vous aurez envie d’en apprendre plus sur ces civilisations que l’on connaît au final assez peu…

[Interview] Marianne Stern

Image prise sur le site du Chat Noir
L’écriture n’est pas l’occupation principale de Marianne Stern qui travaille dans le domaine de l’aviation. Quand elle a un peu de temps, entre deux avions, elle écrit. Notamment le très bon Smog of Germania
Merci à elle d’avoir pris le temps de répondre à mes quelques questions !



1 – Votre entourage vous inspire-t-il lorsque vous écrivez ?

Plus que l’entourage, ce sont l’environnement et mes expériences personnelles qui m’inspirent – bien qu’un de mes proches amis ait directement donné vie au héros guitariste d’une de mes nouvelles parue en anthologie. J’ai vécu plusieurs années à Berlin et, par conséquent, cette ville se retrouve dans nombre de mes histoires ; la musique et les guitares constituent une autre source d’inspiration.
2 – Quels sont vos auteurs favoris ?

Dans les auteurs français que j’apprécie beaucoup, je cite Pierre Pevel et son incontournable série des Lames du Cardinal. J’ai également un faible pour Jean-Philippe Jaworski et son roman Gagner la guerre ou pour Laurent Whale et Les étoiles s’en balancent.

En ce qui concerne les auteurs anglophones, je cite Raymond E. Feist, Neil Gaiman et son American Gods que j’ai lu près d’une dizaine de fois, ou encore dans un autre registre, Tom Clancy et ses thrillers militaires.
La liste est très longue en fait !
3 – L’écriture : métier ou occupation ?

C’est avant tout une occupation, assez – et de plus en plus – chronophage, il faut bien l’avouer.
4 – Qu’est-ce qui vous aide à développer votre imagination ?

Mes lectures, mon vécu, mes expériences et la musique. Durant les sessions d’écriture, il y a toujours un fond musical, variant selon ce que je cherche à écrire. Je peux écouter de longs morceaux instrumentaux (Two steps from Hell, par exemple) ou du heavy metal impliquant des chanteurs aux voix éraillées, des rythmiques fracassantes et des furieux solos de guitare !
5 – Pourriez-vous résumer votre style littéraire en un mot ?

Si je me fie aux nombreux retours reçus sur mes écrits, je qualifierais mon style de visuel. J’aime m’attarder sur des détails insignifiants, les odeurs, les bruits, cet ensemble de choses qui vont permettre aux lecteurs de s’imaginer une scène avec précision et de rendre mes univers vivants.
Mon style est amené à varier d’un écrit à l’autre, selon l’époque de l’histoire, le point de vue adopté, les événements décrits. Unis… Pour la vie ?(Ed. Rebelle) adopte un style que j’aime décrire comme Rock’n’Roll, alors que Les Chroniques d’Oakwood(Ed. du Chat Noir) tirera davantage vers quelque chose de poétique.
6 – Comment est née votre passion pour l’imaginaire ?

Avec une rencontre inopinée d’un roman de Raymond E. Feist, Les Chroniques de Krondor, la guerre de la faille, sur un rayon de ma librairie préférée, il y a une grosse dizaine d’années. Ce fut pour mois la première plongée dans la Fantasy, ses univers magiques et ses créatures extraordinaires. À présent, je me souviens encore très bien de cette quadrilogie, qui marqua vraiment un tournant dans le style de mes lectures. Depuis cette période, je n’ai plus jamais quitté l’imaginaire.
7 – Si je vous dis « magie »… que me répondez-vous ?

Fantasy ? Harry Potter ? Les Chroniques de Krondor ? Trudi Canavan avec La trilogie du magicien noir ?
De mon point de vue, la magie est quelque chose de difficile à mettre en œuvre dans une histoire si l’on veut rester original. Je n’aime pas trop l’employer, car elle a aussitôt tendance à repousser les limites et rendre les choses plus faciles. Je déteste quand la magie permet de tout faire, en particulier de sauver en permanence des héros en situation critique. Certains auteurs s’en servent très bien, d’autres au contraire l’utilisent quand ça les arrange… Pour ma part, je parle de sorcellerie dans Les Chroniques d’Oakwood, ou du don, dans Smog of Germania.
8 – Quel est votre personnage préféré tous genres littéraires confondus ?

J’ai un faible pour Shadow, le héros de American Gods, de Neil Gaiman. Un personnage taciturne, renfermé, loin des héros ordinaires au charisme et aux facultés hors du commun. Ou alors, Jack Ryan, le héros qui sauve le monde dans beaucoup de romans de Tom Clancy. Ou encore Han Solo !
9 – Un rêve littéraire ?

Réussir un jour à mettre par écrit tous les projets qui tournent dans ma tête ?
10 – Quels projets pour après ?

Smog of Germaniam’aura fait découvrir un genre nouveau : le Steampunk. Devant le temps investi en documentation et conception de l’univers, je me suis dit qu’il serait dommage de n’écrire qu’un seul roman dans ce style. Il y en aura donc plusieurs, mais j’en reparlerai en temps et en heures… Le Steampunk est un genre qui me plaît énormément, et qui ravit mon style d’écriture visuel. Par ailleurs, la passionnée de machines volantes que je suis adore mettre en scène toutes sortes d’aérostats dans ces histoires-là.

En plus de romans steampunk, je n’exclue pas quelques projets post-apocalyptiques dans un futur plus ou moins proche.

Vous êtes prévenus, Marianne Stern a plein de projets et plein d’histoire déjà à son actif… Bonne lecture ! 🙂

D’un monde à l’autre

Couverture La Quête d'Ewilan, tome 1 : D'un monde à l'autre

Quand Camille vit le poids lourd qui fonçait droit sur elle, elle se figea au milieu de la chaussée. Son irrépressible curiosité l’empêcha de fermer les yeux et elle n’eut pas le temps de crier… Non, elle se retrouva couchée à plat ventre dans une forêt inconnue plantée d’arbres immenses. Te voici donc, Ewilan. Nous t’avons longtemps cherchée, mes frères et moi, afin d’achever ce qui avait été commencé, mais tu étais introuvable…

Il fallait bien que je m’essaie un jour aux texte de Pierre Bottero, oeuvre destinée à la jeunesse très appréciée par beaucoup. Eh bien… je reste plus que mitigée à la sortie de cette lecture. C’est parti.

L’écriture d’abord. J’ai dès les premières pages été surprise – et pas forcément dans le bon sens du terme – par la platitude de l’écriture. Je le confesse, j’ai plusieurs fois été tentée d’abandonner ma lecture. Mais je n’aime pas faire ça et je me suis acharnée. Une fois mis de côté les maladresses et la platitude du style, j’ai pu me concentrer sur l’histoire.

Ce récit est entièrement consacré à la découverte de cet univers parallèle, celui d’Ewilan, ainsi que des tenants et aboutissants de la réelle personnalité de la jeune fille. Là je dois l’avouer, j’ai été séduite par cet univers, sa construction et son bestiaire. Les créatures sont très intéressantes et mériteraient de plus amples illustrations à travers des dessins scientifiques à l’intérieur du roman à mon sens.

Globalement, l’histoire quant à elle est remplie de rebondissements qui se succèdent rapidement. Elle est certes plutôt agréable à suivre, mais de trop grandes ellipses et un manque de fluidité dans l’enchaînement des épisodes gâchent largement l’ensemble. Bon, disons qu’on a pas le temps de s’ennuyer…

Et il faut aussi évoquer le manque de crédibilité de certains éléments de l’histoire. La jeune fille possédant des connaissances étendues dignes d’un vieil érudit alors qu’elle est seulement âgée de 13 ans par exemple. L’auteur a tendance à confondre érudition et intelligence surdéveloppée. Que Camille possède cette dernière ainsi qu’une énorme capacité d’apprentissage passe encore. Mais là… il ne faut pas abuser. De la même manière, certains passages dangereux pour les protagonistes se résolvent bien trop rapidement par ce qui semble être un Deus ex machina injustifié et qui dévoile un vide narratif.

Les personnages sont au final très superficiels et psychologiquement très peu développés. Comme pour les actions, dialogues et interactions sont plutôt vides, comme si l’auteur n’avait pas voulu s’encombrer de ces détails. Leurs réactions ne sont pas tout le temps réalistes et crédibles, notamment pour Bjorn. Peut-être s’agit-il d’une astuce narrative, mais j’en doute.

Mais pour terminer sur une note positive, il est important d’évoquer le système de magie très poétique mis en place par Pierre Bottero : le dessin. Les praticiens du Dessin semblent capables de mettre en oeuvre des actions formidables, à dimension mythique, juste en les concevant dans leur esprit. C’est un système très intéressant et laisse entrevoir des possibilités qui, je l’espère, prendront vie dans les prochains tomes.

#En bref

Cette lecture m’a-t-elle rebutée ? Pas totalement. L’univers de Pierre Bottero possède des points forts qu’il ne faut pas placer derrière les faiblesses de son écriture. Le Dessin et le monde fantastique sont tout simplement très originaux et j’ai apprécié me trouver dedans.
Si vous souhaitez vous lancer dans cette lecture, faites l’effort de vous concentrer sur l’univers et pas sur l’écriture. Sinon, l’envie d’abandon vous guettera… 


La quête d’Ewilan.- D’un monde à l’autre.- Pierre Bottero.- Ed. Rageot.